Un documentaire qui m'intéressait énormément sur le papier, ayant assidument suivit les JO de Paris.
Cela dit, j'éprouvais légitimement un doute quand au choix des athlètes qu'ils avaient choisit de suivre pour le docu, sachant grandement ce qu'il en était pour eux lors de JO de Paris. Evidemment, ils ont fait le choix très largement compréhensible de vouloir suivre des athlètes qui feront leurs premiers JO, ce qui est un pari évidemment risqué quand on sait que ces même athlètes pourront ne jamais se qualifier ou proposer de matériel narratif suffisant.
Sans même parler des évidences qui ont brillé aux JO tel que Léon Marchand, Joan-Benjamin Gaba ou encore les frères Lebrun, il est certain que suivre des athlètes tel que Louise Maraval, Oriane Bertone ou Maxime Grousset (qui n'ont pas forcément brillé aux JO mais qui ont eu un parcours jonché de réussite pour parvenir à se qualifier) aurait été très puissant narrativement.
Cela dit, je ne peux pas blâmer les réalisateurs, déjà parce qu'on ne peut jamais savoir à l'avance les performances que feront les athlètes, mais aussi car je comprends aisément que le choix s'est porté sur Charles-Antoine Kouakou et les sœurs Kamkasoumphou. Déjà, par question de praticité, car les 3 étant basé sur Paris, l'organisation devait donc être plus pratique et simplifié, mais aussi car leurs profils de base sont déjà très fort.
Dans le cas de Maysane et Leyna, outre évidemment qu'elles soient jumelles, le fait qu'elles soient les filles de leur coach Ekvara Kamkasoumphou, ancien champion de France et entraîneur assez prolifique, ça donne forcément le sentiment qu'elles vivent leur vie sportive très différemment. Pour être honnête, c'est surtout leur père qui m'a marqué lors des scènes qui leurs sont consacrées ! On sent qu'il se montre exigeant, tout comme il est juste et honnête. Et bien que l'on sente qu'il a une attention particulière envers ses filles, on sent aussi qu'il doit se consacré aux autres taekwondoïste qu'il entraîne.
Du côté des sœurs, il est appréciable de voir qu'il n'existe pas de compétition entre elles, même si on sent évidemment la déception de l'une et de l'autre quand sa sœur réussi mais l'autre non ! Le seul truc un peu compliqué, c'est que les sœurs se ressemblant énormément, j'avais souvent du mal à comprendre qui était qui, d'autant qu'il n'y a pas de trait de personnalité marquant qui ressort chez l'une ou chez l'autre. Bien entendu le fait qu'elles
ne réussissent pas à se qualifier pour les JO est forcément une déception, que ce soit narrativement ou émotionnellement. Bon évidemment, on ne pouvait pas le calculer à l'avance donc on ne peut pas le reprocher au film, mais je trouve dommage que l'on ne compense pas narrativement en montrant les réussites des 3 autres élèves d'Ekvara qui sont qualifié pour les JO. On évoquera même jamais qu'Althéa Laurin a obtenu la médaille d'or, ce qui pourrait se voir comme une forme d'encouragement pour les jumelles lors des JO de LA.
Evidemment, je leur souhaite toute la motivation du monde afin qu'elle puisse au moins se qualifie.
Dans le cas de Charles-Antoine dit CAK, le fait intéressant d'avoir un athlète paralympique rend l'objectif Paris 2024, forcément différent de celui des jumelles vu qu'il ne s'agit pas des mêmes jeux. Avec sa personnalité un peu enfantine, sa spontanéité, son courage et sa relation très touchante avec son coach Vincent Clarico, c'est la partie du film qui m'a le plus touché et dans laquelle je me suis le plus investit. Même si on voit que son handicap le rend assez dépendant des autres, il est néanmoins très agréable de voir qu'il le vit bien, et essaye au mieux de progresser. Je parlais de son coach, mais ce dernier ressort particulièrement du visionnage, tant sa bienveillance et son autorité naturel se font ressentir, mais on peut aussi parler de sa mère, assez direct, qui nous offrira quelques moments assez marrant.
C'est aussi Charles-Antoine qui offre le meilleur matériel narratif, de part
sa participation aux JO de Tokyo et de Paris, mais aussi son obtention surprise de la médaille d'or à Tokyo, ainsi que sa participation pour allumer la vasque lors de la cérémonie d'ouverture des jeux paralympiques. Forcément, sa dernière place lors du 400m des JO de Paris apparaît comme une déception, mais elle est toutefois moindre car il aura toutefois participé à la finale, et qu'on le sent toutefois très fier d'avoir concouru devant le public français. Donc sa conclusion est étonnamment positive, car finalement, on sent que sa réussite aux JO de Tokyo lui aura énormément apporté.
Bon si je m'attarde sur l'aspect documentaire, si le fait de se passer d'une voix off narrative, ainsi que des confessionnals face caméra est un choix audacieux et qu'on ne ressent pas particulièrement le manque, il y a quand même plusieurs moments où j'avais l'impression de manquer d'information. Notamment pour quelqu'un comme moi qui ne connait pas particulièrement les règles du Taekwondo, j'avais un peu du mal à comprendre comment se faisait le système de point. Dans la même veine, on a un peu du mal à comprendre en quoi l'entrainement de Charles-Antoine diffère des athlètes non-paralympiques.
Si la réalisation est très propre, la narration assez fluide et que les montages rapides sont très efficaces, il y a un aspect malheureusement un peu trop net de l'image, qui fait qu'on a un peu du mal à croire à certaines séquences (même si je me doutes qu'il y a eu un gros travail en post-prod pour retravailler l'image). Je trouve aussi que les combats de Taekwondo manque un peu trop de plans large, ce qui les rend un peu trop confu à mon sens.
Cela dit, en dépit de quelques réserves, découvrir la vie de Charles-Antoine, Maysane et Layna fut un vrai plaisir et je suivrais avec plaisir leur futur carrière en leur souhaitant beaucoup de réussite.