Maoussi a été présenté dans de nombreux festivals internationaux (Shanghai International Film Festival, Flickers Rhode Island International Film Festival, French Film Festival UK, Semaine de la Francophonie à l'Alliance Française de Nairobi, NOFF Estonia, International Tour Film Festival, FINIFA, Linea d'Ombra Festival, London Cineverse…). Sur sa route, le film a remporté de nombreuses récompenses :
• Meilleure comédie romantique européenne - Capri-Hollywood International Film
Festival 2025
• Mention d'Honneur - Sorrento Film & Food Festival 2026
• Award of Excellence du Meilleur long métrage de fiction - NYC Winter Film Awards
• International Film Festival 2024
• Meilleur long métrage de fiction - London Cineverse 2024
• Meilleur long métrage de fiction - International Tour Film Festival 2024
• Meilleur long métrage de fiction - Chicago Indie Film Awards 2024
• Meilleure réalisatrice - Dubai International Film Week 2024
• Meilleure actrice - Dubai International Film Week 2024
• Meilleure productrice- Dubai International Film Week 2024
• Meilleure actrice - Tokyo Cinema Awards 2024
• Meilleure réalisatrice - Los Angeles Independent Women Film Festival 2024
• Meilleure réalisatrice - Miami Women Film Festival 2024
• Meilleur montage - Miami Women Film Festival 2024
En décembre 2025, Maoussi a également brillé lors du festival en ligne ArteKino, en se plaçant au deuxième rang des votes pour le Prix du Public au sein d’une sélection de douze longs métrages européens.
La réalisatrice Charlotte Schiøler explique : “Maoussi raconte une histoire d'amour entre deux êtres que le destin désynchronise, parce que l'une est en mode survie alors que l'autre est dans le romantisme. C'est une fable moderne un peu burlesque et insolite. Une histoire entre une Danoise et un Congolais. Entre le Nord et le Sud qui se déroule dans un quartier populaire à forte densité : Belleville à Paris. (...) Il me semble que les réfugiés, et plus généralement notre vision de l’altérité et de l'accueil, constituent des enjeux majeurs de notre siècle. Des enjeux dont le cinéma s’imprègne. À quoi rêvent ces milliers d’hommes et de femmes qui migrent et que l’on n’envisage que comme des statistiques ? Maoussi est l’occasion pour moi de réaliser un film français en donnant une voix à l’altérité et à des visages que l’on croise mais dont on ne connaît pas les rêves.“
Maoussi est le premier long métrage de Charlotte Schiøler. Autoproduit et autodistribué via sa société CSE Productions, le film fait écho au court métrage Niqab Ni Soumise (2014) de la réalisatrice, dans lequel on découvrait le personnage de Babette, alors en pleine recherche d’appartement. Dix ans plus tard, la pétillante danseuse danoise est désormais installée, et c’est à son tour d’accueillir un visiteur, campé par Moustapha Mbengue.
Même si Maoussi prend par la suite des détours fictionnels, il s’inspire au départ d’une histoire très personnelle pour Charlotte Schiøler. “Il y a quelques années, j’ai vécu une histoire d'amour avec un musicien réfugié et celle-ci m’avait laissé un sentiment d’interrogation, un goût d’inachevé. Je crois que je n’avais pas su appréhender sa peur de se faire renvoyer dans son pays d’origine. Je n’avais pas bien compris ses motivations ainsi que son besoin de se marier. J'étais persuadée qu’il pouvait obtenir ses papiers grâce à son talent de musicien. Même si en dernier recours, si ça n’avait pas marché, nous aurions trouvé une solution. Mais lui, évidemment, ne pouvait pas compter sur ça. Le risque était beaucoup trop gros. Évidemment, j'étais très malheureuse. Je me suis dit : est-ce qu'on aurait pu faire autrement ? Mais je ne connaissais pas la survie de cette manière là, la peur d'être renvoyé. J’ai craint alors que notre histoire ne soit basée que sur cette histoire de papiers. J'avais déjà vu des couples, pas forcément liés à ce cas précis de l’immigration, où j’avais pu constater que l'un des deux avait beaucoup plus de pouvoir sur l'autre. Matériellement ou autre. Quand on dépend de quelqu'un d'autre, je pense qu'inconsciemment on s'adapte. Ce qui crée un déséquilibre. Car une fois que les choses se règlent, que la relation est désormais d’égale à égale, on change à nouveau de comportement et cela peut être désastreux pour un couple. Le temps a passé et cette distance m’a permis d’en faire le sujet de mon film”.
Si Charlotte Schiøler s’est inspirée d’une histoire d’amour personnelle pour son film, la souris renvoie elle aussi à un véritable rongeur qui a traversé la vie de la réalisatrice. Elle raconte : “Quand je me suis installée à New York, mon appartement était infesté de cafards, de souris et de rats, mais le propriétaire ne s’en occupait pas. Quand j’ai décidé de le poursuivre en justice, j’avais besoin de preuves, mais les rongeurs étaient trop rapides et je n’arrivais pas à les prendre en photo. J’ai donc fait le tour des animaleries pour trouver une souris grise -et non blanche-, qui a parfaitement posé pour moi. Elle et moi avons sympathisé, je l’ai gardée et je l’ai baptisée Maoussi. C’était une souris extraordinaire et nous avions une grande complicité. Quand j’ai dû partir en voyage, j’ai appris que les compagnies aériennes n'autorisent pas de partir avec une souris : j’ai alors décidé de l’emmener en la cachant dans mon soutien-gorge ! Ainsi, Maoussi et moi avons fait plusieurs allers-retours entre New York, Paris et Copenhague, jusqu’au jour où elle s’est étranglée entre ma poitrine : elle s’est étranglée pendant que je passais la sécurité et je ne pouvais pas la sauver devant les agents. J’ai donc couru dans les toilettes mais c’était trop tard. J’ai pris l’avion avec elle, morte, dans ma poche, et j’ai pleuré pendant tout le vol. Ensuite, je l’ai gardée dans une assiette à côté de moi pendant plusieurs jours, dans une sorte de semi-psychose — comme dans le film — rongée par la culpabilité. Elle est enterrée dans Central Park. Maoussi, mon compagnon de voyage, a donc été une source d’inspiration très importante pour le film.”
Maoussi, version phonétique de “mouse” (“souris” en anglais), est donc le petit nom donné au rongeur qui s’invite dans le quotidien des deux protagonistes, tel un enfant imprévu. Charlotte Schiøler explique : “La souris est une métaphore de la fragilité du lien éphémère entre les deux protagonistes : un début de parenté, un terrain d’entente et un jeu pour essayer de sortir de leurs destins tracés d’avance. La souris est un pari, un peut-être qui n’exclut ni le plaisir ni le danger pour l’un et pour l’autre. C’est toujours un peu cela vivre ensemble. (...) Il fallait que Maoussi soit très présente, mais pas trop. Je me suis posée beaucoup de questions à son propos. Comment faire pour l’incarner à l’écran ? Est-ce qu'on lui donne une voix ? Est-ce qu'elle peut parler ? Et si oui quelle serait sa voix ? Qu’est-ce qu’elle sait faire ou ne peut pas faire ? Comment raconter tout ça ? Il a fallu beaucoup écrire et réécrire pour que Maoussi trouve sa place”.
Pas moins de huit souris différentes (Maoussi, Rose, XS, XSS, Speedy, Verte, La Sale, Chameau), issues d’une même (et rare) portée blanche aux yeux noirs, ont été recrutées et dressées pour le film par Marine Blanchet (Animal Contact), grâce à des miettes de pain et de beurre de cacahuète. Maoussi, la souris principale, était celle qui jouait toutes les scènes avec Moustapha Mbengue (Edo) et Charlotte Schiøler (Babette) : afin qu’elle soit habituée aux humains, les deux comédiens l’ont accueillie en garde partagée, un week-end sur deux. Après le tournage, la réalisatrice l’a d’ailleurs adoptée, mais le rongeur a fini par succomber -comme le reste de sa portée- à une malformation génétique cardiaque. Le générique de fin explique ainsi, avec une mélancolie un peu absurde propre Charlotte Schiøler : “Aucun animal n’a été maltraité pendant ce tournage mais les souris sont toutes mortes car elles n’ont pas une durée de vie très longue, comme parfois les histoires d’amour”.
Avant d’adopter Maoussi, Babette et Edo se rendent chez un dératiseur (Jérôme Chappatte) pour débarrasser l’appartement du rongeur. L’échange est alors à double-lecture, les commentaires du marchand à propos des rongeurs rejoignant certaines considérations occidentales à propos des migrants et des réfugiés : “Lorsque j’ai écrit cette scène, j’avais en mémoire une phrase de Bush qui avait dit ‘C’est eux ou nous’. Ce parallèle fait depuis trop longtemps avec les réfugiés et la façon dont ils se reproduisent à l'infini m’exaspère. La scène est effectivement à lire de deux manières. Et cela validait l’idée de la souris, car je n’aurais pas pu l’écrire avec un chat ou un chien : Maoussi prend ici le rôle des indésirés. Et puis l’allusion au ‘petit cerveau’ m’amuse car on a tendance à toujours dire que les animaux ne ressentent rien, alors que l’on ne sait rien de leur intelligence ni de leurs émotions”.
Trois ans de recherches ont été nécessaires pour que Charlotte Schiøler trouve “son” Edo. C’est en découvrant Amin de Philippe Faucon qu’elle identifie finalement celui qui fera danser Babette : le comédien sénégalo-italien Moustapha Mbengue, également percussionniste au sein des formations Africa Djembé, Tam Tam Morolà et Tamburi di Gorée. “La danse est un élément central car elle met en scène l'interaction des corps. C'est important parce que cela amène un ancrage. Le lien entre Edo et Babette, passe aussi beaucoup par la danse. Elle raconte autre chose. Pour moi Babette est amoureuse des percussions et donc du percussionniste. Tout comme Edo est amoureux de la danseuse. Un autre niveau d’amour qui fait que leur histoire continue à évoluer. En fait, je ne sais pas si je peux concevoir, ou plutôt comprendre, que l'amour entre deux personnes, ne passe pas - non seulement par le corps, ce qui est une évidence (rires) - aussi par une attitude, une façon d’être. Par un simple geste dont on tombe amoureux”.
Le personnage de Nora, la chorégraphe qui enseigne à Babette et planifie malicieusement sa rencontre avec Edo, est incarné par Elsa Wolliaston. La chorégraphe, figure majeure de la danse africaine, joue ici quasiment son propre rôle, comme une évidence pour Charlotte Schiøler : “Je travaille avec elle et au sein de sa compagnie depuis les années 90. Lorsque je l’ai rencontrée, j'étais au Conservatoire de Paris, souvent frustrée car je trouvais qu'il n'y avait pas assez de mouvement. La danse africaine a pris très vite une importance capitale dans mon parcours. C'est devenu pour moi une façon de rentrer dans mon corps. La danse africaine, et surtout celle qu’enseigne Elsa, signifie pour moi la liberté fondamentale. En tout cas quelque chose de cet ordre-là. C'était donc important qu’elle soit au cœur du film”. Elsa Wolliaston, emportée par la maladie en mars 2026, avait pu assister à une projection du long métrage à l’automne 2025 : le film marque la dernière apparition à l’écran de cette artiste vue également chez Arnaud Desplechin (Rois et Reines), Justine Triet (Victoria), Stéphane Demoustier (Allons enfants), Damien Manivel (Magdala et Les Enfants d'Isadora), Clément Cogitore (Goutte d'or) ou Reda Kateb (Sur un fil).
Maoussi s’ouvre sur une séquence de répétition, durant laquelle Babette évolue avec un danseur (Samir Mkirech). Durant la chorégraphie, Charlotte Schiøler frappe alors son partenaire d’un grand coup de coude, posant d’emblée la maladresse burlesque du personnage principal ! “Il se trouve que l'accident avec le danseur n’était pas du tout prévu. En plus, c'était pendant le ramadan, le pauvre était à jeun et nous avions dansé des heures et des heures. Il était épuisé et de manière accidentelle je lui file un coup de coude ! Il a tiré une gueule et ça marche bien (rires). Il aurait pu pleurer de fatigue. J'aurais pu ne pas mettre cette séquence dans le film mais j'ai trouvé que ça fonctionnait bien”.
Plusieurs comédiens et comédiennes familiers font une courte apparition dans Maoussi : on reconnaît ainsi Olivier Rabourdin en vétérinaire, Paul Hamy et Idir Chender en policier, Anne Suarez en avocate ou Alain Figlarz (dont la compagne, Michelle Figlarz, avait tourné pour Charlotte Schiøler dans Niqab Ni Soumise avant de la diriger à son tour dans son court métrage Absinthe) en chauffeur de taxi.
Charlotte Schiøler a confié deux petits rôles à de proches collaborateurs : Mariane Plasteig, qui a travaillé à ses côtés sur le scénario et les dialogues de Maoussi, incarne ainsi la serveuse du café lors de la scène des croissants entre Babette et Edo ; quant à Benjamin Gordon, coproducteur du film, il campe le vendeur de chewing-gums (goût pomme) à qui Edo vient acheter un cadeau pour sa colocataire.
Au fil de leur histoire, Edo interroge régulièrement Babette sur son âge, créant des dialogues piquants et touchant autour des années qui passent. Un sujet souvent tabou. Charlotte Schiøler explique : “En Afrique, à partir de 40 ans, on t'appelle la vieille. Et c’est un signe de respect. Il faut que ces choses soient dites car c’est une réalité. On ne rajeunit pas ! (rires) Tabou c’est le mot, car dans l’industrie du cinéma, pour obtenir des aides, on nous impose un tas de trucs. Il faut traiter de ceci, de cela, mais surtout pas de l'âge des femmes. Dans les films, il est d’usage que des jeunes femmes soient en couple avec des hommes beaucoup plus âgés. Pourquoi ? J’avais envie de réaliser un film sur la vraie vie. Pourquoi voit-on dans les musées des femmes avec de la peau d'orange alors qu’au cinéma elles doivent être lisses et minces. Sans doute parce qu’ainsi, on peut les fantasmer”.
Christine Moreau a mis en musique Maoussi, donnant au long métrage une tonalité burlesque et décalée. Ce n’était pourtant pas le premier choix de Charlotte Schiøler pour composer la partition du film : “J’avais commencé avec un autre compositeur qui travaillait sur les premières ébauches de montage et m’envoyait des propositions. Mais cela ne marchait pas. Ma directrice de postproduction m'a mis en contact avec Christine et nous avons travaillé comme sur mon court métrage. L’une à côté de l’autre. J’ai besoin de cela. On se voyait un jour par semaine, après quoi elle bossait seule. Puis nous retravaillions ensemble. C’est de cette manière que nous avons pu expérimenter des choses”. Les compositions de percussions sont quant à elles signées Rodrigue Tounta, qui incarne Bienvenu, l’un des amis d’Edo dans le film.
L’artiste et concepteur de storyboards britannique Temple Clark, à l'œuvre sur Gravity, Les Fils de l’Homme, Kick-Ass ou The Crown, a apporté sa vision à Charlotte Schiøler pour concevoir sa mise en scène au sein de l’appartement de Babette. “Il est venu plusieurs week-ends à Paris, nous avons dessiné ensemble et appréhendé ces notions de distances et d’espaces.” L’intégralité du film a ainsi été storyboardée pour aider à la mise en espace.
Le scénario de Maoussi a initialement été développé à New York, dans le cadre d’un groupe de scénariste lié au Sundance Institute intégré par Charlotte Schiøler. “J’étais donc obligée d’écrire en anglais, alors que l’histoire me venait en français puisque le scénario est basé sur une histoire vraie que j’ai vécue à Paris. Vivant à New York, j’ai d’abord pensé tourner le film sur place, en anglais. Mais la transposition posait quelques problèmes : je connaissais notamment moins bien la problématique liée aux réfugiés à NYC. Mais c’est surtout Abel Ferrara qui m’a fait changer d’avis en disant que la ville détermine le lieu de tournage d’un film. Une ville est porteuse de tout un univers et, puisque cette histoire était à l’origine profondément ancrée à Paris, cela a déterminé mon choix. J’ai donc quitté New York pour porter ce projet. L’ironie du sort, c’est qu’après avoir écrit le scénario en anglais, j’ai dû me faire aider par une traductrice parce que je ne trouvais plus les mots en français !”
Quartier de cœur et de corps de Charlotte Schiøler, Belleville est au centre de Maoussi et un vrai personnage en soi, qui brille par son ambiance cosmopolite. “Au-delà des clichés sur le romantisme, Paris est une ville ouverte, où la diversité des origines et des visages m’a séduite. Chacun semble y être de passage et il est donc important d’y trouver un ancrage. Dans le petit univers qu’est l’appartement de Babette, les deux protagonistes vont se confronter. Ils représentent à leur échelle le fossé qui se creuse actuellement en Europe entre les réfugiés, dans des situations précaires, et les non-réfugiés. Chacun étant pourtant piégé dans la même solitude moderne”.
Pendant le tournage de la scène de la douche, pendant laquelle Edo et Babette parlent enfants, âge et physique, a failli tourner à la catastrophe. A la suite d’un problème de mise à la terre, les deux comédiens ont reçu un choc électrique alors qu’ils se trouvaient sous le jet d’eau. Le tournage a été interrompu pour la journée, le temps de régler le dysfonctionnement, et la scène a été terminée quelques jours plus tard… avec une appréhension compréhensible !
La séquence durant laquelle babette emmène Maoussi en urgence chez le vétérinaire, après l’avoir retrouvée dans le lave-vaisselle, a posé quelques soucis de logistique animalière : il est en effet impossible de maquiller un rongeur qui essaie -logiquement- de ne nettoyer, et il est fortement déconseillé de l’endormir pour éviter un surdosage. C’est donc une souris morte qui apparaît sur la banquette-arrière du chauffeur de taxi joué par Alain Figlarz. Charlotte Schiøler se souvient, amusée : “Le destin a voulu que l’assistant chargé de conserver pendant le tournage un petit stock de souris mortes — qui s’achètent chez les éleveurs de serpents — rencontre à ce moment-là une nouvelle copine. Au milieu de l’une de leurs premières nuits ensemble, en pleine canicule, elle se lève pour chercher des glaçons. Elle ouvre le congélateur... et tombe sur trois souris mortes”.
La conclusion de Maoussi reste volontairement ouverte. Pour Charlotte Schiøler, cela répond à la fois à une nécessité de sens et une envie de retrouver ses personnages : “J'ai envie de faire une série de cette histoire et donc dans ma tête, il y a une suite, sur laquelle je travaille. Mais, ce n'est pas la raison pour laquelle cette histoire finit de cette manière. Je ne voulais pas qu’elle se termine bien. Parce que justement, quand les choses se terminent bien, on se dit que c'est fini. Je ne voulais pas de cela. Un happy end aurait signifié que Babette épouse Edo et qu'il a ses papiers. J’aime au contraire l’idée qu’Edo continue de tracer sa route. Il doit survivre. C'est dommage, c'est difficile, mais il doit continuer à trouver son chemin. Cela me permet de dire une chose à laquelle je crois profondément, c’est que les réfugiés sont des héros. On les voit souvent comme des parasites. On ne se rend absolument pas compte de ce qu'ils traversent. Sans parler de ceux qui échouent. Des femmes et des hommes qui ne peuvent pas rentrer chez eux car on a investi sur eux et que l’on attend beaucoup d’eux. Repartir chez soi, c’est un échec. Si survivre à tout cela n’est pas une forme d’héroïsme…”