Alors oui le film n’est pas parfait. Le gros souci du film je dirai, c’est que c’est l’un de ces films sf à concept anticipation qui cherche absolument à faire passer un message en créant une situation qui s’appuie sur des fondations très rapidement établies, et donc, fragiles. Oui, tout le monde n’arrivera pas à admettre le postulat de départ assez improbable dans un film post-nuke. Ni tout ce qui se déroule ensuite dans le métrage. Le réalisateur ne s’étant pas encombré de tout expliquer car il a un message et c’est là-dessus qu’il s’est appesanti : la technologie peut vite se retourner contre nous. C’est assez cliché, déjà vu, et le réalisateur n’a pas de grands moyens lui permettant de faire des folies. Cependant, The Last Human est plutôt honnête. L’actrice principale, seule en scène avec le robot, tient bien son rôle. Elle s’avère convaincante, et même relativement crédible dans sa vie un peu morne de dernière humaine sur Terre (on notera qu’elle s’appelle Eve, ça dit malheureusement le niveau de subtilité peu élevé du film). Le film est aussi plutôt très cool visuellement. Il fait avec un minimum syndical, mais ça tient la route grâce à une photographie soignée et surtout une belle capacité à magnifier de décors judicieusement choisis, comme celui de la centrale nucléaire. L’ambiance industrielle post-nuke est propre et les quelques effets visuels de bonne facture. Là-dessus, la bande son planante, typique de ce genre de production maintenant, fait également du bon boulot. Reste tout de même à parler du robot. Il a une bonne animation, son look à l’ancienne m’a immédiatement fait penser à Hardware, mais il faut admettre que l’on aura un peu de mal à le croire si redoutable. L’héroïne ne semble jamais tenter de le contourner, alors qu’on voit nettement, au début du film, que c’est quand même pas Terminator le robot ! Plutôt lent, il faudra faire un effort quand même pour le concevoir comme le redoutable gardien tel qu’il est présenté !
Quand à l’histoire, elle est très simple. Un robot déjante, une femme est pour ainsi dire « enfermée dehors » ! Tout le film tourne autour de ce problème potentiellement mortel. Le concept est sympa, mais le film est lent. Il n’y a que très peu d’action, ça tourne assez vite en rond, et passées les vingt premières minutes qui nous font découvrir un peu l’univers en question, il faut vraiment les vingt dernières minutes pour retrouver un peu d’allure. Oui le côté ironique est sympa, oui le message est sympa quoique cliché, mais le traitement, le meilleur sans doute pour un tout petit budget, reste celui d’une production de plateforme malheureusement minimaliste, confrontant, dans un univers lui-même minimaliste, un acteur à son environnement autour d’un concept qui plaisant dans un moyen métrage atteint ses limites sur la longueur.
Je donne quand même 3, pour les qualités évoquées, mais dans le genre c’est juste une série B sympathique, et surtout, ne pas être trop sensible aux baisses de rythme en milieu de film.