En l’espace de 52 petites minutes, la réalisatrice raconte comment les terres et les habitants de la Seine-et-Marne ont vu leur quotidien bouleversé par l'installation du tout premier “centre de loisirs” en Europe, venu tout droit des États-Unis.
Le changement est brutal à l’époque, plus de 2000 hectares de terres agricoles seront cédées par l’État à la Walt Disney Compagny (plusieurs agriculteurs seront expropriés) en 1987. Dans les faits, le contrat entre la firme aux grandes oreilles et l’État ne se limite pas seulement à la construction de l'Euro Disney Resort (son ancien nom), mais aussi de Marne-La-Vallée (une ville nouvelle), une gare TGV et un prolongement du RER A (Marne-la-Vallée Chessy), un échangeur autoroutier, des zones urbaines (des maisons qui se ressemblent toutes les unes aux autres) aux alentours du futur parc ainsi qu’un centre commercial (Val d'Europe).
C’est l’envahissement du géant américain sur les terres agricoles et les villages environnants qui est mis en lumière ici à travers ce documentaire, en allant à la rencontre des habitants des communes environnantes, de Serris à Jossigny, d’Argentières à Lagny-sur-Marne. Le film explore les conséquences parfois dévastatrices d’une telle expansion dans la région et l’urbanisation galopante au milieu des champs, au détriment des résidents et des agriculteurs qui étaient là bien avant l’implantation du parc d’attractions.
« C’est une culture américaine qu’on nous impose. »
La France d’hier qui se métamorphose à marche forcée aux grès de la firme aux grandes oreilles et où les champs et les villages laissent place à des villes nouvelles insipides qui se ressemblent toutes les une aux autres (j’en sais quelque chose, je réside en Île-de-France). Ce bouleversement américain a détruit l’âme de ces petits villages ruraux, face à l’urbanisation à outrance et l'appétit insatiable de Mickey qui ne cesse de prendre de l’ampleur depuis 30 ans. Voilà ce que raconte le film de Liza Kroh.