Hors-service
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12pitchounette
12pitchounette

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 octobre 2025
J’ai vu ce film en avant-première. en plus de l’intelligence et de la singularité des propos auxquels le film permet d’assister, il était accompagné par le travail de deux sociologues qui permettait de comprendre avec encore plus de clarté la situation du service public aujourd’hui. Malgré l’état des lieux sombre que le film donne à voir, il propose une mise en commun et une idée d’un soutien par le groupe humain très réjouissante
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 16 octobre 2025
Cinq (ou six) anciens fonctionnaires qui viennent de quitter leur emploi se retrouvent dans un hôpital désaffecté : un policier, une enseignante, une anesthésiste, une magistrate, un postier. Ils y partagent leur amertume sur le travail qu’ils ont dû abandonner faute de moyens suffisants pour le mener à bien, souvent brisés physiquement et psychiquement.

"Hors-service" instruit le procès de la casse du service public. Les griefs sont bien connus : les grands services publics (l’école, la Justice, la police, l’hôpital…) sont désormais régis par une logique managériale au détriment tant des usagers qui bénéficient d’un service public dégradé que des fonctionnaires soumis à une logique de rentabilité. Ceux-ci sont désormais placés dans une situation intenable : satisfaire aux critères de performance qui leur sont imposés par leur hiérarchie au risque de sacrifier leurs administrés.

Ce procès hélas n’a rien de nouveau. Il est régulièrement instruit depuis une quarantaine d’années au nom du dépenser moins, du dépenser mieux.

Le documentaire de Jean Boiron-Lajouis vise juste à s’attaquer à ce sujet-là. Mais il vise mal avec un parti pris de mise en scène déconcertant. Il a en effet choisi de rassembler ses protagonistes dans un non-lieu, dans un hôpital désaffecté qu’ils réhabilitent lentement dans le but utopique d’en faire un lieu d’accueil pour d’anciens agents publics en rupture de ban.

Tel est le fil rouge médiocrement crédible de "Hors-service" qui se réduit vite à de longs dialogues. Pour en rompre la monotonie, le scénariste a proposé à chacun des protagonistes de reconstituer dans une pièce son ancien bureau et d’y rejouer les gestes de sa vie quotidienne. Mais cet artifice particulièrement scolaire ne suffit pas à sortir le film de la lente spirale dans laquelle il s’enfonce : le remâchement d’une déception professionnelle. Sans doute, cet échange aura-t-il permis aux protagonistes de retrouver entre eux un peu de l’estime de soi qu’ils avaient injustement perdue. Mais, faute d’ouvrir des perspectives, ce procès à charge, qui ne laisse pas la parole à l’autre partie, se résume à une ennuyeuse psychanalyse de groupe dont le spectateur se sent exclu.
Caroline Ba
Caroline Ba

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2025
Film indispensable pour comprendre le mal-être ambiant de divers services de la fonction publique. Le regard de Jean boiron Lajous est très doux, avec une belle sensibilité et une grande empathie vis à vis des protagonistes du film. La mise en scène dans cet hôpital désaffecté est belle et la direction très juste. A VOIR
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 octobre 2025
"Dans Hors-service, le réalisateur Jean Boiron-Lajous réunit six anciens fonctionnaires – juge, policier, médecin, enseignants et facteur – dans un hôpital désaffecté. À travers leurs récits intimes, le documentaire explore la souffrance au travail, la perte de sens et les conflits éthiques liés au démantèlement du service public. Entre témoignage brut et mise en scène poétique, il donne voix à celles et ceux qui ont quitté par épuisement un système qu’ils avaient choisi par vocation."

"Chacun témoigne de la manière dont son engagement professionnel s’est peu à peu heurté aux logiques managériales néolibérales, qui transforment les services publics en entités concurrentielles. À cela s’ajoute un manque criant de moyens humains et financiers, qui isole toujours plus les agents, les coupe des collectifs de travail et des usagers – qu’ils soient patients, élèves ou citoyens. Ce climat de désagrégation sociale nourrit des tensions internes croissantes, et installe un sentiment d’absurde ou d’asphyxie, qui explique la multiplication des vagues d’épuisement, de dépression, de burn-out et de démissions."

"Cependant, malgré la puissance de ces paroles libératrices, certaines limites émergent. L’absence de données chiffrées ou de contextualisation territoriale rend parfois difficile de saisir l’ampleur globale du phénomène. Le film fait le choix de ne pas opposer ces voix à d’autres discours (institutionnels, politiques, sociologiques), ce qui limite la mise en perspective, et peut parfois donner une impression d’entre-soi. De même, quelques artifices visuels – notamment dans l’usage de la couleur ou des éclairages dans des séquences plus lyriques et oniriques – n’apportent pas toujours un supplément d’émotion ou de profondeur, et peuvent paraître décoratifs."

"Hors-service n’est pas seulement un constat amer, c’est une plongée sensible dans les failles d’un système qui s’érode sous nos yeux. Dans les murs lézardés d’un hôpital déserté, ces voix autrefois dévouées à l’intérêt général font résonner une vérité universelle : derrière les réformes comptables et la logique managériale, ce sont des vies humaines, des vocations brisées, des idéaux bafoués. Le film rappelle que le service public n’est pas une machine froide mais un pacte social, fragile et vital, entre une société et celles et ceux qui la servent. En recueillant la parole de ces démissionnaires, le documentaire esquisse une utopie lucide : celle d’un avenir où l’on réapprendrait à mettre l’humain, la solidarité et la dignité au cœur de nos institutions."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
Clément B
Clément B

31 abonnés 44 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 octobre 2025
Super intéressant, super joli, super touchant ! Merci.
Il y a une vie en dehors du travail, surtout quand celui-ci nous nuit
Fred Feraud
Fred Feraud

3 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 octobre 2025
Whaou je l ai vu en avant premiere avec débat , c est très original , une sorte de documentaire urbex ou des démissionnaires pour des raisons éthiques engagent le débat et nous incitent à l action : infiltrés ou affranchis, nous sommes tous des lanceurs d alerté !
Helene Tourbine
Helene Tourbine

25 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 janvier 2026
Quelques silhouettes déambulent dans des locaux vides, dans le noir, torche à la main.
Pas des cambrioleur·se·s, mais des passager·e·s clandestin·e·s, en rupture de ban d'une fonction publique qui a perdu son sens, à leurs yeux.
Un postier, un policier, deux enseignantes, une magistrate, une médecin.
Iels dînent ensemble puis repartent en exploration des bureaux (ceux d'un hôpital abandonné), y installent un semblant de cadre professionnel, se remettent en condition, comme à la recherche de la voie vers la possibilité d'une parole, pour exprimer ce qui les a mis au tapis.
Le policier poursuivi par sa hiérarchie pour avoir dénoncé des violences sur mineurs. Le postier à qui il est reproché de faire de la "sur-qualité" (comprendre distribuer le courrier ou les colis trop tôt !). La magistrate qui paye ses engagements syndicaux...
Les constats et les discours généralistes et statistiques sont connus, mais incarnés ici dans des parcours, des exemples, des corps. Iels parlent de "tout ce qui a abîmé la vocation", de la difficulté à "faire le deuil de sa force", à renoncer et à partir, quand on pense qu'on arrivera à tenir bon contre l'arbitraire ou l'absurde ou le principe de rentabilité.
Et pourtant, l'existence même de ce film est un acte supplémentaire de résistance, qui, loin de ressasser les parcours et traumas individuels, se veut être une alerte lancée à tou·te·s.
iels installent progressivement un lieu d'accueil, d'écoute et de parole qu'iels souhaitent ouvrir à d'autres démissionnaires - ou en passe de l'être - dont les témoignages arrivent par téléphone.
Dispositif très singulier pour faire émerger une parole peu entendue, qui descend voir jusque dans les corps et les cœurs les conséquences des choix politiques en matière de services publics.
Richard Tarteret
Richard Tarteret

14 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 octobre 2025
En réunissant d’anciens fonctionnaires dans un hôpital abandonné, il crée un espace de parole à la fois concret et symbolique, où se rejouent les fractures d’un pays. Entre documentaire et fiction, la mise en scène donne forme à la souffrance d’un monde du travail sacrifié au libéralisme.
nikbal
nikbal

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 octobre 2025
film sensible et d'utilité publique !
A voir et à revoir, autant pour le contenu et la portée politique, que pour la beauté et la subtilité des mises en scène de ces fonctionnaires démissionnaires.
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