Mata
Note moyenne
2,7
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109 critiques spectateurs

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Pirate72
Pirate72

20 abonnés 51 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mai 2026
Rarement le cinema français ne se sera aventuré avec autant de précision et d’ambition sur le thème, le casting et les décors dans l’espionnage. Réaliste, fort, Mata est un film important actuellement.
Direct-actu.fr

402 abonnés 558 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 mai 2026
Une identité inventée, des informations cloisonnées, des agents qui ne savent parfois eux-mêmes qu'une partie de la mission. Mata choisit une voie moins spectaculaire que le cinéma d'espionnage traditionnel, pour observer les mécanismes humains derrière les opérations invisibles.

Rachel Lang propose un film froid et réaliste sur le monde du renseignement. Avec Eye Haïdara et Joséphine Japy en tête d'affiche. Le film dévoile l'envers du décors : la création d'une couverture, les infiltrations, la surveillance, etc... On utilise les codes et le vocabulaire. On explique les différentes missions allant de la surveillance à la sûreté du territoire.

Pour donner encore plus de réalisme, certaines scènes sont tournées dans les vrais décors de la DGSI et l'histoire confirme qu'il est juste que ceux qui rejoignent ce monde ont tous un parcours différent : Sciences Po, Polytechnique, police ou ancien militaire.

Ici, Rachel Lang, avec Mata, livre un film de genre solide, maîtrisé, et parvient encore à surprendre là où le spectateur pensait avoir épuisé toutes les variations possibles du registre.

Cette approche produit quelque chose d'assez rare. Le film ne construit pas ses personnages comme des figures presque surhumaines capables d'anticiper chaque situation ou de manipuler leur entourage avec une précision mécanique. Les individus présentés ici paraissent au contraire enfermés dans des règles, des protocoles et des informations incomplètes. Le spectateur progresse dans cet univers sans disposer d'une vision totale, avec la sensation de découvrir un monde où chacun demeure seulement un fragment d'un ensemble plus vaste.

Cette impression est renforcée par une tension plus discrète, moins tournée vers l'action pure que vers les conséquences humaines du secret. Derrière les missions et les dispositifs de sécurité se dessine progressivement une réflexion sur l'engagement, sur la solitude et sur le prix invisible de certains choix. C'est précisément à cet endroit que Mata cherche sa singularité.
Jib Movie
Jib Movie

4 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 mai 2026
Super interprétation mais scénario confus et peu clair … il ne faut pas chercher la vérité certes mais un peu comprendre quand même les motivations ! Rythme intéressant !
Cinememories

604 abonnés 1 677 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 avril 2026
"Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, Mata est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d’espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver. Il y a une scène dans Mata qui dit presque tout du film de Rachel Lang. Son héroïne, agente du service action de la DGSE (Sécurité exterieure) revenue du Niger avec une blessure et un fantôme, se retrouve encerclée dans une salle d’interrogatoire par un groupe d’hommes en costume. Pas de menaces physiques. Juste des regards, des silences, la pression sourde d’un système qui cherche à la remettre dans le rang — ou à l’effacer. C’est dans ces moments-là, quand la mise en scène se resserre sur le visage d’Eye Haïdara et sur l’espace qu’on lui refuse, que Mata touche à quelque chose de juste et de rare dans le cinéma d’espionnage français : l’idée que le véritable ennemi n’est pas toujours celui qu’on traque, mais quelque part entre celui qui signe vos ordres de mission et nos hantises."

"Le dispositif est limpide. Blessée lors d’une opération clandestine au Niger dont elle est la seule rescapée, Mata est rapatriée et placée sous surveillance hiérarchique. Son compagnon Antoine manque à l’appel, retenu quelque part dans le désert. On la confine alors au mentorat — une façon polie de l’éloigner — qu’elle parvient toutefois à détourner en mission de contre-espionnage dans les Alpes et c’est là que les fils se croisent. Lang dessine les rouages bureaucratiques d’un renseignement français sans glamour ni mythologie : des open spaces déshumanisés, des échanges téléphoniques sans débordement, des planques en montagne où l’on attend plus qu’on n’agit. Loin de James Bond et de Mission Impossible, Mata choisit délibérément le contre-courant — l’anti-spectaculaire, la friction administrative, le poids des chaînes de commandement. Dans ces couloirs et ces regards de travers, la règle non écrite s’impose d’elle-même : « réfléchir, c’est désobéir »."

"C’est ici que Mata accroche et frustre en même temps. Lang, dont la caméra s’était montrée étonnamment proche dans Mon Légionnaire, installe ici une distance froide, presque clinique, avec ses personnages — cohérente avec l’univers du renseignement, certes, mais qui finit par parasiter l’empathie. On observe Mata plus qu’on ne la ressent. Le film veut vibrer sur la corde psychologique de son héroïne, et c’est dans les filatures millimétrées, les planques et les écoutes qu’il s’en approche le mieux — comme si la logistique froide de l’espionnage était paradoxalement son terrain le plus humain."

"Il y a une timidité dans les choix artistiques qui dessert l’ensemble. La mise en scène s’autorise par moments un supplément de style — un cadrage plus tendu, un montage qui joue avec l’ellipse ou l’onirisme — sans jamais oser l’assumer pleinement, comme si la réalisatrice hésitait entre l’immersion documentaire qui était singulière dans Mon Légionnaire et un cinéma de genre plus affirmé. Quelques séquences d’action en pâtissent, notamment une confrontation en cuisine d’une banalité déconcertante, où le film abandonne un instant sa cohérence narrative sans y gagner la moindre intensité. Là où Les Fantômes — auquel Yuksek, compositeur rémois déjà à la manœuvre chez Jonathan Millet, avait offert une bande-son sensorielle et implacable — parvenaient à faire de chaque détail une menace latente, Mata reste trop souvent prisonnier de ses propres coutures et ses twists trop lisibles pour surprendre."

"Mata, elle, avance. Sans résolution, sans catharsis. À la fin, les cicatrices sont toujours là — elle ne peut qu’apprendre à en oublier la douleur. C’est peut-être l’image la plus honnête que le film propose : non pas le triomphe de l’héroïne, mais sa persistance. La révolte tranquille d’une femme broyée par un système qui préférerait qu’elle disparaisse, et qui choisit, contre toute logique institutionnelle, de continuer à exister. Dommage que la mise en scène ne parvienne pas toujours à lui rendre pleinement justice."

Retrouvez ma critique complète sur Le Mag du Ciné.
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