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inspecteur morvandieu
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0,5
Publiée le 14 décembre 2025
Une petite vendeuse de Cadix, Estrella, veut devenir danseuse de flamenco dans le cabaret du brutal Ramon (Charles Vanel.) Maurice Tourneur réalise un tout petit film, ou un navet pour dire autrement. Son scénario semble un abrégé particulièrement dépouillé du roman qu'il adapte ; c'est tellement condensé que le sujet est devenu un mélodrame sentimental primaire et que les personnages ont perdu toute matière, aussi simplistes que frustes. Gaby Morlay fait un numéro de charme à la mode ibère et rend les hommes autour d'elle amoureux fous, sans qu'on sache comment d'ailleurs puisque que rien dans le film n'est développé ; peut-être l'effet de cette petite mèche de cheveux enroulée et collée sur son front... Mais ce récit, si superficiellement hispanisant, est d'une faiblesse qui confine à la fumisterie. La vacuité et la puérilité dramatiques des protagonistes sautent aux yeux ; les comédiens ne sont pas très inspirés dans ces conditions, au point qu'on peut s'amuser parfois de la composition tout en coquetterie de Gaby Morlay ou de celle, épaisse, de Vanel, suivi comme son ombre par son impayable maman matrone.... Et on sent les débuts du cinéma parlant à travers des dialogues très articulés et sans rythme.
Film modeste d'un grand metteur en scène, un peu oublié aujourd'hui, "Maison de danses" est une réussite dans la carrière de Maurice Tourneur. Cette histoire de jalousie et d'amour contrarié fonctionne grâce à la mise en scène assez sobre et au casting solide porté par des acteurs connus (Gaby Morlay, Charles Vanel, vedettes de l'époque et pendant plusieurs décennies) et moins connus comme Van Daele, pourtant inoubliable Robespierre dans le "Napoléon" d'Abel Gance ou encore Raymond Cordy (acteur récurrent chez René Clair et bien d'autres). Tout ce petit monde joue à la perfection cette histoire cruelle aux sentiments violents. Une petite perle du début du parlant, à découvrir.