Don't Die : L'homme qui voulait être éternel
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Ewen Blake
Ewen Blake

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2,5
Publiée le 6 février 2025
spoiler: C’est l’histoire d’un mec qui dédie sa vie à repousser la mort. Il sacrifie littéralement sa vie pour atteindre son objectif.


- Cette critique contient des spoilers -

Je partage avec ce zouave quelques points communs et notamment la croyance qu’une partie du bonheur tient dans la discipline qu’on est capable de s’imposer. Dans la certitude que notre cerveau peut être un ennemi qu’il convient de maîtriser. Pour la bouffe par exemple, on sait qu’habitué à des centaines de milliers d’années de privation, notre corps va nous faire avaler bien davantage que ce qu’il réclame. Je partage aussi avec Johnson une vision critique du capitalisme et notamment le fait que nous avons construit une société qui nous impose ou à minima nous soumet quotidiennement aux pires addictions. L’exemple des 3 fast-foods devant lesquels je roule chaque jour pour aller bosser en est une bonne illustration, tout comme la proportion de produits sains / malsains contenus dans mon Super U ou encore la facilité avec laquelle je peux m’abrutir d’informations inutile via le téléphone débordant de notifications Facebook, Insta ou LeMonde que j’ai dans la poche. Je partage également le contre sens qu’est le système médical actuel où seul 4% (estimation ChatGPT mais c’est un ordre d’idée) est consacrée à la prévention des maladies et le reste à leur traitement. D'autant qu’une proportion significative d’entre eux soulagent les symptômes davantage qu’ils ne guérissent. J’ai aussi aimé le rappel que la fin de vie est loin de l'image populaire qu'on s'en fait : tu ne mourra pas doucement dans ton sommeil à 80 ans. La fin de vie est un processus progressif, douloureux, un délabrement qui rende la vie insupportable et la mort désirable pour beaucoup d'anciens.

Je me suis intéressé au BluePrint project en octobre 2023 et à cette époque il n’y avait quasiment rien à vendre sur son site, seulement ses données, en masse et en accès libre. Je me range donc derrière l’avis du journaliste pensant que Bryan Johnson ne mène pas son projet par but lucratif. Bon c’est un entrepreneur et voyant sa popularité exploser il n’a pas hésité à se faire un peu de pognon en passant mais son objectif me semble sincère. Ce que je n’avais pas perçu dans ses vidéos bien montées c’est l’étrangeté du bonhomme entre autisme et de asperger. Quoique sa relation avec son fils soit franchement flippante et malsaine sa condition / maladie le rend paradoxalement plus humain et touchant. Il n’empêche que sa démarche n’a rien de philanthropique et que son obsession de lui-même le rend détestable. Incidemment ce multi millionaire nous rappelle aussi l’indécence d’un tel niveau de richesse (et il n’est même pas milliardaire !).
À mi-reportage, la conclusion des médecins indépendants interrogés est sans appel. La méthode déployée par Brian s’appuie sur des données solides et a une certaine valeur mais sa propre expérience n’a que l’apparence de la science et n’a quasi aucun intérêt pour l’humanité. Ses expérimentations peuvent contribuer à parfaire sa routine mais comme il teste des dizaines de protocoles différents il est impossible de savoir ce qui est utile de ce qui ne l’est pas. Pour en évaluer l'efficacité, il faudrait à l'inverse tester chaque protocole et les évaluer sur des centaines d'individus pour ensuite les comparer à des groupes tests. Le mec a un MRI qui pourrait servir à des centaines de patients par jour dans un hopital et a bloqué le journaliste qui lui proposait de financer des tests cliniques qui pourraient bénéficier à l'humanité. C'est un salopaxx, aucun doute là-dessus.
A aucun moment l’équipe de réalisateur ne semble le confronter à cette vérité ou remettre en cause ses résultats. J’ai par exemple du mal à croire qu’il soit crédible scientifiquement de se donner un rythme de vieillissement à 2 chiffres après la virgule ! Et sur quelle base est calculée le 1 ? Les fameux tests polygéniques par exemple (commandable sur le net) ne sont absolument pas fiables. Pareil le documentaire nous présente son transfert de plasma comme un événement de cohésion familial intergénérationnelle et se montre critique sur sa mise en scène marketing par Bryan. Mais le sujet n’est pas là ! Le documentaire aurait dû au moins mentionner une vérité: à l’heure actuelle, il n’y a aucune preuve que cette procédure ait un quelconque effet sur le vieillissement humain !

De la même façon le documentaire se concentre sur les procès moraux que lui font les Kevins d’Internet ! Mais on s’en fout de ces débiles qui l’agressent, ce qu’on veut c’est des experts qui nous disent si ce qu’il fait a du sens !

Surtout le rythme de vieillissement comme beaucoup plus de choses que l’on imagine (les résultats scolaires, la taille, la timidité, la volonté) sont largement prédéterminés par les gènes (cf. travaux de Robert Plomin). Dans quelle mesure les gènes de Bryan influent sur son rythme de vieillissement ? Ce n’est même pas questionné.

Là où le documentaire m’a positivement surpris c’est qu’il va au-delà de son postulat de départ. On aborde cette incroyable expérience qu’est l’île auto-gérée de Prospera au Honduras ou la difficulté à trouver une compagne quand on est riche. C’est à ce moment, couplé au moment “famille” que je me suis rendu compte que pour un documentaire Netflix on a rarement aussi peu joué sur l’émotion et autant sur les faits. Même si le départ de son fils m’a largement gavé on peut y voir aussi une autre issue possible au rêve de son père: l’immortalité par la descendance. Autres 10min qui m’ont gonflé : la religion mormon, la difficulté d’en sortir et les sacrifices humains qu’elle provoque. Sa famille l’a tout simplement “banni” et la solitude du mec est juste flippante. Mais s'attarder sur la religion qu'il a quitté trouve son sens dans le final lors duquel Bryan fini par sortir de sa Kitchen (haha !) pour aller ni plus ni moins lancer un mouvement planétaire, un culte, quasi une religion en fait et ainsi prendre sa revanche. On sentait bien que l'adoration qu'il porte à lui-même finirait par lui paraitre insuffisante.

Je garde une idée pratique de ces 90min: se coucher à la même heure tous les soirs. D'ailleurs il est 00:43.
ancarlafernandes
ancarlafernandes

4 abonnés 57 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 janvier 2025
Obstination et motivation à toute épreuve pour l'homme d'affaires Bryan Johnson qui essaye, depuis quelques années de son existence, de ralentir le temps en menant la quête d'une vie éternelle.
Avec sa routine quotidienne ultra rigoreuse, où tout est calculé, dosé, suivi, analysé, il arrive déjà à contrer le temps en vieillissant seulement 8 mois en 1 an.
J'étais admirative de son parcours et de son projet jusqu'à qu'il aborde les injections hormonales de croissance et la vente des produits dérivés de sa marque, dont une huile d'olive banale a 36 dollars. J'ai beaucoup entendu aussi sur sa vie familiale, dont sont passif avec les femmes, qui n'avaient aucun rapport avec le sujet central du documentaire.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 174 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mai 2026
Jusqu’où iriez-vous pour vivre éternellement ou même simplement ralentir le processus de vieillissement ?

Chris Smith (American Movie - 1999) dresse le portrait de Bryan Johnson, un entrepreneur de la tech, américain et multimillionnaire qui a investi près de 3M$ dans un projet personnel, la quête du Saint Graal, à savoir un processus anti-âge révolutionnaire.

Entouré de spécialistes, de chercheurs et de médecins en tout genre, dans sa tour d’ivoire en Californie, il dédie le reste de son existence (après avoir passé des décennies à monter des start-ups) cloîtré chez lui à subir toutes sortes d’expérimentations.

« C’est le meilleur cobaye dont on puisse rêver. » Dr Oliver Zolman

La jeunesse éternelle serait-elle accessible au commun des mortels ? spoiler: Bien évidemment que non. Tout le monde n’a pas le loisir d’y consacrer autant de temps (du matin au soir) et surtout, autant d’argent. Ce documentaire met en lumière la détermination sans faille de Bryan Johnson depuis qu’il a lancé son "Project Blueprint" et sa morning routine aussi bien délirante qu’absurde (dès le réveil : utilisation d’une lampe de luminothérapie, prise de 3 pilules, prise de température, séance de biofeedback, stimulation du système nerveux, prise de 54 gélules, port d’un casque à LED pour stimuler la pousse des cheveux, une heure de sport, séance de stimulation électromagnétique sur l’abdomen, séance de thérapie curative par lumière rouge, séance d’audiothérapie et prise de 34 autres gélules)
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Atteindre l’âge biologique le plus bas spoiler: possible est devenu réalité puisque cet homme de 47 ans en paraît désormais 40 (!) depuis qu’il a commencé sa quête de jeunesse. Le fruit d’un gavage intensif d’une centaine de gélule par jour, sans compter les injections, peeling, tests sanguins, électrocardiogrammes, IRM et autres stimulations (il a été jusqu’à se faire transfuser le plasma de son propre fils !)
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Don't Die - L'homme qui voulait être éternel (2025) nous entraîne dans la folie déraisonnée de ce père de famille. spoiler: Le film revient aussi sur son enfance (il est né dans une famille mormone pratiquante) et sur ses tendances suicidaires lorsqu’il était entrepreneur. Il avait beau être pété de thune, avoir une femme et des enfants, il n’en restait pas moins mal dans sa peau. Aujourd’hui il est mondialement connu, non pas pour avoir revendu sa start up à Paypal mais pour être celui qui fantasme sur une prétendue jeunesse éternelle avec son régime hyper-médicamenté et une vie faite de contraintes (réveil tous les jours à 4h30, couché à 20h30, son dernier repas de la journée est à 11h du matin et passe le plus clair de son temps à faire des examens médicaux et a entretenir son business juteux : une gamme de produits anti-âge à destination des milliers de personnes qui boivent ses paroles et le prennent en exemple)
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S’astreindre une vie spoiler: de misère pour espérer rajeunir nécessite une motivation de tout les instants, avec un brin de narcissisme… C’est quand même navrant d’avoir autant d’argent (800 millions, c’est le montant qu’à déboursé Paypal pour acheter sa start up) et de ne le consacrer qu’à sa petite personne
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⦿ http://bit[POINT]ly/CinephileNostalGeek ⦿ http://twitter[POINT]com/B_Renger ⦿
Michael78420
Michael78420

63 abonnés 1 903 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 février 2025
D'accord sur le diagnostic de nos sociétés mais pas sur le traitement. J'ai regardé ce documentaire avec effroi. Une sorte de malaise permanent en voyant Bryan Johnson devenir une machine capable de dire : "Éliminer mon esprit est la meilleure chose qui me soit arrivée." Les protocoles auxquels il se soumet pour ralentir son vieillissement ne font pas envie. Certes, il obtient des résultats, mais à quel prix ? Et qui a envie de ressembler à un rat de laboratoire ? Autant suivre un astronaute, comme par exemple Thomas Pesquet pendant six mois dans la station spatiale internationale pour la mission Proxima, est passionnant par l'apport scientifique de l'expérience et le bénéfice pour l'humanité, autant ici la gêne permanente que l'on ressent témoigne d'une impasse. Le mérite du documentaire étant de montrer cette expérience sous tous ses angles, avec toutefois trop peu de voix accordée à la critique.
Darkniamor
Darkniamor

14 abonnés 1 013 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 avril 2025
Un reportage souvent maladroit et malaisant. La décadence humaine pour allonger une durée de vie. L’avenir lui donnera raison ou non.
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