Maspalomas
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Maspalomas" et de son tournage !

Les Goya 2026

Maspalomas a été nommé neuf fois aux Goya, l'équivalent espagnol des César, et a remporté le prix du meilleur acteur pour José Ramón Soroiz.

Le film est né de vacances aux Canaries

José Mari Goenaga a songé à faire de Maspalomas le décor d’un film alors qu’il y séjournait en 2016. Cette station balnéaire située au sud de l'île de Grande Canarie, dans l'archipel des Canaries, est un haut lieu du tourisme LGBTQ+. Le réalisateur raconte : “Dans la foulée, j'ai lu un article qui parlait des personnes âgées de la communauté LGBTQI+, qui, lorsqu'elles étaient inscrites dans des résidences pour adultes, se retrouvaient mises au placard de leur propre identité sexuelle. Dès lors, le lieu de la résidence pour adultes est apparu, en contraste avec Maspalomas et de là est partie l'histoire de Vicente, notre protagoniste”.

Mettre en valeur la culture basque

Le personnage de Vicente a d’abord été imaginé comme un touriste allemand mais les réalisateurs ont préféré qu’il soit basque pour mettre en valeur leurs propres origines, comme l’explique José Mari Goenaga : “Nous essayons toujours de glisser nos propres histoires dans nos films, et si c'est possible de le faire en basque, parce que c'est notre langue. Nous adaptons à chaque fois nos récits à la langue appropriée et on adore travailler avec des acteurs basques. En tournant en basque, on a le sentiment de contribuer à une cinématographie encore en plein essor, qui a besoin de références, de participer à la culture basque.”

Le contexte du Covid-19

Le premier traitement du scénario a été développé durant le confinement. Les réalisateurs ont décidé de garder ce contexte pour évoquer, de façon symbolique, le parcours de Vicente, lui qui a vécu des décennies en cachant son identité, comme enfermé dans son propre corps. Aitor Arregi ajoute : “J'ajouterais que le Covid a aussi donné une forme de tension narrative au film. Dans la seconde partie, quand le virus surgit dans la résidence, on pourrait craindre que tout le monde n’en meure, mais ce n’était pas notre choix. On voulait finir le film en parlant de la manière avec laquelle on allait s'y adapter.”

Inspirations

Pour construire Vicente, José Mari Goenaga s'est appuyé sur Le Langage perdu des grues (The Lost Language of Cranes en VO) de David Leavitt. Le roman raconte l'histoire parallèle d'un père et d'un fils homosexuels, chacun vivant différemment son rapport au secret et au coming out. “La description de la figure du père dans son mariage a été très inspirante pour imaginer un peu le passé de Vicente avec son épouse, la relation avec sa fille, etc.” souligne José Mari Goenaga. Il révèle qu’il a aussi puisé dans ses propres angoisses : “Vicente est aussi une projection de mes angoisses, de ce que je peux ressentir en tant qu’homosexuel, des menaces qui peuvent m’inquiéter, toutes ces petites peurs que nous et certains homosexuels affrontent au quotidien.”

Lever un tabou

Avec Maspalomas, les réalisateurs se confrontent au tabou de l’homosexualité chez les seniors. “Cela nous a paru important que cette sexualité qui existe bel et bien soit visible et que le spectateur en prenne conscience. Nous vivons dans une société où certains se demandent si ce que nous racontons existe”, souligne José Mari Goenaga.

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