Ce film montre comment on peut détruire un homme, un prêtre en l'occurence, en prétant foi à des accusations sans vérifier les faits avancés, ici des attouchements sur une adolescente perturbée.
Loin du grand spectacle hollywoodien, on voit ce prêtre innocent, abandonné par son évêque, perdre pied jusqu'à envisager le suicide.
Cheyenne Carron s'est sans doute inspirée de quelques cas réels où des évêques ont balancé des prêtres innocents dans l'arène médiatique, sans respecter les procédures internes de l'Eglise, avec de terribles conséquences (notamment psychologiques) pour eux. La nécessaire chasse aux pervers ne doit pas se tromper de cibles. Dans le film, l'évêque lache son prêtre sans état d'âme. Il se contente d'un interrogatoire mais ne tient pas compte de la version du prêtre, pour l'abandonner à la justice .
Heureusement, une prostituée noire, qui a ses propres problèmes, lui sera un soutien, en tout bien tout honneur. La "pécheresse" vient au secours de l'innocent.
En regardant ce film, moi qui suis catholique, j'y ai trouvé un esprit très évangélique. Les bons ne sont pas toujours ce que l'on pense. Les humbles, les marginaux, les méprisés peuvent être bien meilleurs.
Cheyenne Carron a choisi un sujet délicat, dérangeant, traité avec sobriété, qui montre sa grande liberté d'esprit. Ce qui d'ailleurs caractérise son oeuvre. L'Agneau est un film atypique qui mérite plus qu'un succès d'estime. L'histoire est prenante, l'acteur principal (Johnny Amaro) est attachant, on le suit avec sympathie dans ses activités puis dans son épreuve.
Le film dérangera peut-être certaines personnes dans la sphère catholique, mais il montre que le Bien et le Mal ne sont pas toujours à l'endroit où on les attend. Après tout, il ne fait qu'aborder un sujet actuel dont on parle peu: celui des prêtres innocents, donnés en pâture à l'opinion, sans enquête sérieuse.