Kontinental ’25 a reçu l’Ours d’Argent du meilleur scénario lors de la 75e édition de la Berlinale, en février 2025.
Il y a plusieurs années, Radu Jude a lu dans la presse l’histoire d’un sans-abri qui se suicide suite à une procédure d’expulsion. Un récit qui l’a tant bouleversé qu’il l’a même pitché à HBO Roumanie pour en faire une série télé, mais le projet ne s’est finalement pas fait. Alors que le fossé entre les classes sociales dans le pays se creuse de plus en plus, le réalisateur a décidé de reprendre son idée et d’en faire le scénario de Kontinental ’25.
Kontinental ’25 est imprégné de l’univers d’Europe 51 de Rossellini, que le réalisateur a revu spécifiquement pour son film. Mais si le parallèle entre les deux héroïnes de ces films est évident, Radu Jude a tenté de s’en éloigner, comme il le déclare : "J’ai décidé d’explorer ce thème, mais de façon moins métaphysique et moins tragique en situant le récit dans un mélange très contemporain de comédie et de tragédie. Je pourrais dire que mon film est une sorte de caricature de Rossellini". En outre, le cinéaste dit s’être inspiré également de Psychose de Hitchcock pour la structure du récit.
La culpabilité d’Orsolya est un reflet de la société roumaine selon le réalisateur, même si, selon ses propos, il n’a jamais eu l’intention de faire un film politique, comme il le dit : " La culpabilité d’Orsolya reflète les manquements du système, mais le film s’intéresse à son expérience individuelle plus qu’il ne cherche à faire de grandes déclarations idéologiques."
Dans le film, une scène devait se dérouler dans les bois. Mais l’équipe du film, étant hébergée dans un complexe hôtelier qui s’appelle Wonderland, se trouvait également à côté d’un parc de dinosaures. Radu Jude a donc décidé de les inclure dans le scénario comme un clin d’œil et de faire des plans sur ces statues. Un élément symbolique, qui montre selon le réalisateur "la commercialisation à outrance, même de la préhistoire".
Radu Jude a tourné Kontinental ’25 en même temps qu’un autre projet, une adaptation libre de Dracula. C’est pendant les répétitions de ce dernier qu’il s’est rendu compte qu’Eszter Tompa serait convaincante pour le rôle et que ses origines hongroises apporteraient une dimension supplémentaire au film.
Radu Jude a tourné son film à l’Iphone, pour montrer qu'il est possible de faire un long-métrage sans avoir un budget faramineux. Par ailleurs, ils ont tourné sans lumière et sans machinerie, avec seulement la lumière et les décors naturels.
Le film a été tourné en 11 jours à Cluj, au cœur de la Transylvanie, près du complexe de Wonderland.
Si Radu Jude a souvent tourné des documentaires ces dernières années, il s’inspire du processus pour Kontinental ’25 avec des dialogues purs, et une mise en scène minimaliste pour privilégier davantage le réel. D’ailleurs, le film est entrecoupé de plans issus de documentaires sur l’histoire des bâtiments.