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Eric Dugelay
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5,0
Publiée le 19 mai 2026
Cosmos : jusqu’au ciel
Avec ses films en noir et blanc et son message empreint de christianisme et d’humanisme (selon les insondables convictions de chacun), Germinal Roaux fait du bien. J’avais raté Fortuna en 2018, ai vu et adoré Cosmos. Par un grand vent d’orage soulevant sable et âmes, le réalisateur suisse surexpose la pellicule comme pour éclairer la noirceur de l’existence. L’errance d’un chien perdu sans collier provoque la rencontre improbable de Leon (remarquable Andrés Catzín), paysan illettré du Yucatán expulsé de chez lui, avec Lena (Ángela Molìna), une grande bourgeoise autocentrée venue mourir dans son palais décati. Les graines de cosmos fournies par Lena et plantées par Leon auront-elles le temps de fleurir ? Par le truchement d’un vieux gramophone, les deux rescapés de l’existence mettent en musique un duo inoubliable.
Cosmos est le genre de film qui vous prend par surprise et vous laisse silencieux dans le noir après le générique. Germinal Roaux, après le bouleversant Fortuna récompensé à la Berlinale, confirme qu'il est l'une des voix les plus singulières du cinéma avec ce long-métrage ambitieux tourné en pleine jungle du Yucatán, en langues maya et espagnole.
L'histoire est simple : une femme universitaire croise un vieil Indien maya chassé de ses terres. Entre eux, rien de prévisible, tout de juste. Ángela Molina, l'actrice de Buñuel, toujours magnétique, apporte une présence charnelle et mélancolique qui tient le film à bout de bras dans ses moments les plus contemplatifs. Face à elle, Andrés Catzin, acteur non-professionnel, est une révélation : il n'interprète rien, il est là, et ça suffit. Le noir et blanc de Germinal est somptueux : la jungle devient presque un personnage à part entière, organique et mystérieuse. Roaux filme le vivant avec une patience rare, et il y a des séquences d'une beauté proprement stupéfiante. Une lettre d'amour au temps qui passe, à la nature, à ceux qu'on ne voit jamais dans les films. Indispensable parmi les plus beaux films de l'année.
COSMOS est une invitation. Une invitation à repenser le monde, la couleur, la lumière, la nature, la mort, à un autre tempo. Changer de rythme c'est déjà un geste politique : celui de refuser d'aller à la frénésie moderne. Et c'est aussi prendre le temps de se concentrer sur ce qui compte vraiment : la beauté du monde qui nous entoure, sur notre capacité à aimer, à comprendre, et à prendre conscience avec tendresse que rien, sauf la Nature, n'est infini.
Dans un noir et blanc splendide, COSMOS nous donne à voir avec peine les violences des rapports de classe, mais avec beauté les rapports humains, écologiques et spirituels.
Film envoutant, bien que plein de réalisme social et écologique.
J'ai apprécié les silences, la sagesse du pauvre et exproprié Léon malgré son analphabétisme. Léon parle peu mais va au plus près, au direct: posément mais sans détour.
Léna, elle, cette universitaire bourgeoise, malade incurable, reste d'une attitude hautaine et distante avec Léon presque jusqu'au bout de sa vie. Son fidèle chien Bruno est sans doute plus important que Léon.
C'est la vie classique des riches et des pauvres, non?.
Ce film, un peu austère au premier abord, dégage une impression de paix, de sérénité et de profonde humanité. Une rencontre très émouvante entre deux personnes que tout sépare et qui se retrouvent reliées par la terre, la nature lumineuse du territoire maya et l’esprit. Une expérience cinématographique apaisante magnifiée par une superbe photo noir et blanc. Je recommande vivement.
Film envoûtant et intense par la lenteur de l’action, l’épaisseur des silences, la somptuosité des clairs-obscurs et la profondeur des sentiments. Véritable communion avec la nature et transcendant le malheur par la lumière et la poésie, il est saisissant de beauté.