Pour son 3ème film, Germinal Roaux signe un chef d'oeuvre d'une sensibilité bouleversante ton un noir et blanc sublime qui est devenu sa signature. Rare de voir un film aussi beau et délicat qui ouvre les portes de l'âme et nous fait voyager.
Ce film, un peu austère au premier abord, dégage une impression de paix, de sérénité et de profonde humanité. Une rencontre très émouvante entre deux personnes que tout sépare et qui se retrouvent reliées par la terre, la nature lumineuse du territoire maya et l’esprit. Une expérience cinématographique apaisante magnifiée par une superbe photo noir et blanc. Je recommande vivement.
Cosmos est le genre de film qui vous prend par surprise et vous laisse silencieux dans le noir après le générique. Germinal Roaux, après le bouleversant Fortuna récompensé à la Berlinale, confirme qu'il est l'une des voix les plus singulières du cinéma avec ce long-métrage ambitieux tourné en pleine jungle du Yucatán, en langues maya et espagnole.
L'histoire est simple : une femme universitaire croise un vieil Indien maya chassé de ses terres. Entre eux, rien de prévisible, tout de juste. Ángela Molina, l'actrice de Buñuel, toujours magnétique, apporte une présence charnelle et mélancolique qui tient le film à bout de bras dans ses moments les plus contemplatifs. Face à elle, Andrés Catzin, acteur non-professionnel, est une révélation : il n'interprète rien, il est là, et ça suffit. Le noir et blanc de Germinal est somptueux : la jungle devient presque un personnage à part entière, organique et mystérieuse. Roaux filme le vivant avec une patience rare, et il y a des séquences d'une beauté proprement stupéfiante. Une lettre d'amour au temps qui passe, à la nature, à ceux qu'on ne voit jamais dans les films. Indispensable parmi les plus beaux films de l'année.
COSMOS est une invitation. Une invitation à repenser le monde, la couleur, la lumière, la nature, la mort, à un autre tempo. Changer de rythme c'est déjà un geste politique : celui de refuser d'aller à la frénésie moderne. Et c'est aussi prendre le temps de se concentrer sur ce qui compte vraiment : la beauté du monde qui nous entoure, sur notre capacité à aimer, à comprendre, et à prendre conscience avec tendresse que rien, sauf la Nature, n'est infini.
Dans un noir et blanc splendide, COSMOS nous donne à voir avec peine les violences des rapports de classe, mais avec beauté les rapports humains, écologiques et spirituels.
C'est exactement pour que des films comme ça puissent encore exister qu'il faut résister aux plateformes, pour qu'un cinéaste tel que Germinal Roaux puisse, avec comme seul bagage sous le bras le déjà très beau mais modeste "Fortuna" sorti il y a bientôt huit ans, arriver chez des décideurs, des financiers avec l'envie suivante : celle de donner corps à un film en noir et blanc de 2h30 sans action aucune qui se déroulerait au milieu du Yucatan et dans lequel le seul enjeu dramaturgique serait la rencontre d'une vieille femme fatiguée, interprétée par la magistrale Ángela Molina, et d'un homme qui perd sa maison. Et vous savez quoi ? Dans notre système actuel, celui des salles, des coproductions, d'un montage vertueux où le terme irriguer n'est pas qu'un argument marketing, il s'est entendu répondre : « Oui on va vous suivre, on va vous accompagner pour que deux-trois personnes s'installent dans un endroit coupé du monde, où il est permis de refuser la frénésie du dehors et de s'abandonner. Ça ne durera QUE 2h30 mais ce sera toujours ça de pris... »
Ce deuxième long métrage de ce réalisateur suisse, en noir et blanc, est très réussi sur le plan technique : bonne bande-son et bonne qualité de l’image et des éclairages. Le scénario est aussi digne d’intérêt. Il se dégage dans ce film une atmosphère poétique, émouvante et apaisante. La rencontre de cet homme pauvre et cette femme riche en fin de vie est touchante et pleine d’humanité. Cela fait du bien de voir de tels films.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 18/03/2026 au Club de l'Etoile à PARIS)
« Cosmos » est un film juste et sensible qui dévoile l’emprise ordinaire exercée sur les peuples autochtones. Beau portrait de deux solitudes qui se frôlent sans vraiment se rejoindre. Un peu long parfois, mais la photographie en noir et blanc est sublime, la musique envoûtante, et Angela Molina, magnifique, illumine chaque plan — tout comme le visage de Leon, d’une intensité rare.