Une Aube Nouvelle est une véritable réussite visuelle. Yoshitoshi Shinomiya livre une animation d'une grande finesse, portée par des décors somptueux et une direction artistique moderne aux palettes de couleurs audacieuses. La bande originale, mêlant habilement sonorités lo-fi et électroniques, renforce cette volonté de modernité. Derrière son récit intimiste, le film interroge l'industrialisation qui efface peu à peu les espaces naturels, tout en explorant les liens d'amitié confrontés au temps qui passe et aux choix de la vie adulte. Son rythme contemplatif pourra toutefois dérouter certains spectateurs en quête d'un récit plus dynamique. Touchant, lumineux et délicat, le film séduit davantage par son atmosphère et sa sensibilité que par un scénario finalement assez classique. Une belle proposition pour les amateurs de slice of life.
Au cœur du récit se trouve une ancienne fabrique de feux d'artifice vouée à disparaître, dernier vestige d'un monde en train de s'effacer. À travers la quête du légendaire « shuhari », création mystérieuse laissée en héritage par un père disparu, Keitaro tente autant de préserver une mémoire familiale que de retenir un passé qui lui échappe. Le film s'intéresse ainsi à la transmission, aux racines et à la transformation des territoires, lorsque routes et nouveaux aménagements menacent l'équilibre d'habitants attachés à leur environnement. Malgré des enjeux importants, le ton demeure constamment léger et accessible, soutenu par un humour tendre et souvent mignon. Certains spectateurs pourront regretter le manque de drame ou de rebondissements plus marqués, mais ce choix semble pleinement assumé par la mise en scène. Une Aube Nouvelle cultive avant tout une atmosphère good vibe, douce et réconfortante. Si son scénario reste agréable à suivre, il n'apporte toutefois rien de particulièrement novateur au genre.
Le film trouve ainsi son équilibre dans cette simplicité assumée, laissant derrière lui une impression de douceur persistante.