C'est lors d'un festival en France que François Perlier a fait une rencontre qui changerait son parcours. Invité par le chroniqueur haïtien Foukifoura, le réalisateur a découvert Haïti sous un nouveau jour : celui du Carnaval de Jacmel, mélange puissant de "vaudou et contestation sociale". Cette invitation a été un tournant, marquant le début de son immersion dans la culture haïtienne et son désir de l'immortaliser par le cinéma.
Le tournage en Haïti s’est fait dans un contexte de grande instabilité, "quelques semaines avant l’assassinat du Président Jovenel". Capturer la richesse du Carnaval au milieu de la confusion urbaine n’a pas été une tâche aisée. Les scènes saisissantes de "rue en feu" et de vie carnavalesque ont été enregistrées malgré les défis dus à une société en plein chamboulement, offrant des images organiques et vibrantes.
Le film intègre une figure centrale, Foukioufara, qui est bien plus qu'un simple narrateur. Il incarne "l’âme rageuse et indomptable du peuple haïtien" et tire certains de ses monologues de l’œuvre du poète Frankétienne. Cette inspiration puise dans le mouvement spiraliste, une approche littéraire visant à contourner la censure pendant les dictatures. L’acteur s'est ainsi imprégné d’une écriture vivante et subversive pour mieux incarner ce personnage en colère.