C'est l'un des succès surprises de l'année 2023 au cinéma : Chasse gardée a rassemblé 2 millions de spectateurs. Très vite, la possibilité d'une suite a été évoquée. Ainsi, moins d'un mois après la sortie du film, l'équipe planchait déjà sur des idées : "On réfléchit très sérieusement [à une suite]", indiquait Lucie Trampoglieri, directrice générale d’UGC Distribution, au Parisien. Elle ajoutait : "C’est pendant le Covid que le scénariste a imaginé mettre en scène des néoruraux face aux chasseurs. Là, il faut trouver la bonne idée."
Comme son prédécesseur, Chasse gardée 2 s’enracine dans un choc des cultures, explorant les tensions entre "la vieille époque, adepte de la chasse à courre" et les nouveaux ruraux. Antonin Fourlon souligne qu’après l’affrontement Paris-Province, cette fois, "il est question d’opposition de classes sociales". Un portrait saisissant de la société actuelle à travers le prisme rural :
"Je pense à ces campagnes où l’on chasse beaucoup telle que la Sologne. Comme les sources d’eau, la nature est appropriée par des ultras riches et ils ont un réflexe de ségrégation. Il y a tellement de problèmes avec la chasse à courre, que pour être tranquilles les veneurs finissent par s’engrillager et chasser en huis-clos". Frédéric Forestier ajoute :
"Au lieu de laisser une servitude, comme dans le premier film, ils privatisent, enferment les animaux en laissant quelques petites trappes pour le brassage génétique. L’absence de cohabitation avec les promeneurs ou les agriculteurs fait aussi partie du problème, puisque ça ne favorise pas le brassage social."
Pour se documenter sur la chasse à courre, Antonin Fourlon et Frédéric Forestier ont rencontré des équipages, des sonneurs et le président de la société des chiens courants. Ils se rappellent : "Mais il ne fallait pas devenir trop technique. Le vocabulaire de la chasse à courre est vaste et complexe, c’est une autre langue, donc nous avons dû simplifier. Le comédien qui incarne Paul, Tristan Monot, est lui-même chasseur à courre et sonneur. Donc tous les sons de trompes sont conformes."
Faire apparaître dans Chasse gardée 2 un extrait de Croc Blanc avec Ethan Hawke a été une véritable épopée, nécessitant l’accord de nombreux détenteurs de droits, y compris Disney et l'acteur américain lui-même. Ce clin d'œil cinématographique a non seulement ajouté un lien émotionnel fort au récit mais a aussi permis de souligner l’amour des personnages principaux, Sixtine et Benjamin, pour la nature sauvage, créant un pont entre fiction et réalité.
Pour interpréter le nouveau venu Stanislas, le fils de Bernard, Antonin Fourlon et Frédéric Forestier ont choisi Maxime Gasteuil : "Je le suivais sur les réseaux sociaux depuis longtemps et pour moi, outre ses capacités à être drôle, il avait naturellement ce côté terroir puisqu’il a grandi à Saint-Emilion. Il connaît les banquets, les palombières ; c’est un peu sa culture du Sud-Ouest."
"Et je pense que sa filiation avec Didier Bourdon pouvait être crédible. Bon il se trouve qu’il était un peu terrorisé par les chevaux mais ça s’est arrangé. Surtout il pouvait jouer les faux-culs et être aussi au premier degré."
Le tournage de la scène de la palombière a nécessité une véritable prouesse technique. Construit dans un hangar près de Compiègne, le décor était monté sur des coussins d’air pour créer une illusion de mouvement. Ce plateau mouvant a causé des hauts et des bas, littéralement, pour les membres de l’équipe, certains se sentant comme sur un "manège".
Alors que les acteurs se précipitaient régulièrement d’un côté à l’autre, quelques-uns ont fini par prendre des pilules contre le mal de mer après plusieurs jours de tournage mouvementé.