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Ninideslaux
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3,0
Publiée le 23 mai 2026
C'est très sympa de nous retransmettre les opéras filmés lorsqu'on les a ratés le jour de la retransmission en direct! Ces Puritains se situent dans le cadre (bien compliqué pour nous français), de la guerre civile britannique; on a coupé le cou du roi Charles I et une république, le Commonwealth, est instaurée avec Cromwell à sa tête. Ils étaient en avance les anglais, pas vrai? Bon , la monarchie sera restaurée et finalement, Cromwell, déjà mort depuis deux ans.... pendu. L'opéra se situe donc dans le cadre d'une communauté très stricte -robe noire, coiffe sur la tête- républicaine où frayent cependant quelques royalistes reconnaissables à leurs tenues de satin chatoyantes. Arturo, royaliste, est fiancé à la pure Elvira, mais son devoir lui commande de sauver la veuve de Charles et il prend la poudre d'escampette avec elle. Elvira soupçonne une escapade amoureuse... et en perd la tête... Le bel canto adore les folles, que voulez vous. Après Lucy, Elvira.. Riccardo, l'amoureux dédaigne.... (Riccardo José Rivera) en profite pour essayer de placer ses cartes. Franchement, ce premier acte est une suite d'invraisemblances que la mise en scène n'essaye même pas de faire passer... Le décor unique est une salle de réunion, ou de prière, avec des stalles où s'installent les puritains. Des doubles enfantins, pendant l'ouverture, nous montrent combien l'amour d'Elvira et Arturo est profond, enraciné des leurs plus jeunes années. Le metteur en scène Charles Edwards fait d'Elvira une artiste peintre, à vrai dire on a mal à croire que ce genre de gribouillages ait pu être pris au sérieux en cette époque. Tout cela n'est ni très créatif, ni très intéressant L'intérêt, il tient tout entier dans la prestation de Lisette Oropesa. Voix souple et limpide, ravissante, homogène sur toute sa tessiture, coloratures brillantes, et présence en scène époustouflante. C'est une véritable actrice de théâtre, expressive, mobile... Quel bonheur! Elle est belle, elle est vivante, elle nous fait croire qu'être une soprano colorature c'est facile, y a qu'a.... On n'en dira pas autant de Lawrence Brownlee. On ne conteste pas ses qualités de ténor. Mais l'avoir empaqueté dans du satin bleu layette avec col de dentelle à manger de la tarte n'améliore pas son insignifiance scénique. Par contre, on admire le beau baryton-basse de Christian Van Horn qui incarne le gentil tonton d'Elvira. Très belle voix, élégante, et là encore, une magnifique présence scénique. Il en impose! Quand il est en scène avec sa nièce, ça marche... on y croit.. Au total: une soirée dont il ne restera pas grand chose. Bien sur, la musique de Bellini est charmante. Il n'y a pas vraiment de grands airs, pas de cavatine /cabalette à la Verdi, mais une longue mélopée musicale, toujours agréable, sur laquelle se détache, au gré de l'action, un personnage. Il y a surement quelque chose à faire, comme avec Verdi justement, en tirant parti d'un contexte historique intéressant tout en floutant les invraisemblances.... Mais au Met, ce travail n'a pas été fait.