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La signature du russe Andrei Zviaguintsev est reconnaissable entre toutes, dans la même lignée que ses précédentes réalisations, depuis Elena... : même façon de filmer, une caméra lente, posée, précise, maniaque dans ses moindres détails. L’histoire ici est revendiquée par le réalisateur comme sa version du film de Chabrol "la femme infidèle" ; on devinera donc que la trame est celle d’un meurtre dans la Russie actuelle. Mais le charme discret de la bourgeoisie française a été ici remplacé par l’univers social post soviétique : celui des chefs d’entreprises, nouveaux riches prospères dans une économie de marché aux mains des oligarques qui naviguent entre compromissions et corruptions diverses. Il leur échoit également de fournir de la chair à canon pour alimenter en soldats les conflits actuels...
Un pari réussi, même si ce ce film n’est pas très novateur dans sa forme.
Un pari réussi, même si ce ce film n’est pas très novateur dans sa forme.
Ce film de ce grand réalisateur et scénariste russe réfugié en France est inspiré de « LA FEMME INFIDELE » de Claude CHABROL, mais adapté au contexte de la vie actuelle en Russie. Le récit implacable et froid traduit bien la déliquescence de ce couple pourtant bien établi dont le mari va tuer l’amant de son épouse. La mythologie du minotaure grec s’associe tout à fait dans ce drame avec ce père chef d’entreprise en proie à ses problèmes professionnels avec le contexte politique toxique de la Russie. Le film restitue bien ces éléments ce qui rend ce film passionnant à visionner.
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 10/11/2026 au Cinéma St Germain des Prés à PARIS)
Bernard CORIC
(Film visionné en projection de presse le 10/11/2026 au Cinéma St Germain des Prés à PARIS)
Un conte sombre et viscéral qui avance dans un dédale de sensations. Minotaure fascine par son univers étrange et sa mise en scène habitée, même si son récit manque parfois de précision.
On m'avait vendu un petit Zviaguintsev. Et c'est probablement vrai. Sauf qu'il faut s'entendre sur ce qu'est un petit Zviaguintsev, l'un des cinéastes contemporains les plus impressionnants et influents. En résumé un petit film d'un artiste de cette envergure serait un film majeur pour beaucoup d'autres. Je reste convaincu que vouloir à tout prix faire un remake du formidable film de Chabrol "La Femme infidèle" était une drôle d'idée, d'autant qu'en tant que cinéaste russe il n'avait d'autre choix que de lier le premier film à un second, forcément actuel. Et là il faut reconnaitre qu'il se heurte à un mur dans le sens où on voit bien qu'il galère à plaquer l'état de la Russie actuelle sur cette histoire d'adultère et de mari assassin somme toute assez basique. Oui mais voilà le gars est un metteur en scène de génie, il pourrait filmer une table basse pendant 2h20 qu'il en tirerait quelque chose. Et donc là une fois de plus on ne peut qu'admirer la maitrise, ces cadrages, ces plans certes moins recherchés qu'à l'habitude mais d'une efficacité et d'une beauté diaboliques. On oublie souvent ce détail mais quand il y a du CINÉMA dans un film c'est tout de suite plus sympa.
Vu en festival
Vu en festival
Son absence aura duré neuf ans et il était temps qu'elle se termine pour tous ceux qui pensent, à juste titre, qu'Andreï Zviaguintsev est le plus grand cinéaste vivant. Obligé de tourner hors de Russie, le réalisateur ne pouvait très certainement pas occulter son thème favori : la société russe, en l'occurrence à travers sa bourgeoisie, au début de l'opération militaire spéciale, selon les termes officiels.
spoiler:
Un monde de cynisme, d'hypocrisie et de corruption, au service d'une violence qui punit les moins privilégiés au sein d'un peuple qui n'en peut mais
. Dans cette version russe de La femme infidèle de Chabrol, infestée par l'air du temps délétère, Zviaguintsev prend tout son temps pour poser le décor et ses personnages, un couple aisé avec adolescent à la maison, en voie de déliquescence. Avec sa mise en scène toujours aussi éblouissante, dont des travellings soyeux, spoiler: le film développe progressivement sa critique de la politique des dirigeants de Moscou, alors même que l'action, symboliquement, s'emballe vers le sordide
. Zviaguintsev ne nous lâchera plus et ses protagonistes encore moins, collaborateurs à leur "modeste" niveau d'un régime replié sur ses propres mensonges et certitudes. Ce n'est pas le plus grand film du cinéaste, sans doute, mais son haut niveau reste à une altitude telle que bien peu de ses confrères ont une chance d'atteindre un jour. Comme dit-on le GOAT en russe ?
. Dans cette version russe de La femme infidèle de Chabrol, infestée par l'air du temps délétère, Zviaguintsev prend tout son temps pour poser le décor et ses personnages, un couple aisé avec adolescent à la maison, en voie de déliquescence. Avec sa mise en scène toujours aussi éblouissante, dont des travellings soyeux, spoiler: le film développe progressivement sa critique de la politique des dirigeants de Moscou, alors même que l'action, symboliquement, s'emballe vers le sordide
. Zviaguintsev ne nous lâchera plus et ses protagonistes encore moins, collaborateurs à leur "modeste" niveau d'un régime replié sur ses propres mensonges et certitudes. Ce n'est pas le plus grand film du cinéaste, sans doute, mais son haut niveau reste à une altitude telle que bien peu de ses confrères ont une chance d'atteindre un jour. Comme dit-on le GOAT en russe ?
J’ai vu ce film en avant-première au MK2 Bibliothèque à Paris, le jour de l’annonce du palmarès du Festival de Cannes. En sortant de la salle, j’ai appris qu’il venait de recevoir le Grand Prix. Cette récompense ne m’a pas surpris.
Minotaure est un film important, car c’est l’un des premiers grands films de fiction en langue russe consacrés à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Il garde la trace d’une époque et témoigne d’une réalité qui marquera l’histoire.
Mais sa force ne dépend pas seulement de son sujet. Même sans le contexte de la guerre, le film reste passionnant grâce à une deuxième intrigue construite comme un thriller tendu et captivant.
Comme souvent chez Zviaguintsev, les acteurs jouent avec beaucoup de retenue. Ils ne cherchent pas à montrer des émotions spectaculaires : ils semblent simplement vivre devant la caméra. Cette sobriété rend les personnages très vrais.
Enfin, la photographie est remarquable. Chaque plan paraît soigneusement composé et contribue à l’atmosphère du film.
Un film à la fois nécessaire, fort et profondément cinématographique.
Minotaure est un film important, car c’est l’un des premiers grands films de fiction en langue russe consacrés à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Il garde la trace d’une époque et témoigne d’une réalité qui marquera l’histoire.
Mais sa force ne dépend pas seulement de son sujet. Même sans le contexte de la guerre, le film reste passionnant grâce à une deuxième intrigue construite comme un thriller tendu et captivant.
Comme souvent chez Zviaguintsev, les acteurs jouent avec beaucoup de retenue. Ils ne cherchent pas à montrer des émotions spectaculaires : ils semblent simplement vivre devant la caméra. Cette sobriété rend les personnages très vrais.
Enfin, la photographie est remarquable. Chaque plan paraît soigneusement composé et contribue à l’atmosphère du film.
Un film à la fois nécessaire, fort et profondément cinématographique.
On peut être partagé sur ce film entre un scénario qui n’apporte finalement rien de plus que ceux de Chabrol mais mise en scène dans la Russie d’aujourd’hui. Forcément interpellant.
Film vu au Festival de Cannes
Film vu au Festival de Cannes
Le meilleur film de Zviaguintsev qui, sans aucun doute, restera dans l'histoire du cinéma comme l'un des rares films (unique ?) montrant l'ambiance en Russie actuelle sans romantisme propre à la vision de ce pays. Et aucun espoir à la fin. Effrayant.
Dommage, qu'il sorte que le 14 octobre. Il est trop important pour être vu ! Les Films du Losange, il ne pourra pas sortir plus tôt ?
Vu à Luxour à Paris dans le cadre de la reprise des films séléctionnés à Cannes.
Merci Luxour, merci les Films du Losange.
Dommage, qu'il sorte que le 14 octobre. Il est trop important pour être vu ! Les Films du Losange, il ne pourra pas sortir plus tôt ?
Vu à Luxour à Paris dans le cadre de la reprise des films séléctionnés à Cannes.
Merci Luxour, merci les Films du Losange.
Vu au festival de Cannes 2026.
Le film est une adaptation d'une réalisation de Claude Chabrol que je n'ai pas vu. Pas besoin ici de le comparer donc avec l'original.
Le réalisateur fait preuve d'une mise en scène impeccable avec une photographie très belle et un casting irréprochable.
Mais encore une fois, pour cette sélection cannoise 2026, on se retrouve avec un scénario qui tire trop en longueurs ses arcs narratifs, celui de l'adultère en l'occurrence. Vues et revues, certaines scènes ne brillent pas par leur originalité et poussent parfois l'ennui à poindre. Dommage car l'inclusion de cette histoire dans le contexte actuel du conflit russo-ukrainien est la force majeure émotionnelle du scénario. Présents par touches subtiles puis de plus en plus prégnants, la guerre et les avantages des puissants confèrent la résonnance politique au film pour l'élever au rang de cinéma engagé.
À voir.
Le film est une adaptation d'une réalisation de Claude Chabrol que je n'ai pas vu. Pas besoin ici de le comparer donc avec l'original.
Le réalisateur fait preuve d'une mise en scène impeccable avec une photographie très belle et un casting irréprochable.
Mais encore une fois, pour cette sélection cannoise 2026, on se retrouve avec un scénario qui tire trop en longueurs ses arcs narratifs, celui de l'adultère en l'occurrence. Vues et revues, certaines scènes ne brillent pas par leur originalité et poussent parfois l'ennui à poindre. Dommage car l'inclusion de cette histoire dans le contexte actuel du conflit russo-ukrainien est la force majeure émotionnelle du scénario. Présents par touches subtiles puis de plus en plus prégnants, la guerre et les avantages des puissants confèrent la résonnance politique au film pour l'élever au rang de cinéma engagé.
À voir.
Bon… y a deux idée majeures qui ensemble forme une bonne base dramaturgie MAIS les deux sont pas assez développé… je sens vraiment un manque de chaque côté on nous développe l’aspect de l’homme qui découvre que sa femme le trompe mais en 30min l’affaire est réglé ??? Surtout vu l’intrigue qui durée longtemps nan mais franchement s’est pas du tout équilibré… Puis le cadre spatio-temporel de la guerre Russie-Ukraine qui disparaît enfaite au bon d’un moment… c’est vraiment dommage le film veut nous en dire beaucoup mais finalement ne dit quasiment rien.
Un film parfait pour comprendre comment fonctionne le népotisme, la connivence entre élites politiques et économiques et comment s'organise la tragédie des pauvres gens sacrifiés sur l'autel de la guerre.
Zviaguintsev ne fait pas que reprendre la trame de La femme infidèle de Chabrol. Il la transpose dans une Russie patriarcale et corrompue où les notables russes ne risquent pas grand chose alors que la mobilisation bat son plein car la guerre en Ukraine exige de la chair fraîche.
Très bien mis en scène, ce film dévoile la monstruosité des hommes qui se croient au dessus des lois et qui ont perdu leur boussole morale.
Très bien mis en scène, ce film dévoile la monstruosité des hommes qui se croient au dessus des lois et qui ont perdu leur boussole morale.
Salle comble pour ce film en avant première, les allusions sont fortes, les héros se sont bien échappés du dédale et inondent de leur arrogance le monde des oubliés.
Grand prix du Festival De Cannes 2026, Minotaure est une réussite. Andreï Zviaguintsev a, semble-t-il, repris de manière très fidèle le déroulé d’un film de Claude Chabrol sorti en 1969, La Femme infidèle. Le Russe a transféré le film du Paris des années soixante à la Russie profonde de 2022 au moment du lancement de l’« Opération Spéciale » de Vladimir Vladimirovitch. En bon chef d’entreprise couillu et sans vergogne, Gleb n’entend pas que la réussite de la famille fondée avec sa femme Galina (dont l’activité principale semble être de se pomponner) succombe à l’infidélité de Madame. S’est-il convaincu qu’il pourra compter sur la docilité de son épouse et des autorités corrompues ?, il prend le destin familial en mains.
Vu en AVP, le film est très élégant, bon portrait de la bourgeoisie russe. Le propos politique aurait mérité plus de développement pour emballer totalement.
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