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0,5
Publiée le 19 avril 2026
Consternant, d'un ennui pathétique, série de scénettes insensées, la structure narrative est trop dispersée. Prises d'images bâclées par trop d'obscurité, de noirceur et de poussière. Des longueurs interminables devant des scènes figées de fumeroles, fouilles, souterrains, d'écoliers démotivés… Les Napolitains sont présentés comme des dépressifs, résignés à subir leur routine misérable et les caprices du volcan. Dans un sombre sous-sol de musée une conservatrice s'extase devant des montagnes de sculptures stockée en vrac! Evidement l'image est sabotée par des contre-jours à la lampe torche. Dommage Naples est si belle sous le soleil.
Avec Pompei, Sotto le Nuvole, Gianfranco Rosi nous plonge dans une méditation à la fois intemporelle et brûlante sur la vie sous la menace du Vésuve. Dès les premières images — un ciel chargé de nuages traversé par une musique ample et mystérieuse — le spectateur est placé dans un espace suspendu, entre l’ombre de l’Antiquité et l’incandescence du présent.
Le film tisse une fresque où se répondent vestiges archéologiques et gestes quotidiens, statues figées et visages animés. Dans une réserve de musée, les corps pétrifiés de Pompéi dialoguent silencieusement avec les appels d’urgence des pompiers, qui, dans leur centre de commandement, affrontent les menaces bien réelles des incendies, des secousses et des fumerolles. Rosi capte ainsi cette tension entre la permanence du danger et la vitalité obstinée d’une région : trains bondés, gares agitées, écoles en activité, marchés bruissants. La vie bat son plein, malgré l’ombre du volcan.
La beauté du film tient à ce mélange de noir et blanc ciselé, parfois embrasé par la lumière, qui donne à chaque plan une densité picturale. On y voit se croiser archéologues, commerçants, artistes et marins en partance pour Odessa, rappelant que les tragédies ne se limitent pas aux secousses telluriques, mais touchent aussi les peuples emportés par les guerres. Le film fait de Naples et de Pompéi un miroir du monde : une terre d’angoisse et de beauté, où la fragilité humaine se confronte à des forces plus grandes qu’elle.
Il y a chez Rosi une manière unique de relier le temps long de l’histoire à l’actualité la plus brûlante, de montrer comment les catastrophes anciennes continuent d’habiter les gestes d’aujourd’hui. C’est une œuvre exigeante, poétique et profondément humaine.
Conclusion J’ai été profondément touché par ce film, que je recommande. Son universalité, sa force visuelle et sa résonance contemporaine en font une œuvre précieuse, qui pourrait d’ailleurs être prolongée par un travail de réflexion et de médiation.
On est face à un documentaire très déconstruit, fait d’images fragmentées, de récits qui se croisent sans vraiment se rejoindre. C’est un style que j’ai toujours du mal à assimiler, même quand on en comprend les intentions.
Le film demande beaucoup au spectateur, et ce n’est pas un reproche en soi. Le message est clair : établir un lien constant entre la tragédie de Pompéi, la vie actuelle au pied du volcan et les menaces contemporaines, qu’elles soient naturelles ou humaines. Le passé n’est jamais vraiment passé, il continue de peser sur le présent.
Plusieurs histoires s’entremêlent : le quotidien des pompiers face aux alertes et aux secousses sismiques, un policier luttant contre les fouilles clandestines, une archéologue tentant de reconstituer le passé à partir de fragments, et même deux ouvriers syriens embarqués sur un cargo à destination de l’Ukraine, sous la menace de la guerre. Beaucoup d’images, beaucoup de pistes, parfois au risque de la dispersion.
Le choix du noir et blanc vise clairement à éviter les clichés touristiques sur Naples et ses environs. L’intention est compréhensible, mais, à mon sens, le résultat manque de beauté visuelle. Le noir et blanc peut être sublime au cinéma ; ici, il m’a semblé plutôt terne — sans doute aussi à cause des conditions de projection dans un vieux cinéma de quartier.
Le film joue volontairement avec une certaine ambiguïté entre fiction et réel, ce qui peut intriguer mais aussi désorienter. Cela dit, il a le mérite de ne pas prendre le spectateur par la main et d’éviter les chemins balisés.
On sent chez Gianfranco Pannone la volonté de proposer un regard original sur un sujet mille fois traité par le cinéma, l’histoire et l’archéologie. C’est un pari risqué, et tout ne fonctionne pas à mes yeux. Là où le grand cinéma italien savait allier exigence et beauté, ce film me semble parfois trop austère.
Beaucoup de spectateurs ont pourtant été conquis. Je reste donc avec un doute : est-ce le film qui est volontairement sombre, ou mon expérience a-t-elle été plombée par la salle elle-même ? Quoi qu’il en soit, ça a valu le coup
C'est lent, ça part dans tous les sens, les scènes se répètent sans vraiment aboutir, je n'ai pas été embarquée par ce documentaire même si les images étaient parfois magnifiques.
Cette pérégrination hétéroclite est une sorte d'anti "NOSTALGIA". Au lieu d'une fiction bien construite, ancrée dans le réel en couleurs, avec la mafia omniprésente, on se promène ici sur une période de deux mille ans, à l'ombre du Vésuve, fantôme menaçant, mais on n'a plus vraiment peur. Le film est collage impressionniste, avec quelques vues spectaculaires en noir et blanc, mais aussi beaucoup de dégradé de gris et de vues en souterrain. Un semblant de fil conducteur,spoiler: le centre d'appel d'urgence des pompiers, relie des mini-portraits sans lien: des archéologues asiatiques, des marins ukrainiens déchargeant du blé, un procureur, un libraire accueillant des collégiens etc Comme les statues rangées sans queue ni tête, dont on ne sait plus leur origine ni leur datation ! Naples, cité antique, colonisée par tout le monde -sauf les anglais!- est foisonnante, incontrôlable, paradoxale. Au final, celui qui connait un peu Naples sera satisfait de retrouver quelques-unes des images attachées à cette ville-ogre. Pour ceux qui ne la connaissent, on peut douter que cette création nébuleuse donne envie de la découvrir, et c'est dommage Cinéma - décembre 25
il m'a été difficile de mettre des mots sur ce que je ressentais en sortant de la séance. J'ai été envoûté durant sa projection, mais je savais qu'il faudrait un certain temps de décantation avant de poser les bons mots sur des mon ressenti. C'est un film en noir et blanc qui filme lentement avant tout l'ombre et la lumière. C'est surtout un film extrêmement tendre ou à côté de forces mortifères colossales comme la menace d'éruption du Vésuve ou l'évocation de la guerre en Ukraine, il y a des hommes pour prendre soin de la vie ( celle de tous les jours) des autres : l'équipe de pompiers qui répond aux appels des habitants dont l'efficacité n'a d'égale que leur profonde humanité, ce vieux monsieur cultivé qui aide aux devoirs d'enfants de toutes conditions, lui aussi modèle d'efficacité et d'humanité, enfin les personnes qui s'occupent de fouiller restaurer et conserver les vestiges archéologiques de Pompéï et de Naples, eux aussi profondément humais même s'ils s'occupent des vestiges de vies et de temps passées. L'image est en parfaite adéquation avec le fond du film, une lenteur, de longs plans des allers retours, du noir et du blanc, des pleins et des vides, tout cela pour servir cet hymne à la vie qui est le fil conducteur sous jacent et que je trouve parfaitement mis en scène. Un très grand film sinon un chef d'oeuvre.
Superbe chronique poétique dans la baie de Naples qui tire des fils entre présent et passé avec de superbes images qui évitent le coté cliché grâce au noir et blanc. Toute l'agitation qui règne dans cette ville survoltée et bruyante et les hordes de touristes sont gommées et un grand calme se dégage grâce aussi à une prise de vue et un montage qui prennent leur temps sans que ça se transforme en longueur. Même le QG des pompiers semble apaisant et on ne peut que ressentir de l'empathie pour tous les personnages simples et impliqués dans leurs activités. Très beau film avec de magnifiques prises de vue à voir impérativement sur grand écran.
Gianfranco Rosi, fameux documentariste, a déjà remporté de belles distinctions dans différents festivals. Il est reparti de la Mostra de Venise où il était sélectionné pour le Lion d’Or avec le prix spécial du jury
Le film débute sur la citation de Cocteau « Le Vésuve produit tous les nuages du monde », suit un superbe plan séquence en noir et en blanc d’un cheval qui marche dans la mer, de l’eau jusqu’au poitrail. Il tire derrière lui une charrette sur laquelle un homme le guide. La temporalité se dilue dans la colorimétrie, variante de gris le plus clair au plus foncé, tels les cendres d’un volcan dont la présence nous renvoie 2000 ans en arrière.
Le réalisateur filme des tranches de vie du quotidien de ceux qui vivent ou travaillent à Naples. Où que l’on soit dans la ville napolitaine, on aperçoit le Vésuve, et plus loin derrière lui on sait la présence d’Herculanum et de Pompéi. Les frontières du temps sont alors rebattues. Les vestiges romains sous terre sont si nombreux, des galeries entières ont contribué à faciliter le travail des pilleurs dans cette région. Une équipe d’archéologues japonais continue le travail trop onéreux pour les Italiens aujourd’hui dans les citées où la vie fût figée en l’an 79. Les travailleurs syriens dans le port acheminent en quelques jours le blé d’Ukraine. Ils écoutent la radio, certains de leurs compatriotes viennent d’être tués dans des frappes russes à Odessa. Un vieil homme reçoit dans sa librairie après sa fermeture, les enfants pour l’aide aux devoirs. Fragments de vie, qui viennent projetés les spectateurs dans nos années contemporaines.
Le film est d’une grande beauté. Faut-il pour autant connaître la ville de Naples pour ressentir toute la puissance émotionnelle qui se dégage des superbes plans séquences ? L’image nous transporte aussi dans l’univers de Salgado. Cette ville italienne sous le Vésuve est telle un cœur qui bat inlassablement à travers son histoire avec une grande force de vie et le film de Gianfranco Rosi, lui fait honneur.
L’approche de ce qui sera une « ambiance » autour de Naples, du Vésuve et des nuages donc.. est esthétique et souvent poétique. Bel objet cinématographique mais qui vire assez vite à l’ennui, des scènes trop répétitives étirent inutilement le film (pompiers, cargo, lampe torche insiruteyr
Autant le dire tout de suite, ce film dégage un ennui abyssal, c’est de loin le plus mauvais que j’aie vu depuis longtemps.
Le triste noir et blanc couleur grisaille, aggravé souvent par un parti pris de rétrécissement de l’image, filmée à travers des fenêtres et des cadres divers, ne fait rien pour arranger les choses.
4 ou 5 thèmes, les nuages, les pilleurs de tombes, les pompiers, le vieux libraire, les marins syriens, découpés en tranches et revenant ad nauseam au long du film, l’alternance de longues scènes muettes qui gagneraient à être expliquées, et d’interminables séances bavardes ressassant ce que le spectateur a déjà compris depuis longtemps, tout transpire la prétention.
La fin faussement poétique, des nuages de sable sous-marin répondant symétriquement aux nuages du ciel, censée évoquer la sédimentation du temps, est d’une banalité à pleurer. Au moins est-elle une délivrance à l’issue de ce pensum inutile.
Cocteau disait que le Vésuve est la fabrique de tous les nuages du Monde. Et ce vieux volcan en activité, ou les nuages qu’il enfante, est dans quasiment tous les plans de ce documentaire en noir et blanc extrêmement léché. Il raconte la vie de ses habitants, de ses archéologues, de ses pilleurs de tombes et de cette étrange faculté qu’on les humains de continuer à vivre en dessous d’une menace qui a transformé certains d’entre eux en tas de cendres il y a quelques siècles.
Un documentaire au noir et blanc subtil, une baie de Naples, Pompei, le Vésuve, le plus souvent sous la pluie, après un faible tremblement de terre, dans des lieux « improbables » : les caves d’un musée de Naples, un tunnel inondé, une salle publique d’entraide, un cargot ukrainien au personnel Syrien dans un coin de port, un central téléphonique d’urgence des pompiers et autant de personnages qui occupent ces lieux (une directrice de musée, un préfet, un instituteur à la retraite, un marin syrien, des pompiers). Le documentaire est exigeant, le spectateur doit se laisser embarquer par les images comme un marcheur sur un sentier de montagne brumeux mais le chemin en vaut la peine ; c’est un film choral sans points de jonction. C’est intriguant, parfois déroutant, on est très loin de la carte postale, des guides touristiques. Les amoureux de Naples et de poésie filmée sont comblés.
J'ai vu ce film dans le cadre de la semaine du cinéma italien à Valence, en présence de réalisateur... mais quel ennui ! C'est la toute première fois de ma vie que je rédige un avis négatif sur un film, mais impossible de ne pas le faire. Un certain nombre de spectateurs se sont endormis (notamment mes 2 voisins), il ne se passe strictement rien, c'est d'un ennui profond. Arriver à filmer pendant de longues minutes un train vide, une personne qui s'extasie devant des oeuvres (le plus souvent dans l'obscurité), ou encore un silo à grains qui est vidé petit à petit (et on aura droit à la scène jusqu'au bout), c'est proprement incroyable. Heureusement qu'il y a de temps en temps quelques scènes un peu drôles dans le centre d'appel des pompiers, mais c'est vraiment le seul moment digne de rouvrir un oeil.