Pour son deuxième film, Une jeunesse indienne - Homebound, Neeraj Ghaywan a voulu explorer les luttes silencieuses de personnes invisibilisées et trop souvent réduites à des statistiques : "Dans ce monde complexe et en souffrance, nous oublions que derrière chaque chiffre se cache un être humain, avec des rêves, des désirs et des liens avec les autres. Ce film parle du lien profond qui unit deux amis d’enfance dont les vies sont façonnées par des forces qui les dépassent. Et de la façon dont ils cherchent à gagner une dignité au sein d’un système qui les néglige perpétuellement."
L’idée de Une jeunesse indienne - Homebound est née d’une histoire que Neeraj Ghaywan a lue : "Ce n’est pas le deuil qu’elle évoquait qui m’a bouleversé, mais l’image de cet homme vivant dans une joie simple, sans se douter de la tempête qui allait bientôt bouleverser son univers. J’ai vu dans cette histoire quelque chose de profondément humain. Au milieu des difficultés et de la lutte, il y a de la beauté, il y a de la joie, il y a de l’amour."
"Homebound explore cette idée. Ce n’est pas seulement une histoire de douleur, c’est une histoire de liens, de l’amour qui perdure malgré les épreuves, et comment deux personnes peuvent encore rire, rêver et s’encourager mutuellement même lorsque le monde qui les entoure menace de les écraser. Tout le film repose sur ces moments sus- pendus, ces regards partagés, ce réconfort tacite, ces lueurs d’espoir dans un paysage impitoyable."
Neeraj Ghaywan a toujours été attiré par les personnages en marge — ceux dont les rêves ne sont ni reconnus ni valorisés par la société. Le metteur en scène ne voulait pas les réduire à leur lutte ou à leur souffrance, mais mettre en lumière leur richesse intérieure : leurs désirs, leurs peurs et leurs contradictions : "Dans Homebound, j’espérais restaurer leur humanité, en montrant à la fois comment ils sont façonnés par leurs conditions matérielles d’existence, et comment ils les transcendent malgré tout."
"'Laissez tout vous arriver : la beauté et la terreur. Continuez à avancer. Aucun sentiment n’est jamais définitif.' Cette citation de Rilke est devenue la direction philosophique du film. Je voulais honorer les épreuves, mais aussi mettre en lumière la beauté, l’amour et la résilience tranquille qu’elles recèlent. L’amitié au cœur de cette histoire n’est pas liée à la pitié, c’est un lien de force, d’expérience partagée, de compréhension tacite."