Fasciné par la jeunesse envoûtée par la nuit et ses vices – un thème qu’il explore depuis son premier long-métrage, Damned Summer – Pedro Cabeleira quitte le capharnaüm de Lisbonne pour brosser le portrait de sa petite ville natale, Entroncamento. Figée dans les années 1990, cette ville abrite des âmes égarées, prêtes à faire valoir leur autorité dans des rues livrées à elles-mêmes, sans règles ni repères. Un film passionnant pour l’ACID, à la croisée du thriller et du drame social.
Le film s’ouvre sur une scène en apparence banale, typique d’un film de gangsters : un deal de drogue est sur le point d’être conclu. Pourtant, cette entrée en matière brute s’inscrit dans une approche hyperréaliste, où la tension sous-jacente éclate rapidement. Entre incompréhension, rage et détresse, la rencontre de deux groupes dégénère et se conclut par un avertissement. Il s’agit du premier domino qui entraînera les autres dans leur chute. Le ton est donné, et de nouveaux personnages viennent progressivement enrichir cette galerie de « perdants », frustrés par leur condition sociale, économique ou leur origine.
La caméra épaule du cinéaste portugais nous plonge dans le quotidien désordonné et violent des rois de la rue. Les dealers gonflent leurs portefeuilles tout en distribuant les miettes à leurs collaborateurs. La cupidité est la première loi qui guide leurs esprits embrumés, tandis que de nombreuses familles doivent composer avec la précarité. Certaines s’angoissent à l’idée de ne pas pouvoir satisfaire les besoins de leurs enfants, d’autres, désabusées, se prélassent au soleil en fumant tout ce qui leur passe sous la main. Ces dernières s’oublient, à l’image d’Entroncamento, ville figée dans le temps et coupée du rythme effréné du monde. Ce lieu confine celles et ceux qui n’ont pas conscience de leur condition ou qui se complaisent dans leurs pactes faustiens, en échange d’une fortune illusoire, voire artificielle.
En réalité, chaque personnage dissimule les symptômes d’une profonde dépression. Le réalisateur définit son film comme le portrait d’une jeunesse prisonnière de la monotonie d’une petite ville. Il s’attarde sur les gestes et les regards pour en extraire une tendresse maladroite, inattendue mais sincère. Les hommes peinent à assumer leurs responsabilités conjugales ou échouent dans leur rôle de père, tandis que les femmes encaissent les coups en silence. Mais l’arrivée de Laura vient perturber cet équilibre. Forte d’un passé trouble, elle n’hésite pas à rendre les coups, au risque de heurter l’ego des nombreux mâles alpha autoproclamés qu’elle croise. Sa force est sa féminité, sa raison d’avancer, sa soif de liberté. Malgré l’ambiguïté qu’elle cultive, dans l’ombre des autres personnages, son interprète Ana Vilaça lui insuffle une authenticité rafraîchissante.
Entroncamento réunit une multitude de profils dans un microcosme imprégné de tension et de violence. Le film emprunte les codes du polar et du thriller pour dépeindre l’univers de la rue et des gangsters. La nuit éveille les instincts et révèle les vices, car la rue reste la seule ressource pour ceux qui rêvent d’une vie meilleure. Telle est la triste réalité de cette banlieue désolée, où la trahison devient un outil précieux pour précipiter sa chute ou accélérer son ascension. Encore faut-il rester lucide jusqu’au bout – et Pedro Cabeleira choisit de confier cette vertu aux femmes de cette fresque, aussi brutale que fascinante.
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Entrocamento est un film portugais racontant l’histoire de Laura, qui atterrit dans un quartier dominé par le traffic de drogue. Tout n’est que violence, et on ne retient pas grand chose du film malgré quelques jolis plans. Le scénario est beaucoup trop brouillon.
Des dealers se livrent un combat à couteaux tirés dans une petite ville portugaise livrée aux trafics. L’arrivée de la cousine de l’un d’eux, Laura (Ana Vilaça), rebat les cartes.
Entroncamento est une ville de vingt mille habitants située dans le centre du Portugal à une centaine de kilomètres au nord de Lisbonne. Le parti d’extrême droite Chega (« ça suffit ») vient d’y remporter les municipales. Le réalisateur Pedro Cabeleira y a grandi.
Projeté dans une section parallèle à Cannes en 2025, ce premier film a mis un an à se frayer un chemin jusqu’en France où il est sorti la semaine dernière dans quelques rares salles parisiennes et de province.
"Entroncamento" est un film noctambule, poisseux. C’est un polar qui louche du côté du cinéma de genre français ou américain et qui joue avec les archétypes du film noir. Son héroïne féminine et féministe pourrait être un personnage de western, qui débarque en ville par le train…. et en repartira de la même façon après y avoir semé le chaos. C’est aussi un film politique qui évoque la stigmatisation dont sont victimes les Roms au Portugal.
Mais hélas, malgré ses bonnes intentions, "Entroncamento" souffre de l’absence criante d’un scénario solide. Pendant plus de deux heures, le film s’émiette sans qu’on en saisisse le sens. Il faut regarder la bande-annonce pour le comprendre.
Mêlant polar efficace et drame social sans concessions, ce petit film indépendant portugais est une bonne surprise et véhicule une image glaçante de la cruauté des relations humaines.
Le film gangsta português: avec ses scènes de rues et mafia, sur fond de province désabusée.
Admirable jeu de la une certaine violence et lourdeur émane quand même du tout,dès le début.
Encore cette doxa néo -féministe qui veut que tous les hommes du film ontologiquement" toxiques" doivent quoi en plus: alors que le copain de la protagoniste la met en garde d'éviter un braquage trop risqué par le duo des actrices le vole ,saccage son logement en toute impunité ,sans problè ça les fait rire en fuyant,et une fin décevante.
Pas évident de saisir les dialogues quand on veut pratiquer son portugais ,malgré le pas mal d'argot jurons,et les acteurs parlent vite.