Put your soul on your hand and walk est un film essentiel dans le contexte actuel. Compte-rendu des échanges entre la réalisatrice et Fatma Hassona, malheureusement décédée peu de temps après, juste après l'annonce de la sélection du film au festival de Cannes, le film est porté par cette jeune photographe, sourire aux lèvres quand elle parle de bombardement, et par son travail, ponctuations si fortes à cette relation qui se noue et se maintient sous nos yeux. L'objet filmique n'est pas tellement criticable en soi. Entièrement composé de séquences filmées au smartphone, retraçant essentiellement des discussions en visio, souffrant des conditions difficiles de connexion dans cette ville bombardée, il est compliqué de garder le contact avec cet ailleurs qui pourrait être le nôtre. La réalisatrice fait tout elle-même, comme si elle nous demandait aussi de faire l'effort de rester en contact avec ces populations civiles tristement sacrifiées. Les enjeux géopolitiques échappent certainement à beaucoup, dont moi, mais il est important de faire vivre ce film pour ce qu'il est : un témoignage essentiel, émouvant mais dur de que qui se passe à Gaza, dans une indifférence internationale préoccupante.
Sans parler de la qualité du film, il y a quand même une question grave : jusqu'où accepte-t-on de mettre en danger la vie de son sujet pour faire un film ? Un an de conversations, d'échanges de photos et vidéos, entre la réalisatrice et cette magnifique photographe, Fatma Hassona, qui ont de toute évidence été écoutées par les israéliens; et le jour où la réalisatrice annonce à Fatma que le film est sélectionné pour le festival de Cannes (ce qui n'est pas vrai car le film a été projeté par l'ACID à Cannes, ce qui n'a rien à voir avec le festival officiel) eh bien ce même jour Israël envoie un missile et tue toute la famille Fatma. Je vous laisse y réfléchir...
Une jeune femme photographie le quotidien désespéré de son territoire, Gaza. Elle irradie l'image avant l'insupportable. Un film documentaire bouleversant.
PUT YOUR SOUL ON YOUR HAND AND WALK - Sepideh Farsi | ⭐ 8/10
Construit autour des échanges vidéo entre la réalisatrice et la photojournaliste palestinienne Fatma Hassona, ce documentaire a pour vocation de capter de l’intérieur la vie à Gaza, au plus près de la peur, de la résistance et du combat pour la vie.
Son dispositif, d’une grande simplicité (la réalisatrice filme avec un autre téléphone ses conversations en visio avec la jeune photographe) en fait à la fois la force et la limite. Cette économie de moyens met en avant la puissance des visages et des voix, mais engendre aussi une certaine monotonie : malgré l’insertion de photos, de vidéos tournées sur place et d’extraits de journaux télévisés, l’ensemble finit par se répéter et aurait sans doute gagné à être plus concis. Néanmoins, la démarche, d’une grande sobriété, et qui refuse la démonstration pour privilégier la pudeur et l’écoute, reste à saluer.
Ce qui frappe avant tout, c’est la présence lumineuse de Fatma : son regard ferme, son sourire inébranlable, même lorsqu’elle annonce qu’une bombe vient d’exploser à quelques mètres de là, ou qu'elle confie ne pas avoir mangé de poulet, de chips ou de chocolat depuis plus d'un an.
La réalisatrice, observatrice à distance, et tributaire d'une connexion internet fluctuante, ne cherche pas à combler cette absence, laissant le spectateur éprouver, lui aussi, cette frustration de ne pouvoir qu’accompagner et écouter, sans agir.
Ainsi, chaque conversation devient un acte de résistance. Le réseau instable, les écrans qui se figent, les appels qui se coupent traduisent l'isolement de Fatma, la distance entre les deux femmes, ainsi que l'impuissance du regard extérieur.
La mort tragique de Fatma, survenue peu avant la présentation du film au Festival de Cannes, et seulement deux jours après leur dernière conversation durant laquelle la réalisatrice lui apprend la sélection du film, confère à l’ensemble une charge émotionnelle supplémentaire.
L’œuvre, inachevée par la force des événements, en dit autant sur l’impuissance du cinéma face à la mort que sur sa nécessité. La parole de Fatma dépasse alors le témoignage pour devenir testament.
A la fois intime et universel, ce documentaire est bouleversant. Il nous plonge dans la réalité du quotidien des civils durant la guerre. La photographe Fatma Hassona crève l'écran, jusqu'à que son sourire s'estompe en même temps que ses espoirs.
Déçue par ce documentaire qui n'apprend pas grand chose. spoiler: Beaucoup de moments d'attente des connexions, et beaucoup de répétitions sur des "bonjour, super de vous revoir"...etc... était-il utile de les garder tous au montage ? Et finalement peu de photos de cette photographe, on aurait aimé en voir beaucoup plus, et aussi en apprendre davantage sur ses conditions de vie à Gaza. Au final, elle a payé très (trop ?) cher la diffusion de ce documentaire, de mon avis, pas abouti.
Trois étoiles pour l'horreur et l'absurdité de cette guerre, et pour le récit de Fatem Hassona. Pour le reste, c'est tourné n'importe comment, avec un téléphone qui bouge et zoome parfois jusqu'au tournis, sans la moindre scénarisation ou mise en contexte. Par ailleurs, la réalisatrice a parfois des propos choquants, lorsqu'elle parle de ses voyages en avion, ou du fait qu'elle est allée à la mer… J'ai trouvé ça particulièrement indécent.
La plus grande partie de ce film, présent à Cannes 2025 dans la sélection ACID, est dévolue à la représentation d'échanges téléphoniques en visio entre la réalisatrice iranienne Sepideh Farsi et la photographe gazaouie Fatem Hassona. Au départ, Sepideh Farsi souhaitait se rendre à Gaza mais cela s'est révélé impossible. C'est en utilisant ces échanges en visio auxquels viennent ce rajouter quelques images en provenance de la télévision qu'elle arrive à documenter l'épouvantable drame que connaissent depuis 2 ans Gaza et sa population. C'est éprouvant par ce que ça montre du niveau que peut atteindre la barbarie humaine. C'est très fatigant à regarder du fait de la qualité technique des échanges qui, on pouvait s'en douter, est loin d'être parfaite. Et c'est important car la lumineuse Fatma Hassona nous raconte et nous montre de l'intérieur ce que sont les conditions de vie des gazaouis depuis 2 ans. Il y a 6 mois, le 16 avril 2025, la barbarie lui a pris sa vie et son merveilleux sourire.
D’une simplicité désarmante, Put Your Soul on Your Hand and Walk est un documentaire absolument saisissant. Il se compose uniquement des appels vidéos entre la réalisatrice et Fatma, jeune photojournaliste palestinienne coincée à Gaza, ponctués de ses propres images du quotidien. À travers ce dispositif minimaliste, c’est à la fois l’horreur vécue par la population et sa résilience face à la destruction et la mort qui se révèlent, incarnées par cette jeune femme de 24 ans au sourire XXL qui (sur)vit au milieu des bombardements incessants, des massacres et de la famine. Le tout agrémenté par la propre expérience de la réalisatrice, Iranienne qui a fui le régime des Mollahs, une option que n’a pas Fatma victime d’un massacre qui tue autant les vies que l’avenir et les espoirs de ce peuple.
Cette correspondance sur un an documente la lente progression de l’épuisement - une voix qui s’affaiblit, un corps rongé par la faim - jusqu’à l’assassinat de Fatma et de sa famille sous les bombes israéliennes, quelques jours avant la projection du film à Cannes. C’est autant le témoignage d’un génocide que le portrait de cette jeune Palestinienne, devenu à travers sa mort son testament et une forme d’écho d’un peuple entier qui semble voué à connaître le même sort.
La fragilité d’une existence que le procédé même du documentaire permet de nous faire ressentir, ce procédé devenant langage. Appels pixelisés, qui bégaient, qui coupent sans cesse à cause d’un réseau internet balbutiant et qui traduit la précarité d’une existence suspendue à un fil : à tout moment la connexion - et donc la vie - peut s’éteindre. Un procédé rudimentaire imposé par la réalité, seule façon d’atteindre Gaza aujourd’hui et qui témoigne de l’inaccessibilité de ce territoire.
Mais ce geste est surtout un acte de résistance : documenter la réalité quotidienne d’un génocide. Donner de l’humanité à des gens qu’on veut déshumaniser. Inscrire à tout jamais un visage et une voix à une population qu’on cherche à effacer. Fatma, son sourire et son regard, méritent d’hanter nos consciences, un regard qui nous oblige à ne pas détourner le nôtre.
En donnant à voir de l’intérieur l’enfermement et la destruction systématique subis par la population gazaouie, l’œuvre de Sepideh Farsi dépasse le simple témoignage. Elle devient un film-tombeau, hanté par la mort tragique de Fatima au printemps 2025, quelques jours avant la présentation du documentaire à Cannes. Cette disparition transforme le film en mémoire vive, en acte de résistance posthume.
Put your soul in your hand and walk... dans quelle poesie pouvait nous conduire ce film ? j'ai été aspiré par le sourire radieux d'une jeune femme retraçant sa vie dans les horreurs de la guerre à une personne qui pourrait être vous.