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Jean Marc Pasquet
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4,5
Publiée le 1 février 2026
Un documentaire émouvant et drôle sur la disparition et les récits de famille reconstitués façon puzzle, avec une part de vérité cachée. Entre Paris et Le Caire, une belle histoire d'ascension sociale dans les filets de l'intime
Un film intime aux accents de thriller documentaire Dans La Vie après Siham, Namir Abdel Messeeh poursuit son travail autobiographique initié dans La Vierge, les Coptes et moi, en plongeant dans l’histoire de sa propre famille égyptienne, marquée par l’exil, la religion copte et les silences du passé. À la suite du décès de sa mère, Siham, et alors que la santé de son père décline, le réalisateur entame une enquête personnelle. Le film mêle entretiens intimes, archives familiales, et images de son premier tournage en Égypte. Il en résulte un récit sensible et douloureux, construit avec la tension d’un thriller familial.
Une démarche documentaire exigeante Le film se distingue par sa mise en forme hybride, alternant images contemporaines et archives anciennes, pour questionner les blessures du passé. Le récit, parfois labyrinthique, interroge les zones d’ombre d’une mémoire familiale brisée, en particulier les tensions autour de la mère, Siham, figure à la fois absente et omniprésente. Ce dispositif, s’il est cinématographiquement intéressant, peut paraître ardu pour un public non familier avec ce type de cinéma documentaire d’auteur.
Une portée émotionnelle nuancée Si certains spectateurs peuvent être profondément touchés par cette quête d’identité et de vérité, d’autres pourront rester à distance, en raison de l’aspect très personnel du récit et de sa complexité narrative. L’émotion vient surtout de la sincérité du réalisateur, mais elle ne se traduit pas toujours par une identification immédiate ou universelle.
Une œuvre plus confidentielle que fédératrice En dépit de ses qualités esthétiques et de son honnêteté, La Vie après Siham semble davantage destiné à un public de cinéphiles avertis.
Conclusion personnelle Si La Vie après Siham mérite le respect pour sa démarche personnelle et sa rigueur formelle, je ne recommanderais pas.. Il me semble que d’autres films, tout aussi ambitieux sur le fond mais plus accessibles émotionnellement, pourraient mieux susciter la discussion, l’identification et la mobilisation du public. Cette œuvre, bien que précieuse dans un circuit ACID ou en salle d’art et essai engagée, trouverait difficilement sa place.
Deuxième fois que je vois ce film (que j'avais vu en avant-première en octobre) et je suis encore plus enthousiaste ; la démarche de filmer sans cesse tout le temps sans savoir quelle histoire sera racontée en terme de scénario, l'amour du réalisateur pour tous les protagonistes (et pour lui-même, son personnage !), l'investigation autour du deuil - avec poésie, humour et une dose juste de provocation, la passion du Cinéma... IL FAUT VOIR CE FILM, il aide à vivre !
Un film intime et touchant qui nous parle de l'absence, des liens qui nous unissent les uns aux autres et qui nous construisent. Une merveille d'humanité, d'humour, de gravité et de légèreté.
Une film très touchant, à la fois très personnel et universel. Il touche au coeur de l'intime en explorant le lien avec les parents, le temps qui passe, la mort.
Un très beau film documentaire. Subtile, tendre, émouvant et drole, La vie après Siham nous entraîne dans une enquête intime sur la disparition et le sens de la vie d'une manière plus générale. À travers les souvenirs, le cinéma égyptien et les liens familiaux, le film dévoile un visage d'une Égypte que l’on a pas l'habitude de voir.
Avec une grande pudeur et beaucoup de poésie et d’humour, le réalisateur nous partage son récit familial à partir du décès de sa mère, événement qui sera l’occasion pour lui de se rapprocher de son père et de tenter, ensemble, de retracer leur(s) histoire(s).
Un film puissant qui nous transperce d’émotions sans toutefois nous accabler : le réalisateur parvient à traiter de sujets graves (maladie, deuil, vieillesse, décès) avec un parfait et subtil recul poétique et cinématographique.
À partir de scènes de films et de musiques égyptiennes, Namir Abdel Messeeh nous berce et nous accompagne dans sa quête – endeuillée – pour rendre hommage à ses parents et les faire vivre à travers son œuvre : objectif réussi.
C’est une ode à la vie dont on ressort chamboulé, tant elle nous traverse de toutes parts.
Namir Abdel Messeeh réalise une œuvre magistrale et salutaire qui mérite un immense succès. À voir et à revoir !
Vu en avant-première à l'Institut du monde arabe en présence du réalisateur et de l'équipe du film. Après la mort de sa mère Siham, le réalisateur la fait revivre à l'écran via ses archives filmées et enquête sur ses origines et l'histoire de ses parents, de leur rencontre et de leur exil en France, sur ses premières années à lui passées loin d'eux... Un film très personnel qui met en scène la famille de ce "filmeur compulsif" à différentes époques, et illustre par des images de films de Youssef Chahine et des cartons de dialogues imités du cinéma muet le passé reconstitué de ses parents - sur un mode distancié et romanesque presque malicieux. C'est souvent touchant, parfois très drôle aussi, et ce télescopage d'images des disparus à différentes époques amène à une réflexion sur le deuil, la mémoire, les pouvoirs du cinéma... Cependant l'ensemble laisse une impression de projet inabouti, on suit en même temps le film en train de se faire sans trop savoir où il va, avec des passages inégaux qui peinent à soutenir l'intérêt du spectateur, un peu comme si on lui montrait des rushes avant montage... Au final je ressors de cette projection avec des impressions mitigées : film émouvant, nostalgique, mais très autocentré et assez foutraque. On passe cependant un bon moment en partageant cette histoire familiale intime.
Quel film délicieux, plein d'émotions, de rires et d'amour ! On en vient à se dire que tous les enfants devraient suivre cette si précieuse démarche de filmer ses parents, ses proches tendrement aimés avant qu'ils ne disparaissent ? Un grand bravo et un enorme merci au réalisateur pour le bonheur de cette séance, j'en suis sortie bouleversée mais le sourire aux lèvres ...
Un film intime et familial, sans histoire aucune, si ce n’est celle de raconter le temps qui passe après la disparition de Siham, la maman. Comment cette famille fait et continue à vivre avec le vide laissé par son absence.
Un ami m’a dit un jour que pour réaliser un bon film, il fallait une bonne histoire. Je ne le crois pas, mais alors pas du tout. Des films excellents se trouvent dans l’art de filmer et de dire quelque chose par la force des images et des interprétations remarquables, « Perfect Days » de Wim Wenders par exemple.
Le réalisateur dans la simplicité à se filmer et à filmer les siens après Siham trouve une matière qui touche tout un chacun sur les questions de devoir se séparer et de deuil. Son film de son intimité familiale tend à l’universel, et c’est là toute sa beauté. Nous sommes dans le film en Egypte, mais d’où que l’on vienne, nous nous trouvons confrontés aux mêmes problématiques humaines.
J’ai repensé en sortant de la salle à d’autres films. « Des figues en Avril » film documentaire de Nadir Dendoune qui à l’inverse abordait le quotidien de sa maman octogénaire dans son petit appartement de L’île Saint-Denis. Son époux Mohand ayant dû du fait de sa maladie d’Alzheimer être placé dans une maison médicalisée. Comment remplir le vide laissé par son absence quand elle s’occupait de lui en tant qu’aidant ? Le film porté par le regard d’un fils aimant, avec tout l’héritage culturel des souvenirs partagés. Ou encore le très émouvant « Carré 35 » d’Éric Caravaca sur le poids des non-dits autour d’une sœur trop tôt disparue mais surtout jamais nommée ; déni de la réalité et quand l’histoire familiale rejoint celle de la grande histoire de la décolonisation.
Tous ces films mélange d’archives familiales et d’instants présents partagent en commun d’être bouleversant d’humanité.
Film amusant, émouvant que je recommande fortement. Une recherche dans laquelle on se retrouve tous, celle de la famille, la disparition, la transmission. Je pensais voir un documentaire. J' ai vu un vrai film. Je pensais voir de la tristesse. J' ai vu une belle émotion, certes, mais surtout des sourires dans mon cœur. Je pensais voir une histoire de famille. C'est vrai mais aussi une belle réflexion sur nos propres sentiments. Et cerise sur le gâteau. Le réalisateur était là avec un discours tellement proche que je pensais voir mon frère gentiment expliquer ses démarches. A voir absolument.
J'ai beaucoup aimé ce documentaire. Ce documentaire, ou bien cette fiction ? Il s'agit bien d'un documentaire, tissé des traces et des captations de toute une vie familiale. Mais il s'agit aussi d'une fiction, la fiction que l'on est au final contraint de se forger lorsqu'on part à la recherche de la vérité d'un être et que seuls subsistent des éléments partiels, fragmentaires, souvent subjectifs et contradictoires. Ce beau film, sensible et délicat, drôle - on rit souvent - fait le constat que nous pouvons tous faire : que la vérité des êtres ne se laisse jamais totalement saisir... combien même on l'enregistrerait avec une caméra, combien même il serait encore en vie, présent à nos côtés. Le travail d’enquête du réalisateur, parti d’enregistrements et de souvenirs factuels, aboutit au final à une fiction, une de celles que nous sommes tous contraints de nous forger pour nous approcher des autres, même les plus proches, même ceux que nous aimons le plus. Et de cette fiction naît une part de vérité nouvelle, fragile, mais précieuse : non pas une vérité objective, dont on s’empare et qu’on possède, mais subjective et aimante, celle du cœur lucide et bienveillant. spoiler: Namir part d’abord à la recherche de sa mère, mais au final c’est tout autant la vie de son père vivant, celle de sa famille et sa vie propre qu’il éclairera. Parti enquêter sur une morte, il reconstruit des relations avec les vivants . C’est ce qui fait de ce film une œuvre profondément joyeuse : la vie. C'est pour moi une des grandes et belles leçons de ce film, qui oscille entre la France et l'Egypte, entre deux mondes si éloignés, mais qui se rejoignent dans l'histoire personnelle, dans les sentiments et dans l'enquête du réalisateur. Ce film m’a rappelé un autre très bon documentaire qui est pareillement la recherche d’un parent défunt, My Architect, de Nathanael Kahn.