Le Gâteau du Président
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Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mars 2026
Le réalisateur Hasan Hadi place le cinéma irakien sur la carte mondiale du septième art, avec éclat. Pour un premier long métrage, « Le Gâteau du président » est très maîtrisé, aussi bien esthétiquement que scénaristiquement. Certes, les péripéties, nombreuses et surprenantes, peuvent sembler très (trop) écrites. En même temps, elles paraissent réalistes dans cet Irak des années 1990, complètement détruit par Saddam Hussein, qui spolie son peuple en se gavant, et par les Américains qui bombardent le pays sans se préoccuper de tuer et d’estropier des civils.

« Le Gâteau du président » est donc une sorte de quête initiatique qui va mal tourner, la vie pour des enfants dans ce pays et à cette période étant particulièrement terrible… La petite Lamia et son ami Saeed vont se confronter à la dure réalité de leur pays et de sa société patriarcale et corrompue. La majorité des adultes qu’ils vont croiser vont chercher à les voler, les tromper, les exploiter… voire pire encore. Heureusement que de temps en temps ils vont rencontrer des personnes bonnes, mais elles paraissent bien rares, dans un Irak du chacun pour soi et de la débrouille.

A ce titre, « Le Gâteau du président » est à la fois une fable, un conte social, à l’image du cinéma d’Abbas Kiarostami ou des débuts de Jafar Panahi. Mais il a aussi un ton humoristique corrosif, qui dénonce les pires travers et vices des êtres humains (surtout les hommes), sans trop en montrer mais en étant assez éloquent, ce qui peut rappeler certains aspects de l’art d’un Saeed Roustaee. Néanmoins si ce dernier peut parfois être qualifié de quasi misanthrope, Hasan Hadi conserve une part d’espoir et se range plutôt du côté des humanistes, mais des humanistes pessimistes et qui ont la rage de vivre dans un pays détruit par les puissants, qu’ils soient locaux ou étrangers.

Car le fil conducteur de ce long métrage reste cette demande de confectionner un gâteau pour Saddam Hussein, dont beaucoup de portraits bien kitsch sont souvent à l’écran, alors que le pays et ses habitants sont dans la misère, signe de son omniprésence et de sa mainmise sur le pays, les corps et les esprits. En témoignent les nombreuses séquences où la foule, d’élèves ou de passants dans la rue, scande le nom de Saddam en le couvrant de louanges. Or cette quête autour de ce gâteau et de ses précieux ingrédients paraît bien dérisoire et ironique, tandis que le dictateur vit dans l’ultra luxe, le sourire aux lèvres (voir le dernier plan, saisissant).

Au total, au-delà de ce scénario bien ficelé, qui dit beaucoup de l’Irak des années 1990, ce qui frappe aussi dans ce long métrage ce sont ces images incroyables de cette région du monde, sublimées par la magnifique photographie de Tudor Vladimir Panduru. Je pense notamment à cette zone des marais de Mésopotamie, où des Irakiens vivent dans des maisons flottantes ou sur pilotis, sur l’eau et au milieu des roseaux. Il y a des passages à tomber par terre de barques conduites le jour, sous un soleil éclatant, ou la nuit, éclairées par des lanternes lumineuses, dans une obscurité d’un bleu profond.

Un autre aspect qui m’a positivement surpris, c’est la grande liberté de ton du cinéaste, parfois vraiment osée, dans un pays qui reste musulman et plutôt traditionnel semble-t-il, même si la conception de l’Islam semble y être moins rigide que dans d’autres pays du Moyen Orient. Il y a des séquences surréalistes, drôles et assez sordides, je pense à celle du boutiquier et à celle du cinéma, qui marchent sur des terres inconnues dans le cinéma iranien, si l’on se réfère à un type cinéma relativement proche culturellement et géographiquement.

Dans tous les cas, « Le Gâteau du président » est une grande et belle réussite. Sa Caméra d’Or et son Prix du Public de la Quinzaine des Cinéastes à Cannes semblent tout à fait mérités, tant c’est un long métrage qui allie ambition visuelle et narrative, audace de ton, maîtrise de bout en bout, et récit fort et touchant. Je ne peux que vous inciter à aller le découvrir en salle si ce n’est pas déjà fait, le meilleur endroit pour le regarder, afin de profiter de ses très belles prises de vues, dans un format façon Cinémascope, aux couleurs resplendissantes. Vous pourrez également profiter de sa bande son chaleureuse et de sa musique, où l’oud est très présent, renvoyant à des millénaires de civilisation passée, conférant à ce long métrage une grande profondeur et un côté foncièrement attachant.
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 188 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mars 2026
ce film irakien, sans doute le premier que je vois, est à la fois un enchantement par son côté fable initiatique de 2 jeunes enfants, une présentation sans concession de la dictature de Saddam Hussein : pauvreté, restrictions, embrigadement, guerre, corruption, culte de la personnalité; machisme et aussi un régal pour les yeux, notamment les scènes tournées sur les rivières et dans la cité lacustre.
Par sa quête des ingrédients rares du fait de la guerre et sous un régie totalitaire, il rappelle "une enfance allemande", même si la tonalité est bien déférente, par la résilience et l'opiniâtreté de la jeune fille il rappelle le film d'animation iranien "Persépolis"
rvrichou
rvrichou

118 abonnés 584 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2026
Dépaysement garanti. Autre temps autres mœurs et un message politique clair contre toute forme d oppression.
Rideau sur l'Écran
Rideau sur l'Écran

102 abonnés 221 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 février 2026
Dans le flot des drames politiques, "Le Gâteau du Président" émerge comme une fable initiatique à la fois tendre et lucide. En suivant Lamia, petite héroïne intrépide portée par l’éblouissante Baneen Ahmad Nayyef, et son complice Saeed, le film transpose avec poésie les absurdités d’un pouvoir oppressant sans jamais se vautrer dans le misérabilisme. Par une mise en scène naturaliste et des visages plongés dans la poussière autant que dans l’espoir, Hasan Hadi capte la folie d’un régime tout en laissant poindre l’énergie, la malice et la chaleur propre à l’enfance confrontée à l’injustifiable. Une chronique sensible où la quête d’un gâteau devient celle d’une liberté farouche et bouleversante.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 896 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 janvier 2026
Connaissez-vous des films irakiens? moi, pas. Iraniens, bien sûr, mais pas irakiens. Pour découvrir, filmé à hauteur d'enfant, ce qu'était la vie dans les zones déshéritées des marais dans les années 90 sous Saddam Hussein, allez voir LE GATEAU DU PRESIDENT. Ce n'est pas une comédie, mais une fable poétique issue de souvenirs réels du réalisateur. Le prix de la caméra d'or à Cannes est justement mérité.
Cela vous changera des grosses productions américaines, et en plus c'est bien joué par des non professionnels. La poésie n'exclut pas la politique ni l'universalité.
Nourri de ses souvenirs d'enfance le film de Hadi est facile à suivre, dynamique comme la course contre la montre pour réaliser le fameux gâteau, mais illustre au passage une foule de détails bien observés. spoiler: Les matins, on fait ânonner en classe des slogans à la gloire d'Hussein, alors que la population crève de faim sous les actions. Tandis que Lamia, portant son coq fétiche dans ses bras- symbole prophétique en Irak paraît-il-, les avions de chasse passent en vrombissant dans le ciel et remplacent les rêves
. Malgré son contexte dramatique, on ressort revigoré par la lueur d'espoir qui continue de luire dans toute dictature.
AP AFCAE - cinéma - janvier 2026
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 635 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2026
Une belle quête initiatique dans les ruelles irakiennes, pays où les films sont rares. La mise en scène est superbe, haute en couleurs et inspirée de scènes typiques. L'omniprésence du dictateur est un peu pénible
VILLE.G
VILLE.G

77 abonnés 805 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2026
Un petit film « charmant » par sa vision enfantine du monde. Mais ce qu’il montre est à la fois sordide et pathétique car ce que la petite ne voit pas nous est montré avec rudesse. L’image qui nous est présentée de l’Irak et des irakiens est très triste.
sylounette
sylounette

59 abonnés 243 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 février 2026
l'Irak des années 90 sous le terrible régime de S Hussein vu par les yeux d'une fillette est bouleversant.
la pauvreté extrême du peuple irakien est bien montré mais sans pathos, la religion laissant toujours une porte d'espoir et d'acceptation passive.
Le parcours de cette jeune Samia et de son ami dans cette ville grouillant de dangers reste un périple poétique, qui aborde tout ce que la vie peut apporter de pire et de meilleur
La grand mère, épuisée et malade qui se résoud dans la douleur à trouver une issue pour sa petite fille, qui ne comprend pas ce que sa Bibi est en train de faire, est douloureux à voir mais évidemment chargé d'amour.
ce film est une petite pétite !! et cette jeune fille de 9 ans joue avec une justesse remarquable !
Antoine
Antoine

46 abonnés 77 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 mars 2026
C’est presque une version contemporaine du « Justine ou les infortune de la vertu » et donc une fable politique et humaniste, qui emporte par sa légèreté et nous fait atterrir avec fracas lorsqu’elle nous rappelle la réalité funeste qu’elle illustre. Très touchant et d’une excellente maîtrise cinématographique. À voir!
khesanh76
khesanh76

36 abonnés 345 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 février 2026
La recherche d'ingrédients pour composer un gateau pour le président Sadam Hussein, est le prétexte pour plonger une petite fille dans la société Irakienne sous dictature.
Elle se heurte aux comportements des adultes, soumis à l'embargo. C'est le royaume du système D pour tout le monde. Manière de montrer que l'embargo frappe surtout les couches populaires.
C'est une autre manière de montrer le fonctionnement d'une dictature, à la hauteur des yeux d'une petite fille de 9 ans. Les scènes filmées dans l'hôpital dénué de tout est simplement sidérant.
Dahrar
Dahrar

33 abonnés 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2026
Les quelques longueurs n'entament pas la puissance de ce récit. À travers sa seule mise en scène, le réalisateur nous fait découvrir la société irakienne, sa hiérarchie et son organisation.
SYLVIE B.
SYLVIE B.

31 abonnés 220 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 février 2026
un vrai petit bijou. une violente critique de l'époque de s'Adam Hussein, de la pauvreté, de la corruption. et une jolie paire de gamins qui luttent. très beau
Auré
Auré

31 abonnés 95 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 février 2026
le pitch du film était un peu déroutant. On se demandait ce que la réalisatrice allait réussir à sortir comme histoire. Le résultat, un film émouvant, avec une gamine absolument magnifique. On est touchée par ce qu'elle va vivre tout au long de cette journée. Une belle réussite !
DestroyGunner
DestroyGunner

27 abonnés 922 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 février 2026
Atmosphère très étrange et fort bien retracé d'un pays exotique en voie de développement et autoritaire mais en 1990, avec le contexte de la première guerre du golfe. Une histoire forte, avec un scénario haletant. On est conquis par la grande humanité qui se dégage, parfois aussi la cruauté de ce
schemaman
schemaman

24 abonnés 289 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mars 2026
bien sûr il n'y a pas vraiment d'histoire mais va-t-on voir ces films sociétaux vraiment pour cela ? photo extraordinaire, visage de bibi improbable, reconstitution plus vraie que nature de ces sociétés arabes bordéliques, nerveuses, pauvres, exploitées absolument exceptionnelle. Il faut y aller ne serait-ce que pour la beauté des images.
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