D'une idée pleine d'originalité et bien maîtrisée, c'est un film de contexte et de sous-texte, social, national et politique. La force de ce tout premier métrage est de l'avoir filmé à hauteur d'enfant, ouvrant un large spectre de thématiques, cruelles et universelles.
C'est dans un cadre idyllique et biblique, aujourd'hui menacé, que l'on embarque sur la rivière d'un Styx allégorique et magnifié, pour une balade initiatique dans les rues tourmentées, méandres labyrinthiques de l'humanité, où la moindre rencontre permet d'entrevoir le vice et la malice, dans une fable d'Alice au pays des adultes. Métaphore des embûches à traverser, où chacun des ingrédients à trouver, façon RPG, porte en lui une charge symbolique de vie, de résistance, de résilience, par opposition à ce régime de pression et d'oppression sans dignité.
Dans la promesse d'une nouvelle vie illusoire, ou dans ce lieu où s'est déjà produit l'histoire, qui invoque, et évoque la Mésopotamie millénaire et sa mémoire, que le gâteau du président dépeint, finalement, le récit doux-amer d'un horizon sans avenir. C'est dans cette fracture, entre comédie, tragédie et empathie, que l'on empêche ses yeux de cligner, pour ne jamais oublier !
D'un autre côté, on pourrait trouver la trame prévisible, presque scolaire, reprenant les recettes de ce genre de film codifié et édulcoré pour l'international. On nous présente de plus la population dans la misère et la pauvreté, souffrant de famine et d'un manque sanitaire, mais ce que l'on perçoit dans le film est différent. Dans l'ensemble, le film reste sobre, un peu sage, ne permettant pas d'imprégner sa rétine, et d'être bouleversant d'émotion.