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takeshi29
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2,5
Publiée le 20 juillet 2025
Depuis Cannes, et tout de même l'obtention de la Caméra d'or, toute la communication autour du film tourne autour du fait qu'il est Irakien. Oubliant ainsi de préciser qu'une partie du financement et de la production vient des USA. Et cela se sent très fort, on sent bien l'intention de créer un film qu'il sera de mauvais ton de critiquer, de par son sujet bien entendu mais aussi par son traitement qui fait sans arrêt penser à Abbas Kiarostami. Mais un Kiarostami très propre, lissé, n'oubliant pas de faire quelques plans très léchés et de servir une chute censée sidérer le spectateur. Mention spéciale au coq, de loin le meilleur acteur du film. Probablement un cousin de celui de 'Cry Macho".
Pour savoir si êtes plutôt dans le camp de ceux qui ont du cœur ou dans celui des vilains comme moi, rendez-vous dans les salles à partir du 4 février 2026.
L'Irak de 1990, avec son culte insensé et obligatoire à Sadam Hussein, a tout d'un pays qui pourrait se nommer l'Absurdistan. Pour son premier long métrage, Hasan Hadi a choisi pour personnage principal une petite écolière, accompagnée de son coq apprivoisé, en quête d'ingrédients pour confectionner un gâteau à l'occasion de l'anniversaire du dictateur. Une chronique à hauteur d'enfant qui va du delta du Tigre et de l'Euphrate à la grande ville de Bassora et qui permet de dresser un portrait à la fois effrayant et pittoresque d'un régime en sursis, où les fastes qui entourent le chef de l'’État contrastent avec le manque des biens élémentaires de sa population. Le film s'inscrit dans les pas de Kiarostami et un peu du néo-réalisme italien pour ce conte illuminé par le beau visage d'une fillette qui a appris à se battre et à éviter les dangers qui l'entourent. Mais The President's Cake, qui a obtenu la Caméra d'or en 2025, montre aussi un sens de l'image évident dans sa réalisation et une certaine maîtrise pour ne pas tomber dans l'émotion facile, la caricature ou la naïveté. S'il y règne une paradoxale douceur, due à sa protagoniste principale et à l'élégance du trait dans la mise en scène, les scènes les plus marquantes sont celles de l'embrigadement forcené des foules et, notamment, des enfants.
Dans les marais mythiques du sud de l’Irak, littéralement le jardin d’Eden, vit Lamia, 9 ans, élevée par sa grand-mère Bibi, inséparable de son coq Hindi qu’elle trimbale partout. Chaque année, l’anniversaire de Saddam Hussein doit être célébré dans toutes les écoles du pays. Et cette fois, c’est Lamia qui est tirée au sort pour apporter le gâteau. Une tâche qu’elle n’a pas les moyens de réaliser. Au fil de son odyssée, elle va croiser des figures touchantes, inquiétantes et tragiques. Elle est accompagnée du jeune Saeed, avec qui elle échange des duels de regards, un pacte de vigilance, répété comme un jeu, vigilance également symbolisée par ce fichu coq. Décor somptueux, mise en scène classique et efficace pour un récit initiatique doux-amer, à hauteur d’enfant, qui critique avec poésie l’absurdité d’une dictature. Hasan Hadi signe un premier long bien ficelé. On attend la suite avec impatience. Coq d’Or amplement mérité pour Hindi.
Une pépite rare : à travers les yeux d’une enfant, le film dévoile toute la tendresse et l’amertume de la vie sous le régime de Saddam Hussein. Poétique, lucide et bouleversant.
Vu au festival de Cannes 2025. The président's cake est de ces films qu'on va voir par hasard et devant lequel on se trouve subjugué en un instant. L'histoire est touchante et suivre cette petite irakienne tirée au sort pour préparer un gâteau à Saddam Hussein nous plonge dans un Irak très divisé entre les gens de la ville et les paysans, mais aussi entre les adultes et les enfants. chaque monde semble déconnecté de l'autre et les personnages évoluent comme cela dans ce décor aux goûts de guerre de castes. L'image est magnifique, jusqu'aux plans nocturnes sur l'eau, le casting est excellent dans tous les rôles. La débrouillardise des 2 enfants à qui malheureusement il arrive autant de tuiles qu'il était possible d'imaginer, ne cesse d'impressionner. On découvre cet Irak à travers leurs regards, l'école, les commerçants, la police, etc. La dernière scène est hallucinante d'intelligence et nous ramène immédiatement à une réalité qu'il ne fallait pas oublier. À découvrir absolument.
[MAJ post palmarès Cannes : Caméra d'or et Choix du public Quinzaine des cinéastes]
Milieu des années 90. L'anniversaire de Saddam Hussein approche ainsi qu'un tirage au sort déterminant quel élève de chaque école d'Irak aura l'obligation d'apporter divers cadeaux. Et cette fois-ci, ça tombe sur deux jeunes enfants qui devront faire un gâteau. Mais pour faire ce gâteau, il faut des ingrédients, ingrédients pas faciles à trouver, surtout lorsque l'on est issu d'une famille qui lutte déjà pour sa survie. Bon voilà, avec ce long synopsis, je crois avoir résumé l'absurdité du propos du film : des gamins qui courent le pays pour aller chercher divers ingrédients ou même un gâteau tout prêt pour un leader idéalisé dans un contexte très pauvre. D'autant plus que ces deux enfants sont complètement livrés à eux-mêmes et y laisseront derrière eux une certaine insouciance. Et en même temps, c'est cette insouciance et cette découverte du monde qui entoure les personnages qui permet au film ne pas tomber dans le pathos en permanence. Alors certes, nous ne sommes pas une comédie, le sujet est grave et important mais le réalisateur, Hasan Hadi, raconte cette histoire avec des yeux d'enfants, tout d'abord car c'est inspiré de ses propres souvenirs mais également car les personnages principaux sont des enfants, tout simplement. Néanmoins, avec des yeux d'adulte, il est quelques-fois souvent difficile de regarder la misère qui entoure ces deux gamins à travers ce road trip rempli de dangers qui nous montre avant tout un pays meurtrit. Concernant les acteurs, c'est à travers un casting sauvage que le réalisateur va trouver ses deux têtes d'affiche et les deux enfants parviennent à rendre le tout très crédible car ils sont avant tout authentiques. "The President's Cake" nous présente alors un drame quelques-fois touchant et quelques-fois drôle qui aurait pu tomber dans la comédie satyrique si ça n'avait pas été inspiré de faits réels.