L’idée du scénario remonte aux souvenirs d’enfance de Hasan Hadi, en Irak, sous le régime de Saddam Hussein. Chaque année, son instituteur entrait en classe avec un bol et demandait à ses élèves d’y mettre leurs noms. Il en tirait ensuite un au sort : l’élève choisi devait préparer le gâteau d’anniversaire du Président. Le cinéaste se rappelle : "D’autres élèves étaient ensuite désignés pour s’occuper des fruits, des décorations, des produits d’entretien, des fleurs…"
"Une année, c’est moi qui ai été désigné pour apporter les fleurs. Je crois que j’ai encore quelque part dans ma bibliothèque une photo de moi tenant le bouquet, et je me souviens du soulagement de ma famille : je n’avais que les fleurs à trouver. Bien entendu, à l’époque, à force de sanctions, la corruption était devenue omniprésente. Il suffisait de rendre un service à l’enseignant – réparer son vélo, lui couper les cheveux – pour échapper au tirage au sort. Et alors, on survivait."
Tourner intégralement en Irak des scènes se déroulant dans les années 1990 a nécessité un travail de reconstitution méticuleux. Chaque "détail visuel et sonore a été étudié avec soin", permettant de recréer fidèlement l'époque. Cela a impliqué non seulement de restaurer certains lieux mais aussi d'en créer de nouveaux pour restituer l'authenticité visuelle de l'Irak de cette période.
Le cinéaste Hasan Hadi raconte : "Nous avons testé aussi bien la pellicule que le numérique en conditions réelles pour trouver laque le numérique en conditions réelles pour trouver la palette de couleurs idéale. Pour réduire les coûts du tournage et de la direction artistique, nous avons aussi dû construire certains décors, comme le supermarché, à partir de photos et d’archives de l’époque."
Hasan Hadi et son équipe ont passé des mois à chercher deux enfants capables de porter ce film sur leurs épaules. Par ailleurs, le réalisateur tenait absolument à confier ces rôles à des enfants qui ne s’étaient jamais retrouvés devant une caméra, et qui n’avaient pas suivi de formation. "Mais dès le départ, mon intention était claire : je ne cherchais pas des acteurs professionnels. Je voulais trouver les personnages, tels qu’ils sont dans la vie, et je souhaitais simplement les filmer tels quels."
"Quand mon directeur de la photo s’est rendu en Irak pour la première fois, nous avons fait des repérages et il en a profité pour découvrir le pays. On a trouvé un café qui lui a plu, il a commencé à prendre des photos, et tout à coup, Sajad (qui joue Saeed) est apparu dans le champ. Il avait l’air fatigué, épuisé, mais curieux – et il nous observait du coin de l’œil. Je lui ai demandé s’il voulait jouer dans un film ; il n’a pas bien compris, ce qui est idéal quand on cherche des enfants"
"Pour trouver Lamia (interprétée par Baneen), les choses se sont passées très différemment. Il est très difficile de trouver des filles ou des femmes qui acceptent d’être filmées. Socialement, ce n’est pas encore bien accepté, surtout dans les quartiers les plus modestes. À deux semaines du tournage, nous n’avions toujours pas trouvé. Puis un matin, un assistant de production m’a envoyé une vidéo d’une minute, dans laquelle une fille se présentait. J’ai su immédiatement que c’était elle."