Des Fleurs pour Tokyo
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402 abonnés 557 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 juillet 2026
Des silences foudroyants, des personnes seules et des villes presque désertes. On s'engage et se marie car on fait ainsi, mais ça ne mène pas à quelque chose d'éternel. Les personnages du film semblent hanter des lieux où les êtres passent en voiture et ils ne font que traverser ces lieux sans jamais poser le pied.

Le réalisateur filme la perspective de manière très précise, avec des lignes de fuite parfaites à deux points, à trois points. Sublimant ainsi le métier du père, architecte.

Il y a un art du vide, de l'équilibre et de la maîtrise des silences. Rien n'est jamais fait au hasard et même la peine semble ne jamais trop déborder des cadres imposés par les codes sociaux japonais passés au surligneur par le réalisateur.

Un père absent qui laissera uniquement des réalisations architecturales à ses enfants. Le film se ferme sur la contemplation d'une réalisation du père par le fils. Ces deux hommes qui ne se parleront pas, qui n'échangeront aucun mot. Alors que la soeur du protagoniste demande des explications. Elle ne supporte pas les silences, elle n'aime pas les tensions et situations de conflits. Cependant, le fils acceptera de reconnaitre les regrets du père seulement après avoir vu une preuve tangible : ses larmes et un homme éfondré.

Cette approche donne au film une puissance émotionnelle peu commune. Rien n'est souligné, rien n'est démonstratif. Chaque déplacement, chaque arrêt, chaque regard semble prolonger un dialogue qui n'a jamais pu avoir lieu. Les personnages évoluent dans une ville immense qui paraît continuer d'exister sans eux, comme si leur souffrance n'avait aucun poids face au mouvement permanent de Tokyo.

L'architecture occupe alors une fonction symbolique fascinante. Le père sait organiser l'espace public, imaginer des lieux destinés à accueillir les autres, mais demeure incapable de bâtir un foyer où ses propres enfants pourraient trouver leur place. Cette contradiction irrigue discrètement tout le récit et donne une profondeur supplémentaire aux bâtiments qui jalonnent le parcours de Ren.

Le pardon, enfin, refuse toute facilité. Il ne naît ni d'un long discours, ni d'une réconciliation spectaculaire. Il apparaît lorsque les émotions cessent enfin d'être dissimulées derrière les conventions sociales. Les larmes deviennent alors plus éloquentes que les mots, offrant au film une conclusion d'une grande sobriété. Des Fleurs pour Tokyo s'impose ainsi comme une œuvre contemplative, exigeante et profondément humaine, où les silences racontent souvent bien davantage que les dialogues.
miketbrijou
miketbrijou

2 abonnés 136 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 mars 2026
Je ne sais pas si j’aurais du mettre 2 ou 5 étoiles… je me suis ennuyé du début à la fin. Cette histoire tellement japonaise dans laquelle les membres de la famille ne communiquent pas avec nos codes. On se parle mal, on ne se parle pas en fait. Le père travaille beaucoup, la mère est déprimée, les enfants se retrouvent seuls et 10 ans et demi plus tard recroisent leur père… il faut adhérer aux partis pris du réalisateur, faute de quoi le film nous échappe. C’était mon cas.
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