Ce film est présenté en hors-compétition au Festival de Cannes 2026.
Marquant le grand retour de Nicolas Winding Refn au cinéma dix ans après The Neon Demon, Her Private Hell est né d'une expérience traumatisante. Victime d'une grave insuffisance cardiaque, le cinéaste a frôlé la mort. « J'ai eu l'idée de ce projet lorsque je suis mort et que j'ai été ramené à la vie », explique-t-il. Ce choc lui a insufflé un besoin vital et urgent d'aborder la création sous un jour totalement neuf.
C'est grâce à sa plus jeune fille que le réalisateur a découvert Charles Melton. En lui montrant la série pour adolescents Riverdale, elle a attiré son attention sur l'acteur, particulièrement convaincant dans une saison se déroulant dans les années 1950. Ce choix atypique pour un film d'auteur s'est révélé être une évidence pour Refn, qui a vu en lui l'interprète idéal du soldat K.
Pour dénicher l'actrice capable d'incarner le rôle complexe d'Elle, les directrices de casting ont visionné des milliers de vidéos d'audition à travers le monde. C'est finalement la prestation de Sophie Thatcher qui est immédiatement sortie du lot. Le réalisateur a été séduit par sa capacité à exprimer une colère sous-jacente tout en apportant une vraie touche d'humanité aux scènes les plus surréalistes.
Fidèle à ses habitudes, le réalisateur d'origine danoise a imposé un processus de travail surprenant à ses comédiens. Kristine Froseth s'est ainsi vu livrer le scénario à son domicile avec l'obligation stricte de le lire et de le rendre trois heures plus tard ! Par la suite, le cinéaste a poussé ses acteurs à délaisser le texte pour se fier à leur instinct, modifiant régulièrement le script en cours de tournage chronologique.
L'identité visuelle et sonore du long-métrage s'inspire du souvenir d'enfance de Nicolas Winding Refn zappant manuellement d'une chaîne de télévision à l'autre. Pour traduire cette sensation à l'écran, le compositeur Pino Donaggio a créé une bande originale omniprésente intégrant le bruit de la « neige » télévisuelle. Conçu comme un véritable opéra, le film laisse la musique guider le récit à hauteur de 50 %.
Refusant de tourner dans un cadre trop ancré dans la réalité, l'équipe a entièrement reconstruit l'univers du film en studio. Les plateaux ont été conçus comme des espaces féeriques et surréalistes, habillés de papiers peints stylisés. Ce parti pris immersif se rapproche du travail récent du metteur en scène sur ses installations artistiques, pensées pour être vécues plus que simplement regardées.