Michelangelo Merisi da Caravaggio (1571-1610), dit Caravage en français, natif de Milan, est un artiste italien qui a révolutionné la peinture du XVIIe s. Cela a suscité, depuis sa redécouverte au XXe s, une multitude de livres (près d’une quarantaine), de romans (une dizaine), de vidéos (une dizaine), des téléfilms (au moins 2), des films de fiction [dont le plus récent est « Caravage » (2022) de Michele Placido] et même une bande dessinée (2 tomes, en 2015 et 2018 par Milo Manara). Pourquoi un nième documentaire ? D’une part, parce que les réalisateurs sont à l’origine de la collection « Exhibition on screen » (littéralement, exposition sur écran) et qu’ils la complètent au fil des ans. D’autre part, ce documentaire, se focalise sur les tableaux du peintre, mis en perspective dans sa vie mouvementée [
jamais marié, sans enfant, alternant les maitresses et amants, prompt à la querelle (il tua en 1606, Ranuccio Tommasoni, ce qui lui valut un exil à Naples puis en Sicile), travaillant seul, sans élèves
] qui influença sa peinture. Il est complété par des interviews d’experts et d’historiens de l’art et une représentation du peintre par un acteur, Jack Bannell, sous forme d’un monologue (anglophone). L’avantage du documentaire britannique est de pouvoir apprécier, de son fauteuil et sur grand écran, les œuvres de l’artiste (environ 88), peintes entre 1593 (à 22 ans) et 1610 (année de sa mort, à presque 39 ans), d’autant que les tableaux sont dispersés dans de nombreux lieux : la galerie Borghèse, la chapelle Contarelli de l’église Saint-Louis-des-Français (« Le martyre de Saint Matthieu », « La vocation de Saint Matthieu » et « Saint Matthieu et l’ange »), la chapelle Cerasi de l’église Santa Maria del Popolo (« La conversion de Saint Paul » et « La crucifixion de Saint Pierre ») et la Pinacothèque du Vatican, à Rome, la galerie des Offices à Florence, la National Gallery à Londres, Le Louvre à Paris, le musée Thyssen-Bornemysza à Madrid et la cathédrale Saint-Jean de La Valette (« La décollation de Saint Jean-Baptiste », qui est son plus grand tableau : 3,61 m x 5,20 m) à Malte.
Ironie du sort, on ignore la cause exacte de sa mort (paludisme ?) à Porto Ercole (Toscane), son corps n’ayant jamais été retrouvé.