Raison et sentiments
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CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

124 abonnés 416 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 septembre 2026
Raison et sentiments revient à Jane Austen en rappelant que derrière les histoires d’amour, les promenades dans la campagne anglaise et les conventions sociales se cache une réalité beaucoup plus brutale : pour une femme privée d’indépendance financière, aimer et se marier constituent aussi des questions de survie. Georgia Oakley place cette fragilité économique au cœur de son adaptation et retrouve ainsi toute la modernité du roman.

À la mort de M. Dashwood, son épouse et ses trois filles découvrent la précarité de leur situation. Norland Park revient à John, fils né d’un précédent mariage, tandis qu’Elinor, Marianne et Margaret doivent quitter la demeure familiale avec leur mère. Le confortable domaine laisse place au beaucoup plus modeste Barton Cottage.

Cette perte de statut constitue bien davantage qu’un changement de décor. Elle rappelle immédiatement les limites imposées aux héroïnes. Les sœurs Dashwood peuvent être intelligentes, cultivées et parfaitement conscientes de leur situation : elles restent dépendantes d’un système successoral qui ne leur offre pratiquement aucune autonomie.

Georgia Oakley et la scénariste Diana Reid font de cette contrainte le socle du récit sentimental.

Daisy Edgar-Jones trouve en Elinor Dashwood un personnage particulièrement adapté à son jeu intériorisé. L’aînée observe, comprend et ressent énormément, mais choisit presque toujours de maîtriser ce qu’elle laisse paraître. Son attirance pour Edward Ferrars se construit précisément dans cet espace fait de regards, d’espoirs contenus et de mots que les conventions empêchent de prononcer.

Face à elle, Marianne représente une conception radicalement différente de l’existence. Esmé Creed-Miles lui apporte l’élan nécessaire : elle refuse la prudence sentimentale de sa sœur et revendique au contraire l’intensité des émotions. Pour Marianne, aimer sans passion reviendrait presque à ne pas aimer.

C’est dans cette opposition que le texte d’Austen conserve toute sa force. La raison d’Elinor n’est pas forcément une vertu absolue, pas plus que la sensibilité de Marianne n’est une faiblesse. L’une risque de s’effacer à force de contenir ses émotions ; l’autre peut se blesser en refusant toute forme de retenue.

Caitriona Balfe apporte à Mme Dashwood une présence qui dépasse la traditionnelle figure maternelle. Elle incarne une femme qui doit elle-même apprendre à vivre après la disparition de son mari et la perte de la sécurité matérielle qui accompagnait son mariage. Sa situation fait ainsi écho à celle de ses filles : derrière les préoccupations sentimentales demeure constamment la nécessité très concrète de trouver sa place dans un monde organisé par les hommes.

La mise en scène de Georgia Oakley évite de transformer l’Angleterre d’époque en simple succession de tableaux élégants. Norland Park et Barton Cottage matérialisent deux réalités sociales radicalement différentes. Les intérieurs, les vêtements et les paysages accompagnent le déclassement des Dashwood sans faire disparaître la beauté caractéristique du récit.

Cette nouvelle adaptation doit évidemment composer avec l’ombre des nombreuses versions précédentes. L’histoire est connue et certains spectateurs anticiperont nécessairement ses grandes étapes. L’enjeu n’est donc pas de réinventer artificiellement Jane Austen, mais de déterminer ce que son texte peut encore raconter aujourd’hui.

La réponse apparaît dans le rapport entre sentiments et indépendance. Derrière chaque relation amoureuse se trouvent des questions de classe, d’argent, de réputation et de liberté. Les héroïnes peuvent choisir celui qu’elles aiment, mais seulement à l’intérieur d’un système qui limite considérablement la portée de ce choix.

Le film trouve ainsi un équilibre intéressant entre respect du matériau littéraire et sensibilité contemporaine. Quelques passages semblent davantage souligner des enjeux que le texte original laissait apparaître plus indirectement, mais l’ensemble conserve la finesse nécessaire à cette histoire où un silence peut avoir autant de conséquences qu’une déclaration.

Surtout, Raison et sentiments ne cherche pas à déterminer laquelle des deux sœurs possède la bonne manière d’aimer. Leur parcours montre plutôt qu’il faut probablement apprendre quelque chose de l’autre : permettre à la raison de laisser entrer le sentiment et à la passion d’accepter parfois la réalité.

Élégante sans être figée, cette nouvelle adaptation de Raison et sentiments retrouve la dimension sociale derrière la romance de Jane Austen. Georgia Oakley rappelle que les élans amoureux des sœurs Dashwood sont indissociables de leur précarité et d’un monde où l’indépendance féminine demeure étroitement limitée. Daisy Edgar-Jones convainc particulièrement dans la retenue d’Elinor, tandis qu’Esmé Creed-Miles apporte à Marianne toute l’intensité nécessaire. Une adaptation sensible et actuelle qui comprend que, chez Austen, les battements du cœur ont toujours quelque chose à dire de la société qui tente de les contrôler.
Pierre842
Pierre842

44 abonnés 509 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 septembre 2026
Je n’ai jamais lu les livres de Jane Austen.
J’ai trouvé l'histoire un peu longue. Sur Les histoires d’amour dans la campagne anglaise du 19ème siècle.
J’ai trouvé les actrices convaincantes.
Emmanuel Valle
Emmanuel Valle

8 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 septembre 2026
On retrouve l’univers d’Austen, la campagne anglaise est somptueuse, les acteurs sont parfaits. Un excellent moment d’évasion
Direct-actu.fr

403 abonnés 559 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 septembre 2026
Avec Raison et sentiments, Georgia Oakley revient au roman de Jane Austen sans chercher à faire disparaître ce qui appartient à son époque. Daisy Edgar-Jones, Esmé Creed-Miles, George MacKay et Herbert Nordrum évoluent dans un monde où aimer n'est jamais seulement une affaire privée. Le sentiment se confronte au rang, à la parole donnée, à l'honneur, parfois simplement au regard des autres. Et deux siècles plus tard, cette mécanique reste assez familière.

Raison et sentiments montrent la dureté d'une société où les codes, l'image et la raison l'emportent bien souvent sur le désir et la passion. On peut aimer, mais le devoir nous dictera de prendre un autre chemin. Le film utilise l'attente, l'état d'incertitude comme moteur dramatique.

Cette inertie n'est pourtant jamais vide : elle devient l'espace où les émotions contenues prennent du poids, jusqu'à rendre un silence presque plus violent qu'une déclaration. Georgia Oakley adapte ainsi le roman de Jane Austen sans le figer dans son statut de classique. Daisy Edgar-Jones et George MacKay donnent à Elinor et Edward cette retenue presque douloureuse, tandis qu'Esmé Creed-Miles oppose à cette discipline la fougue de Marianne. La raison protège, le sentiment expose, et chacun finit par payer le prix de ce qu'il tait.

On aime voir le regard de Marianne changer lorsqu'elle découvre le colonel Brandon sous un autre jour. Celui qu'elle jugeait trop sage révèle une conception de l'honneur qui ne relève ni de la posture ni des conventions : défendre une femme, réparer autant que possible l'affront du passé, sans rien réclamer en retour. Herbert Nordrum donne à cette droiture une douceur contenue, presque silencieuse. Et c'est précisément dans cette retenue que le personnage gagne peu à peu l'estime, puis l'affection de Marianne.

Globalement, le film est doux, poétique et fonctionne. Du cinéma romanesque !

L'attente devient ainsi une drôle de zone de confort. Elle fait souffrir, évidemment, cependant elle permet aussi de conserver intact ce que l'on projette sur l'autre. Tant qu'Edward reste inaccessible, Elinor peut continuer à l'aimer sans confronter ce sentiment à une réalité définitive. Marianne fonctionne autrement, elle investit l'amour dans l'intensité, jusqu'à confondre en partie la puissance de l'émotion et la valeur de celui qui la provoque.

C'est peut-être là que Raison et sentiments conserve sa modernité la plus amusante. Les lettres ont changé de support, les bals ont quelque peu perdu en popularité, pourtant attendre une réponse en imaginant quinze raisons au silence de l'autre demeure une activité humaine remarquablement résistante au progrès. L'époque change, l'idéalisation amoureuse beaucoup moins.
The CritizMan
The CritizMan

68 abonnés 340 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 23 septembre 2026
Difficile de trouver grand-chose à dire tant le film m’a laissé indifférent. C’est fade, creux, inutilement long et porté par un scénario qui accumule les situations tirées par les cheveux. Rien ne parvient vraiment à retenir l’attention ou à donner envie de s’investir dans cette histoire. Les personnages manquent cruellement de profondeur, les enjeux peinent à susciter le moindre intérêt et l’ensemble donne surtout l’impression d’enchaîner les scènes sans véritable direction. Même lorsque le film tente de créer de l’émotion ou de la tension, tout paraît artificiel et désincarné. Au final, il ne reste pas grand-chose une fois le générique terminé, si ce n’est le sentiment d’avoir regardé deux heures de film sans jamais vraiment y être.
UGO
UGO

64 abonnés 40 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 19 septembre 2026
Ce film est nul, nul, nul et nul par contre le thème est bien respecté ça parle de romance donc voilà mais bon c'est quand même un film horrible !
Totoscope
Totoscope

12 abonnés 138 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 septembre 2026
Cette nouvelle adaptation du roman culte de Jane Austen peut compter sur un travail plastique remarquable, avec une photographie superbe, une mise en scène picturale et une direction artistique soignée, offrant une reconstitution particulièrement élégante.

C’est une adaptation efficace, très classique, qui se concentre avant tout sur cette reconstitution et sa fidélité au récit d’origine, mais en oublie malheureusement tout le côté piquant. On s’intéresse ici davantage à la dimension romantique, teintée de mélancolie et de gravité, avec un ton réaliste, voire naturaliste, qui l’éloigne de la comédie de mœurs austenienne.

Un film formellement très réussi mais qui manque de caractère.
Yahya Achou
Yahya Achou

8 abonnés 24 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 septembre 2026
Oh mais qu'est-ce que je viens de voir ? La précision avec laquelle la Raison et les Sentiments sont incarné par les personnages, les paroles, les gestes. Jai été fasciné, et je suis tombé amoureux de l'amour.
Justine Critique
Justine Critique

4 abonnés 76 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 septembre 2026
Un film tout en douceur… peut-être un peu trop.
Avec une jolie mise en scène bucolique aux teintes naturelles et des acteurs qui incarnent bien leurs personnages, le film cherche à retranscrire toute la subtilité du roman : l’importance des détails, le vertige des premiers sentiments, cette envie dévorante de connaître l’amour, de se laisser emporter par la passion… ou au contraire de rester dans la retenue et de laisser la raison prendre le dessus.

Élégant, joli et fidèle à l’œuvre, le film laisse néanmoins une impression de longueur avec un manque de tension et surtout d’étincelle…Dommage pour un film qui parle de passion.
Petitjean Manon
Petitjean Manon

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 septembre 2026
N’ayant jamais lu d’œuvres de Jane austen ni regardé d’adaptation, je ne savais pas à quoi m’attendre et j’ai vraiment adoré ! Film romantique, dramatique, et esthétique magnifique. Je recommande
Slaeck135
Slaeck135

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 septembre 2026
Magnifique adaptation du roman de Jane Austen, les décors, les costumes, la photographie tout est sublime. Daisy Edgar Jones est juste parfaite dans son interprétation d’Elinor. Si vous avez besoin d’un moment de douceur et de pureté je vous le conseille vivement !
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