L'idée originale du film provient d'un événement insolite : un cahier manuscrit découvert par hasard dans un carton jeté sur le trottoir. C'est Serge Valletti, le coscénariste et ami de Robert Guédiguian, qui est tombé dessus. Le carnet racontait l'histoire d'une femme élevant l'enfant née d'une relation adultère de son mari avec une servante en Algérie. Ce récit a servi de point de départ pour façonner les thèmes de la filiation et l'histoire de Juliette.
Pour incarner l'héroïne principale Juliette, Robert Guédiguian a renouvelé sa confiance à Marilou Aussilloux après La Pie voleuse. L'actrice raconte la surprise ressentie à la lecture du scénario : « Robert me l'a envoyé sans préciser le rôle. Je lis jusqu'à la fin et je ne trouve pas quel personnage je pourrais jouer [...]. Je lui envoie un texto : "C'est quoi mon personnage ?". Et il me répond en majuscules : "JULIETTE !" ».
Le réalisateur privilégie une méthode de travail participative et fluide avec sa bande de comédiens. Marilou Aussilloux décrit un plateau très proche de l'ambiance théâtrale où l'autonomie est de mise : « Il fait peu de répétitions et peu de prises. On est très libres. Ce qui l'intéresse, c'est l'immédiate sensibilité. C'est la méthode de Robert : artisanale, un peu communiste. »
Pour capter la jeunesse d'aujourd'hui, le cinéaste marseillais a délibérément choisi de faire un saut générationnel par rapport à ses comédiens fétiches. Il s'explique sur ce choix : « Pour être de plein pied dans notre temps, il fallait que le personnage n'ait pas participé aux combats collectifs de ma génération. Pour moi, les femmes, bien plus que les hommes, incarnent actuellement la totalité et la complexité des problématiques qui affectent notre société. »
Bien qu'il retravaille continuellement avec la même équipe artistique et technique pour préserver une dynamique de confiance, le cinéaste refuse de tomber dans la routine. Pour Une femme aujourd'hui, l'équipe a cherché à se renouveler en modifiant ses habitudes de tournage : la production a notamment décidé de changer de caméra pour la première fois depuis des années.
Au-delà de la distribution principale, le réalisateur aime faire revenir des figures familières sur ses plateaux, même pour de très courtes apparitions. C'est ainsi la quatrième fois qu'il fait tourner le comédien Diouc Koma. Ce dernier interprète ici le policier qui reçoit la plainte pour agression déposée par Juliette au commissariat.