Une rencontre fortuite dans une laverie
L’origine du projet tient à un pur hasard vestimentaire. En voyage en Californie du Nord, les réalisatrices Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter se sont arrêtées dans une laverie automatique pour laver leur linge sale. C’est là qu’Al Moon, un vétéran amérindien de la guerre du Vietnam, a engagé la conversation après avoir repéré leurs chaussures bicolores. Il leur a confié plus tard qu’un rêve prémonitoire lui avait annoncé la venue de personnes venues de loin. Les cinéastes racontent : "Si on n'avait pas eu nos chaussettes sales le même jour, on ne se serait pas rencontrés. [...] C’est la singularité de cet homme qui nous a saisies — sa présence, une étrange combinaison de tendresse et de colère sourde, d’humour et de lucidité impitoyable, d’énergie et de fêlure."
Une immersion totale en campement
Afin d’immortaliser le quotidien d’Al Moon sans imposer un regard extérieur et distant, les deux cinéastes ont choisi de vivre exactement dans les mêmes conditions spartiates que lui tout au long du tournage. Comme Al ne possédait pas de maison et dormait dans son pick-up ou sous sa tente, l’équipe a campé à ses côtés en pleine nature, partageant les mêmes contraintes météo et les mêmes repas. Ce choix de vie commune hors des structures traditionnelles a permis d'instaurer une confiance mutuelle indispensable pour le documentaire.
Un protagoniste crédité comme co-auteur
Loin d’être un simple sujet d'étude ou un témoin passif, Al Moon est officiellement crédité comme co-auteur du film aux côtés d’Isabelle Ingold et Vivianne Perelmuter. La voix off du film a été construite à six mains à partir des e-mails envoyés par Al, de ses lettres pour faire reconnaître son syndrome de stress post-traumatique et de transcriptions de tournages. Le texte a fait l'objet de plusieurs allers-retours pour l'épurer de toute justification inutile et permettre à Al de s'affranchir de son statut de victime de l'Histoire.
"C’est d’autant plus crucial, vital même, qu’il s’agissait précisément pour Al de transformer un vécu subi en une mémoire active et relue. Ce qui advient par cette parole, c'est une énergie, la possibilité de ne plus être défini seulement par ses blessures", explique Perelmuter.
- Heart Of The Beast (2026)
- Garance (2026)
- Notre salut (2026)
- Digger (2026)
- Les Misérables (2026)
- Verity (2026)
- Si tu penses bien (2026)
- Resident Evil (2026)
- Justin le Juste (2026)
- Raison et sentiments (2026)
- La Bataille de Gaulle - partie 1 : L'Âge de Fer (2026)
- Kraken (2026)
- Primetime (2026)
- Ni vue, ni connue (2026)
- La Vie d'une femme (2026)
- L'Invitation (2026)
- The Social Reckoning (2026)
- L'Odyssée (2026)
- Histoires De La Nuit (2026)
- La Maison de nos rêves (2026)