Les Fleurs du manguier a été présenté en avant-première mondiale lors de l’édition 2025 de la Mostra de Venise où le film a reçu le prix spécial du jury Orizzonti. Par la suite, il a également été sélectionné dans un grand nombre de festivals internationaux parmi lesquels ceux de Bangkok, Tokyo, Singapour ou encore Bari.
Il s’agit du troisième long-métrage du réalisateur japonais Akio Fujimoto après Boku no kaero basho (2017) et Along the Sea (2020), restés inédits en France. Les Fleurs du manguier est donc le premier film du réalisateur à sortir dans l’Hexagone.
Avant ce film, Muhammad Shofik Rias Uddin et Shomira Rias Uddin, qui incarnent les deux rôles principaux (Shafi et Somira), n’avaient jamais fait de cinéma. Comme dans le film, ils sont tous les deux frère et sœur dans la vie.
Les Fleurs du manguier a été réalisé en langue rohingya (essentiellement parlée dans la région de Chittagong au Bangladesh), avec plus de 200 personnes rohingyas. Une grande majorité d’entre eux avaient vécu des expériences similaires à celles montrées dans le film.
Les Rohingyas désignent une minorité musulmane originaire de l’État de Rakhine, dans l’ouest du Myanmar (ex-Birmanie). Depuis 1982, le pays ne les reconnaît plus comme citoyens. Apatrides et privés de droits fondamentaux, ils ont été plus de 750 000 à fuir vers le Bangladesh en août 2017 à la suite d’une répression militaire majeure afin d’échapper à des viols et des massacres qualifiés par des enquêtes internationales de nettoyage ethnique. Depuis cette date, les Rohingyas se déplacent vers de nombreux pays voisins, comme la Malaisie ou l’Indonésie. Certaines familles, poussées par la misère et les conditions de vie, vont jusqu’à parcourir 2500km en mer sur des routes parmi les plus dangereuses et les plus meurtrières du monde.
Les Fleurs du manguier est né à la suite des nombreuses histoires que le réalisateur a entendu au sujet des Rohingyas et, notamment, des persécutions qu’ils ont subies. Choqué devant une telle brutalité, Akio Fujimoto a néanmoins dû garder le silence devant un tel scandale en raison d’un tabou social qui l’empêchait d’évoquer le sort des Rohingyas. En outre, le cinéaste avait peur de perdre des opportunités professionnelles s’il venait à parler de ce peuple. Avec le temps, ce silence est devenu pour lui une blessure professionnelle et une sorte d’échec moral qu’il devait affronter. De cette réflexion personnelle est donc né son troisième long-métrage en tant que réalisateur.