Tout le monde ou presque a entendu parler de l’histoire de cette jeune fille âgée de six ans. La voix de son appel à l’aide résonne dans ce film qui utilise les vraies bandes sonores où Hind Rajab appelle les bénévoles du croissant rouge au téléphone après que la voiture de sa famille ait été prise pour cible par l’armée israélienne. Pendant plusieurs heures, elle se retrouve avec les cadavres de son oncle, sa tante et leurs enfants, pendant que les secouristes négocient l’envoie d’une ambulance. Un sauvetage sous tension qui n’aboutira jamais. La force du film est de raconter un drame marquant avec les vrais bandes sonores. Sa faiblesse narrative est que l’issue est connue et que le film ne parvient pas à apporter davantage.
Évitez absolument de lire la phrase d’accroche du film, passé les 2 premières. La dernière phrase gâche totalement et irrémédiablementellement l’expérience.
Le film démarre en force, en installant dès les premières minutes une tension directement au paroxysme. Mais au lieu de construire quelque chose à partir de cette intensité, il la répète en boucle : tout le monde est constamment en crise, tout le temps, contre tout le monde. Cette surenchère émotionnelle permanente finit par être plus fatigante qu’intéressante, car elle empêche toute nuance ou respiration.
Ce film n'est qu'une suite d'incohérences : - Les équipes du Croissant-Rouge sont censées garder leur sang-froid en toute occasion et être calme, même sous pression. D'autant que la plupart sont censés être aguerris. Dans ce film, tout le monde surjoue et réagit de manière hystérique. Ce qui entraine une autre incohérence en ignorant les procédures et les ordres de sa hiérarchie voire font l'inverse des ordres donnés. Et enfin, toute l'heure et demie du film est censé compresser 16h de temps réel. Sauf que : A partir de l'appel de la petite fille, tout s'arrête, plus personne ne reçoit d'appel, plus personne n'a de coup de mou, personne ne va dormir, manger ou se reposer, il n'y a plus aucune équipe qui les relève, et j'en passe.
Voici mes critiques, à ne pas lire si vous n'avez pas vu ce film : spoiler: La phrase finale du synopsis « Elle s’appelait Hind Rajab. » annonce l’issue dès le départ et détruit tout suspense.
Plus tard, les réactions incohérentes des secouristes (hystérie permanente, hiérarchie ignorée) affaiblissent la crédibilité de l’ensemble.
La fillette, quant à elle, parle tout le long avec la même voix, répétitive, sans aucune évolution malgré la peur, les tirs et les blessures, ce qui finit par casser l’immersion.(on entend au moins 10 fois sous le même ton « Venez me chercher ! »...)
Le 29 janvier 2024, le Croissant-Rouge reçoit un appel d'urgence pour une famille palestinienne dont la voiture est assaillie par l'armée israélienne, au nord de Gaza. Les opérateurs téléphoniques vont maintenir le contact avec la seule rescapée, Hind Rajab, une fillette de 6 ans cachée dans le véhicule, tout en essayant de lui envoyer une ambulance. Inspiré de faits réels, ce film reprend des archives sonores du 29 janvier 2024 pour faire entendre la vraie voix de Hind Rajab, tout en reconstituant le contexte et les réactions au centre d'appels d'urgence du Croissant-Rouge. Ce mélange de documentaire et de fiction jette un trouble au départ, mais le parti pris se tient, avec quelques jeux formels qui "assoient" la reconstitution, soulignant la volonté de fidélité aux événements vécus (superposition des voix des vrais opérateurs téléphoniques et de leurs interprètes, intégration de vidéos captées le jour J). La mise en scène de l'ensemble est immersive. La caméra, vibrante, pour évoquer le chaos ambiant. Et la charge en émotion, forte et constante, justifiée par le sujet, par la tension extrême de cette journée reconstituée, même si la réalisatrice aurait pu moduler l'effet de "rouleau compresseur émotionnel" avec plus de pauses, notamment explicatives ou réflexives, et une direction d'acteurs plus "tempérée". Néanmoins, l'efficacité est là : pour traduire la caractère déchirant et terrible de cette histoire, traduire l'impuissance des forces de secours (et la nôtre par extension), mais également pour rendre moins anonymes les victimes palestiniennes de cette guerre et pour incarner plus spécifiquement l'idée d'une enfance anéantie. Un film puissant et salutaire, donc, à défaut d'être marquant sur le plan cinématographique.
Au vu « La voix de Hind Rajab » de la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania qui a obtenu le Grand Prix du Jury à la Mostra de Venise en 2025. J’avais adoré en 2023 « Les filles d’Olfa » qui était mon meilleur film de cette année là. C’était un documentaire tiré d’une expérience vécue avec un dispositif narratif très original et qui fonctionnait à merveille. Kaouther Ben Hania propose ici également un système singulier mais qui interroge fortement au niveau déontologique. 29 Janvier 2024 dans la bande de Gaza, une fillette palestinienne de 6 ans est dans une voiture avec toute sa famille. Cette voiture est la cible de chars israéliens. Hind Rajab est la seule survivante et implore au téléphone portable le Croissant-Rouge (l’équivalent de la Croix-Rouge) pour qu’on vienne la chercher, la sauver. Tous les adultes sont joués par des comédiens. La voix est réellement celle de Hind Rajab. Les comédiens donnent la réplique à une voix d’enfant en totale panique et sous l’emprise de la sidération qui hurle sa frayeur et son envie de vivre. Un pictogramme vocal en mouvement et en gros plan personnifie la voix de la fillette. J’ai détesté cette façon dont on me prenait en otage, dont on me manipulait. Superposer de façon aussi frontale, sans aucune subtilité, pudeur, distance, le cauchemar le plus inhumain qui soit avec une reconstitution par des comédiens qui sur-jouent crée un malaise qui va crescendo jusqu’à l’insupportable. On s’en veut de ne sentir aucune émotion devant la mort en direct d’une enfant si ce n’est celle d’être agressé par cette proposition démonstrative, appuyée et d’une incommensurable malhonnêteté.
scenario deja vu, mais cette fois ci tellement reel, tellement poignant, tellement cruel. suivre cette voix c est suivre un chemin initiatique vers la compassion.
Difficile de juger un film qui relate un évènement criminel ayant une telle charge émotionnelle. Personnellement, j'aurais raconté l'histoire différemment. Ici le choix d'une sorte de huit clos où l'on comble le temps par des colères, des cris de désarroi, des querelles de personnes, du pathos, beaucoup de pathos (larme, psychologue, bienveillance mal placée) alors qu'on a à l'écran des humanitaires normalement rodés aux scènes de guerre. Sans oublier le méchant joué ici par le chef du bureau des humanitaires, contraint de suivre les procédures. Bref, tout y est pour faire un film où l'on s'ennuie vite, et longtemps. Par contre on comprend bien une chose : dans le cas d'une opération de sauvetage en terre palestinienne, les ambulances doivent demander à l'armée israélienne de protéger la route. Et cette dernière accepte ou non. Une chose est sûr, elle connaît le parcours de l'ambulance, sa destination, et qui elle va chercher. Ainsi le piège se referme et l'armée israélienne a tout le loisir de venir achever les personnes avant que l'ambulance n'arrive. On l'imagine ensuite faire de quelconques plates excuses vite oubliées. Elle nous prend pour des prunes. Le crime de guerre est avéré. En cela, le film reste intéressant.
Bouleversant. Et très intelligent. On aurait pu craindre l'aspect fiction de cette histoire inspirée de faits réels. Il n'en est rien. Les voix réelles sont insérées dans un contexte, contexte re-créé qui est donc de la fiction, de la mise en scène ; mais cela permet de mieux placer la temporalité de l'affaire et comprendre le contexte de cette histoire. Raconter cette histoire après-coup, dans un cadre documentaire, aurait donné plus de recul, du fait que le temps est passé, et aurait perdu en force. Il faut prévoir un paquet de mouchoirs en allant voir ce film. Et il continue de vous habiter longtemps après.
Très très bon film qui traite de l’impossible aide humanitaire fermé par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. Hommage à tous ces humanitaires dont beaucoup ont payé de leur vie. Bouleversant et déchirant
Ce film se distingue par sa sensibilité et sa force narrative. La mise en scène soignée, portée par une réalisation inspirée, permet de plonger dans une histoire émouvante et subtile...On est pris dans chaque rebondissement...Les personnages sont construits avec finesse, et l’ensemble offre un moment de cinéma touchant, intelligent et profondément humain. Une œuvre qui marque par sa justesse et sa sincérité.
Le choix de construire le film à partir de l'enregistrement d'une fillette appelant à l'aide, mixé avec les dialogues dits par les comédiens, était risqué du point de vue éthique et esthétique. Le dispositif du film permet d'échapper à la fascination morbide par le travail d'imagination qu'impose l'audio (il faut se représenter la voiture mitraillée, les corps couverts de sang, les tanks qui approchent...) et par l'empathie qui se crée avec cette équipe de secouristes qui tentent, avec l'énergie du désespoir, de sauver la petite Hind Rajab. L'equipe du Croissant rouge subit les effets délétères de la violence qui s'exerce au-dehors : affrontements entre les membres de l'équipe, épuisement physique et moral... Les longs plans séquence donnent au film un caractère un peu théâtral et apportent une forme de distanciation. Je n'ai pas perçu de surenchère dans la recherche de l'émotion ; au contraire, la réalisation aurait difficilement pu être plus sobre avec un tel sujet. On peut souligner aussi la très grande retenue dans la manière d'évoquer le contexte du conflit : pas de jugement, seulement des faits, et le constat n'en est que plus accablant. A la fin du film, les images documentaires prennent progressivement le dessus. Les images des véhicules mitraillés, mises en perspective par tout ce qui précède, s'arrachent à la triste banalité des reportages de guerre et pèsent tout leur poids d'horreur. Enfin, il y a le visage défait et le regard perdu de Ziyad, le petit frère, et puis la mer, témoin d'une enfance détruite et promesse d'éternité.