La Voix de Hind Rajab
Note moyenne
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311 critiques spectateurs

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Rémy LE BIHAN
Rémy LE BIHAN

24 abonnés 107 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 novembre 2025
Je recommande ce film pour ressentir réellement l’émotion de la Palestine  sous les balles et tirs de l’armée israélienne
Mais attention ⚠️ ce film peut choquer un jeune public ..
Très stressant et emouva
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 830 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 novembre 2025
Qui est le film ?
Avec La Voix de Hind Rajab, Kaouther Ben Hania choisit de s’ancrer dans une archive unique et irréductible, la conversation d’une enfant agonisante encerclée par les tirs, dans une voiture où git sa famille. Sa tension principale tient dans cette question : comment filmer l’infilmable sans l’absorber dans une dramaturgie ? Comment faire du cinéma sans détourner l’objet même qu’il cherche à rendre audible ? Le film veut répondre à l’appel de Hind en l’exposant. Il s’agit d’un geste risqué, moralement exposé, qui interroge la possibilité même de représenter un crime dont la seule trace conservée est un appel au secours.

Par quels moyens ?
Le premier choix, décisif, est d’ériger la voix de Hind en matériau fondateur. Le film se construit contre son propre désir de représenter, en admettant qu’aucune image possible ne rivalise avec la nudité du son. Ben Hania le sait et travaille précisément cette impossibilité. En plaçant la voix de la fillette au centre, le film transforme l’écoute en souveraineté morale : l’auditeur devient témoin contraint, face à un document qui ne tolère pas le détournement.

Pour organiser ce matériau brut, Ben Hania recourt au docufiction. Elle juxtapose l’archive et la reconstitution du centre d’appel du Croissant Rouge, service venant en aide. Ce dispositif permet de cartographier une chaîne de responsabilités : l’inertie militaire, les hésitations administratives, les protocoles qui paralysent au lieu de protéger. La fiction ne supplée pas le réel, elle l’encadre pour en montrer les angles morts. En d'autres mots, le recours à la fiction permet d’objectiver des chaînes de causalité qui, autrement, resteraient fragmentaires dans la seule bande audio.

L’effet paradoxal de cette construction est d’atténuer, à certains moments, la violence du fait. La mise en scène parfois télévisuelle, le didactisme de certains dialogues, la tension volontairement amplifiée rappellent que la cinéaste se place en auteur et non en simple transmetteur. Mais cette autorité est nécessaire pour faire sens. Là où l’archive frappe d’une manière brute, la mise en scène génère une tension de thriller qui, par sa logique narrative, peut fonctionner comme filtre. Ce qui ouvre une zone d’ambiguïté : gagne-t-on en intelligence politique ce qu’on perd en intensité immédiate ? Ce déplacement peut accroître la portée du document, mais aussi le convertir en spectacle émotionnel pour un public éloigné.

La position du spectateur est ainsi travaillée comme une épreuve. Entendre la voix enfantine jusqu’au bout est difficile ; c’est précisément cette difficulté que la réalisatrice cherche. Elle retire toute protection, toute distance consolatrice. Mais l’usage d’un témoignage réel comme moteur du film oblige à interroger la limite : honorons-nous la parole de Hind ou l’instrumentalisons-nous pour augmenter notre indignation ?

Enfin, le cadre du centre d’appel devient le théâtre d’un huis clos étouffant. Les parois vitrées, la circulation de l’information, le temps étiré donnent forme à une mécanique institutionnelle où chacun veut agir mais bute contre les structures. Le temps du film, compressé et tordu, restitue l’absurdité du déroulé réel, où huit minutes théoriques deviennent des heures. Les acteurs assument une tâche délicate : être instruments d’un réel qui les dépasse. Leur travail est souvent bouleversant, mais il est fragile, parce que soumis à une règle simple : ne jamais paraître substitut du vrai. Ben Hania ménage pourtant de beaux moments où la fiction se retire pour laisser l’archive occuper la première planche.

Où me situer ?
Je range La Voix de Hind Rajab parmi ces œuvres qui rappellent pourquoi le cinéma demeure un médium indispensable quand il affronte l’irreprésentable. C’est un film qu’il faut absolument avoir vu, ne serait-ce que pour mesurer l'ampleur du réseau de conséquences de cette guerre. Ben Hania y déploie une rigueur éthique rare, une attention scrupuleuse aux mécanismes de responsabilité, et surtout un courage admirable à admettre que toute mise en forme de la violence extrême est traversée d’impuissance. C’est un film dont on sort autrement.

Quelle lecture en tirer ?
Au fond, La Voix de Hind Rajab part d’un document sonore qui nous est déjà parvenu, que beaucoup ont ignoré, zappé, entendu en fragments, partagé, relayé, sans jamais véritablement l’écouter. Ben Hania prend acte de cette sidération sélective : tant que la tragédie ne nous touche pas directement, elle reste un bruit parmi d’autres, absorbé par le flux continu. Le film ne crée donc pas une couche narrative artificielle, il en expose la nécessité tragique : si ce récit doit exister, c’est précisément parce que nous n’avons pas pris la mesure du cri initial. La fiction devient alors la forme tardive et douloureuse d’une écoute manquée, l’effort du cinéma pour réparer, au moins une fois, ce que la circulation médiatique anesthésie.
amrouz kahina
amrouz kahina

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5,0
Publiée le 27 novembre 2025
Trop touchant et émouvant, le film est trop bien
evariste75
evariste75

216 abonnés 252 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 novembre 2025
Un film fort, un film "coup de poing dans la gueule", un film indispensable...

Film basé sur des enregistrements audio réels, exploités par une équipe d'acteurs poignants.

Une réalité qui vous saute à la figure.

Un film indispensable.

Je suis sorti de ce film assommé, complètement groggy.

Je suis hanté par la voix de Hind Rajab.

Film à la fois insupportable et indispensable.
Jean Jean Christophe
Jean Jean Christophe

7 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 25 novembre 2025
Ce film documente un crime de guerre perpétré par à Gaza en janvier 2024 à travers l'appel au secours d'une petite fille pas encore vivante.
Un document unique - unique en tant qu'oeuvre cinématographique - qui me rappelle la responsabilité des gouvernements européens notamment et français.
Ce film n'est pas insoutenable ; Il est nécessaire.
knizou
knizou

2 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 décembre 2025
Émouvant. Entre film Fiction et film Documentaire. Les vidéos de Hind à la fin rajoutaient un peu trop de pathos même si on entend que l’intention était de lui donner « vie et forme ».
tiffany tarantini
tiffany tarantini

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 novembre 2025
Un devoir de voir ces images terribles par soutien au peuple palestinien, relayer leur voies est indispensable.

L angoisse, la douleur omniprésentes tout au long du film. La difficile sensation d' être présents au moment même où les scènes se passent.

Indignons nous!
Direct-actu.fr

402 abonnés 558 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 novembre 2025
La Voix de Hind Rajab est une œuvre saisissante, d’une intensité rare, où l’usage de véritables enregistrements bouleverse la frontière entre cinéma et réalité. Le huis-clos, porté par des interprètes remarquables, plonge le spectateur dans une tension continue, presque physique. Chaque minute devient une épreuve, révélant avec une justesse glaçante la cruauté de la guerre et l’impuissance qui l’accompagne.

La Voix de Hind Rajab s’impose comme un choc émotionnel brutal, et nécessaire. Le choix d’intégrer de véritables enregistrements confère au film une densité troublante, car la fiction semble s’effacer au profit d’une réalité qui serre la gorge. Le dispositif repose sur un huis-clos tendu, où les voix, les silences et les respirations construisent une montée en tension presque insoutenable. On traverse ces minutes avec un cœur battant, conscient à chaque instant de la gravité de ce qui se joue, et de la portée humaine de ce récit.
La mise en scène refuse tout artifice superflu, préférant la retenue, la précision, et une proximité qui place le spectateur au plus près de l’émotion brute. Les actrices et acteurs livrent des performances d’une justesse admirable, habités par une sincérité qui ne cherche jamais l’effet facile, mais la vérité. Cette immersion progressive transforme le visionnage en expérience, mêlant malaise, empathie et lucidité.
Sans jamais dévoiler ses ressorts, le film souligne la mécanique implacable de la guerre, et ce qu’elle inflige aux plus vulnérables. Il rappelle aussi, avec une force rare, que derrière chaque drame se cache une réalité humaine, une voix, une présence. Une œuvre qui marque, qui bouscule, et qui ne laisse pas indemne.
Muriel M
Muriel M

3 abonnés 20 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 novembre 2025
Vu en avant-première, un film d’une intensité incroyable ! Une très belle réalisation, en mélangeant les voix réelles et celles des acteurs qui sont tous extraordinaires. A voir absolument !
Iris.04
Iris.04

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 novembre 2025
Un film documentaire tant poignant qu’important. La scénariste a su représenter justement l’histoire de cette petite fille et des Palestiniens. Ce qui est inexprimable avec les mots, l’est avec l’art. Bravo.
laurence leclerc
laurence leclerc

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 novembre 2025
Vu en avant première, bouversant forcément, Difficile de dormir ensuite,. Comme pour les personnages, d’assumer mon impuissance
LCDC YT
LCDC YT

147 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 novembre 2025
Proche de la perfection dans son portrait moderne et abrupte du monde, BEN HANIA livre un grand film, un de ceux qui marque, par son approche dramatique, par son intensité, par sa forme audacieuse, et par son ambition humaine et symbolique extrêmement engagée et impactante
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 17 novembre 2025
Vu en avant-première au Grand Action, la voix de Hind Rajab s’impose comme un film d’une puissance rare. À la croisée du documentaire et de la fiction, il plonge le spectateur au cœur du génocide de Gaza, vu à travers le quotidien d’une équipe de secouristes du Croissant-Rouge. Pris dans un enchevêtrement de procédures kafkaïennes imposées par l’armée israélienne, ces humanitaires tentent désespérément d’obtenir l’autorisation d’intervenir.

Au centre du récit, la voix bouleversante d’une fillette de six ans – la véritable voix de l’enfant – appelle à l’aide au téléphone. Ce fil sonore, d’une intensité dramatique exceptionnelle, devient le symbole de l’attente, de la peur et de l’impuissance. Entre rage contenue et espoir fragile, les secouristes incarnent la tragédie d’un peuple pris au piège.

Hind Rajab a désormais un visage, une voix, une histoire que l’on n’oublie pas. À travers elle, le film rend hommage aux 50 000 enfants – selon les chiffres de l’UNICEF – tués à Gaza pendant l’offensive israélienne.
hallouf
hallouf

86 abonnés 3 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 novembre 2025
J'ai enfin pu le voir en AP, après avoir entendu parler du film au festival de Venise où il a battu le record des plus longs applaudissements de l histoire.
Et je n'ai pas été déçu loin de là.
Ce film est une claque monumentale.
Non seulement pour les faits qu'il raconte, mais aussi pour le dispositif filmique entre fiction et réalité. Les acteurs sont extrairdinaires. C'est un film qui restera dans les annales j'en suis sûr.
velocio

1 557 abonnés 3 540 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 novembre 2025
Dans la vie d’un(e) cinéphile, il y a des films, et des films, et des films, et, de temps en temps, il y a UN film, LE film, celui qui, du début jusqu’à la fin, vous a scotché sur votre fauteuil , le film dont vous ne serez toujours pas sorti plusieurs jours après l’avoir vu. "La voix de Hind Rajad" est un de ces films. Sa réalisatrice, la tunisienne Kaouther Ben Hania, avait déjà fait très fort il y a 2 ans avec un film passionnant, "les filles d’Olfa", à mi-chemin entre fiction et documentaire. Avec "La voix de Hind Rajad", elle va encore plus loin avec un film qui fait plus que s’inspirer d’un fait réel particulièrement poignant en utilisant la véritable bande-son du dialogue téléphonique désespéré entre une fillette de 6 ans, seule dans une voiture dans un quartier de Gaza, au milieu des cadavres de membres de sa famille et sous la menace de chars de l’armée israélienne, et des membres du Croissant-Rouge palestinien localisés à Ramallah où le centre des appels d’urgence de Gaza du Croissant-Rouge avait été transféré depuis les bombardements sur Gaza. La suite, c'est sur le site où le tiret du 6 est entre critique et film.
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