Girl
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Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

193 abonnés 630 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 août 2026
Ai vu « Girl » de l’actrice et réalisatrice taïwanaise Shu Qi, qui signe ici son premier film, projeté en compétition à la Mostra de Venise en 2025. Un scénario très intéressant qui présente deux générations de femmes. En 1988, à Taïwan, Hsiao-lee (Bai Xiao-Ying) et sa jeune soeur (Lai Yu-fei) , vivent dans un climat familial difficile entre un père alcoolique et brutal (Roy Chiu) et une mère insatisfaite de son destin (Esther Liu), qui jeune fille aurait voulu faire des études, mais dont les parents l’ont obligée à quitter le foyer campagnard pour travailler et se marier. Hsiao-Lee, elle, a la chance de faire des études, mais le poids des blessures de sa mère est trop lourd à porter, jusqu’au jour où l’adolescente se lie d’amitié avec la délurée Li-li (Li-Pin Tung) qui va lui ouvrir la possibilité d’un monde différent et surtout une porte ouverte vers une certaine liberté. La mise en scène est très belle et accompagne parfaitement les destinées de ces deux générations de femmes, la mère et la fille, qui vivent l’une à côté de l’autre sans aucune communication. Le montage permet de bien saisir comment le poids des frustrations de l’une a des conséquences sur la vie, 15 ans plus tard de l’autre. La photographie de Jing-Pin Yu est absolument somptueuse. Shu Qi est très délicate dans sa réalisation et trouve toujours la bonne distance pour ne jamais forcer le trait. Le parallèle qui est fait entre le domicile où règne la tension et l’extérieur qui est source d’insouciance est toujours subtil. La solitude de Hsiao-lee, ses angoisses, ses envies d’ailleurs sont dépeintes par des silences, de la poésie, ce qui met en exergue les scènes de violences conjugales parfois insoutenables. La réalisatrice a soigné particulièrement l’écriture de ses personnages féminins et l’ont comprend très bien son message sur la difficile émancipation des femmes à Taïwan dans les années 80. L’on soupçonne que ce récit est assez autobiographique et s’il peu paraitre dramatique le traitement n’en est pas moins sensible et lumineux.
Christian RZ
Christian RZ

101 abonnés 369 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 août 2026
Cette évocation, du point de vue d’une petite fille, de sa famille peu modèle - le père ivrogne et violent , la mère aliénée et colérique - n’est pas d’une grande gaité, et donne un image bien sordide du prolétariat chinois
Les ellipses parfois hasardeuses (alliées pour nous à des sous-titres approximatifs) ne facilitent pas la fluidité de l’histoire, qui est justement un peu le point faible de cette narration par ailleurs édifiante
Arthur H
Arthur H

74 abonnés 21 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 5 août 2026
Un premier film bouleversant, signé Shu Qi, ancienne muse de Hou Hsiao-Hsien. La mise en scène est superbe : lumière solaire et vivante à l'extérieur, néons froids et enfermants à la maison — un vrai travail pictural sur le cadre et la couleur.

On sent l'héritage de Hou Hsiao-Hsien dans cette patience contemplative, ce temps qui s'étire, et certains plans semblent adresser un clin d'œil discret à Millennium Mambo, comme si l'actrice rendait hommage à son maitre de cinema.

Un récit initiatique éprouvant, mais solaire et jamais désespéré — toujours une trouée de lumière quelque part. Pudique, maîtrisé, et déjà une vraie signature
Isaly13
Isaly13

58 abonnés 131 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 août 2026
Film difficile et tendu, à l’ambiance particulièrement lourde, voire glauque, dans la première heure. On sort de là un peu assommé par tant de violence physique et psychologique.
Direct-actu.fr

410 abonnés 589 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 août 2026
Girl dresse le portrait d'une adolescence dont les repères ont été progressivement contaminés par la violence domestique. Hsiao-lee ne traverse pas seulement une période familiale difficile : elle semble avoir intégré l'insécurité comme fonctionnement ordinaire du quotidien. Son retrait, ses silences et sa manière d'observer les autres traduisent une forme d'adaptation où anticiper l'environnement prend progressivement la place de la spontanéité adolescente.

Un film sombre où chaque détail, chaque silence ou même les répliques soulignent la noirceur du propos. « Les vivants me font plus peur que les fantômes », montre combien l'héroïne de Girl incarne cette tension : la vie quotidienne devient plus douloureuse, les choses effrayantes pour les autres éveillent quasiment plus aucun affect ou réaction. Une photographie chaude et presque étouffante accompagne le périple de la jeune héroïne. La réalisation est simple mais maîtrisée, même le scénario dévoilant des successions de journées sans cadre réel, permettant de contribuer à cette sensation que la violence domestique entraîne une perte de repère et de contact avec les joies ordinaires.

La rencontre avec Li-li devient alors essentielle. Elle ne constitue pas uniquement une échappatoire amicale, elle confronte Hsiao-lee à une autre manière d'être adolescente. Cette comparaison lui permet progressivement de comprendre que son environnement familial n'est pas nécessairement une norme. Le film touche ici à quelque chose de particulièrement juste dans les mécanismes de transmission : lorsqu'une situation dysfonctionnelle constitue le cadre initial de socialisation, il faut parfois rencontrer un autre modèle pour parvenir à identifier ce qui, jusque-là, paraissait simplement normal.

Le passé douloureux de la mère prolonge cette réflexion en faisant de la famille un lieu où les traumatismes peuvent circuler entre les générations. Hsiao-lee se situe précisément au moment où cette chaîne peut éventuellement être rompue. Girl trouve ainsi sa force dans cette adolescence suspendue entre reproduction et émancipation, tout en offrant un regard intéressant sur Taïwan en 1988, montré comme un espace vécu plutôt que comme un décor exotique.
traversay1

4 552 abonnés 5 503 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 avril 2026
Les amoureux du cinéma asiatique et plus particulièrement de celui de Hou Hsiao-Hsien apprécient depuis longtemps l'actrice taïwanaise Shu Qi qui a aussi illuminé de son talent quelques superproductions hollywoodiennes. C'est Hou qui l'a gentiment poussé à réaliser son premier long métrage, lequel n'est pas exempt de son influence esthétique, comme il fallait s'y attendre. Le film est inspiré de ses jeunes années, au sein d'un foyer dysfonctionnel, spoiler: euphémisme pour désigner des violences domestiques, un père constamment ivre et une mère peu aimante. Un environnement délétère que la jeune héroïne combat en se renfermant sur elle-même et en n'entrevoyant que la fuite comme remède, dans un récit d'apprentissage dur et parfois à la limite du sordide.
Girl possède toutefois la fraîcheur des premières œuvres et un réalisme à peine teinté d'onirisme, mais aussi quelques maladresses de construction et un développement trop lacunaire des personnages qui entourent la fillette. Les différentes ellipses, elles, sont un peu brutales, mais elles ne nuisent pas à la bonne compréhension d'une intrigue cependant brouillonne à son démarrage. Le point fort du long métrage, outre ses qualités atmosphériques, est sans l'ombre d'un doute la très bonne tenue de l'interprétation, toutes générations confondues. Le passé d'actrice de Shu Qi l'explique bien évidemment et on ne peut qu'être curieux de son futur, si elle l'envisage, dans le métier de cinéaste.
Denis Pierre RIVOIRE
Denis Pierre RIVOIRE

6 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 octobre 2025
Film intéressant même si’il comporte trop de longueurs et quelques défauts d’un premier film..!le sujet est fort,émouvant et difficile…
Zoé Guilleus
Zoé Guilleus

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3,5
Publiée le 13 octobre 2025
Un film très bien filmé mais très violent, même si tout est justifié dans le scénario ! Petit trigger warning du coup et petit spoil mais il y a beaucoup violence conjugale et de violence sur une enfant, je pense que j'aurai davantage apprécié le film si j'avais été mise au courant...
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