Un monde fragile et merveilleux
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Direct-actu.fr

410 abonnés 589 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 février 2026
Dans Un monde fragile et merveilleux, Cyril Aris propose bien plus qu’une romance. Le film explore la manière dont l’histoire collective, le climat politique et les fractures d’un pays s’immiscent dans les décisions les plus intimes. L’amour qui unit les deux personnages principaux est sincère, profond, lumineux par instants, mais constamment traversé par une instabilité extérieure qui empêche toute projection sereine. Aimer ne relève plus seulement du sentiment, mais devient un choix éprouvant, parfois épuisant, toujours menacé.

Le récit se construit autour d’un désir récurrent de fuite, symbolisé par le train et par l’idée d’une île rêvée. Ces images ne sont jamais de simples échappatoires romantiques. Elles incarnent l’espoir qu’ailleurs, l’amour pourrait enfin exister sans justification, sans peur, sans compromis imposé par le réel. Pourtant, le film évite toute idéalisation facile. Partir n’est jamais présenté comme une solution miracle, mais comme une tension permanente entre survie, attachement et culpabilité.

La force du film réside dans son regard posé sur les différences de rapport au monde. L’un s’accroche au présent, convaincu que l’élan amoureux peut suffire, tandis que l’autre regarde le futur avec lucidité, consciente des responsabilités et des conséquences. Cette dissymétrie crée une fragilité constante, faite de silences, de retenue et de compréhension mutuelle. Rien n’est crié, tout est ressenti.

Visuellement et musicalement, le film déploie une poésie discrète, parfois surréaliste, qui vient adoucir sans jamais nier la dureté du contexte. La ville, filmée comme un personnage à part entière, devient le miroir de cette contradiction entre beauté et fatigue, espoir et résignation. Un monde fragile et merveilleux s’impose ainsi comme une œuvre profondément humaine, où l’intime et le politique dialoguent sans s’annuler, offrant un regard sensible sur l’amour, l’exil et la difficulté de croire encore en l’avenir.
Muriel M
Muriel M

3 abonnés 20 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 11 février 2026
Vu en avant-première en présence du réalisateur, très beau film, émouvant, sensible et drôle par moment. Très chouette BO.
Forrest44
Forrest44

1 abonné 9 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 février 2026
hier j’ai vu en avant-première une petite pépite de film venu du Liban, c’est drôle, c’est émouvant, la dure épreuve que subit le Liban est au centre du film, et pourtant on ressort avec la banane, c’est sympa, c’est un feelgood movie
Les acteurs principaux comme les seconds rôles sont au top et on voit un Beyrouth courageux qui grouille de vie malgré les épreuves
Mais SURTOUT SURTOUT ne regardez PAS la bande annonce qui spoile trop de bons moments surprises. J’attends la sortie nationale avec impatience pour aller le revoir.
Jean-Luc Macé
Jean-Luc Macé

21 abonnés 93 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2026
Vu en avant-première surprise à Marlymages le 2/2 :
Les retrouvailles improbables d'un amour d'enfance donnent à ce film une douceur dans un monde en plein effondrement. L'optimisme de l'homme tranche avec le réalisme de la femme.
Un film poignant sur la réalité d'un pays qui se bat pour survivre !
traversay1

4 552 abonnés 5 505 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 octobre 2025
C'est comme si Cyril Aris, dans son premier long métrage de fiction, avait voulu encapsuler l'âme même du Liban et de ses habitants. L'un de ses courts-métrages s'appelait Danser sur un volcan, son film-ci aurait pu s'intituler S'aimer sur un volcan, car c'est bien de cela qu'il s'agit : continuer à vivre, penser à fonder une famille et se résoudre à rester au pays malgré les guerres, l'instabilité politique et les difficultés économiques. Et c'est par le biais d'une belle histoire d'amour, débutée pendant l'enfance, que le cinéaste raconte un monde fragile et merveilleux qui est celui d'une nation ballotée et martyrisée et qui demande courage et résilience pour ne pas avoir envie de la quitter pour des cieux plus paisibles. Si le film manque parfois de fluidité, il ne cesse presque jamais de captiver par sa fantaisie, son humour, sa poésie, son sens de l'absurde et, surtout, sa tendresse immodérée pour ses personnages, tous magnifiquement incarnés, y compris les enfants, qui représentent, à différentes époques, l'espoir et la confiance dans un avenir meilleur. Au fond, le film répond joliment à la question : comment peut-on être Libanais ? C'était difficile, hier, c'est devenu pénible aujourd'hui, mais qui sait si demain, le Liban ne redeviendra pas ce qu'il était, il y a longtemps, désormais, à savoir la Suisse du Moyen-Orient. On peut toujours rêver.
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