"Microstar" s'empare d'un sujet contemporain : celui des influenceurs, de la quête permanente de visibilité et de cette illusion de réussite entretenue par les réseaux sociaux. Léopold Kraus dresse le portrait d'une génération qui rêve de célébrité autant que de sens. Gabriel Rose, influenceur beauté sans le sou, aspire avant tout à devenir comédien. Après une succession de castings ratés, il se retrouve propulsé dans le milieu très fermé de la jeunesse dorée parisienne grâce à un projet de marque de bijoux. En parallèle, sa rencontre avec une jeune chercheuse en écologie l'oblige à questionner ses choix de vie et l'image qu'il renvoie. Abraham Wapler porte le film avec beaucoup de naturel. Son physique rappelle d'ailleurs souvent celui d'Orelsan, ce qui renforce le côté désabusé et maladroit de son personnage. Malheureusement, le scénario hésite constamment entre satire sociale, chronique générationnelle ou romance. Aucune de ces pistes n'est véritablement menée jusqu'au bout.
De jeunes acteurs pour un scénario manifestement écrit aussi pour drainer dans les salles la Génération Z (14 – 29 ans aujourd’hui). C’est sans doute parce que je ne suis pas de cette génération que je n’ai pas trop goûté à cette comédie romance. J’ai simplement apprécié le joli minois de Raïka Hazanavicius (un nom de famille qui compte dans le cinéma). Et aussi l’étonnement autour d’un Félix Lefebvre – même génération de jeunes acteurs – parfait sosie de François Civil qui nous dit-on avait refusé le rôle. Génial, audacieux, osant évoquer sans filtre la sexualité des jeunes adultes (oh oui...) nous disent les critiques conquis. Je le suis moins.
Dans ce film, le réalisateur dont c’est le premier long-métrage suit la vie plutôt chaotique d’un jeune apprenti acteur qui cherche sa voie pour réussir dans sa vie professionnelle et personnelle. Bien réalisé et également bien interprété par Félix LEFEBVRE, ce film m’a paru tout de même assez moyen et n’apporte rien de nouveau sur ce sujet souvent traité au cinéma.
Bernard CORIC (Film visionné le 16/06/2026 en projection de presse au Club 13 à PARIS)
La société du rêve, de la frustration et de la distance avec les gens qui nous aiment
On passe plus de temps à pourchasser de l'éphémère qu'à passer du temps avec nos proches. Le diktat des relations parasociales et le déficit d'amour imposé par les réseaux sociaux. Tout le monde veut son heure de gloire comme dans Starmania, mais ça ne change pas la solitude et nos propres insécurités. Parce que dépendre du désir des autres revient à se priver de sa liberté.
Il y a la réalité physique et celle dans notre tête. C'est précisément dans cet espace de friction que s'inscrit le nouveau film de Léopold Kraus. À travers Gabriel Rose, influenceur beauté fauché rêvant de devenir comédien, le réalisateur interroge un métier où l'on dépend du désir des autres. Celui d'un directeur de casting, d'un producteur, d'un public, d'une communauté de followers ou même d'un algorithme. Le film devient alors une réflexion sur le métier d'acteur, sur ce qu'il est et représente, sur ce qu'il apporte au monde. Car derrière les apparences, il y a aussi le travail des mots. Ces mots auxquels les artistes donnent vie, auxquels ils offrent une âme, jusqu'à parfois se confondre avec les personnages qu'ils incarnent ou l'image qu'ils projettent.
Le récit observe également avec une grande sensibilité la solitude de ceux qui vivent dans une illusion pour les followers. Une illusion fragile, éphémère, où l'attention semble acquise avant de disparaître presque aussitôt. Finalement, les gens s'en foutent car au bout de 20 minutes ils ont oublié. Dans cet univers, l'influence devient une mécanique gouvernée par le rapport au désir des autres et par l'algorithme, ce grand régulateur abstrait qui décide qui va vivre ou mourir selon ses propres critères mouvant sans cesse. Sensible, drôle et cruellement triste, le film dresse ainsi le portrait d'artistes essayant de percer dans le milieu de la comédie, du cinéma ou de l'influence, tout en cherchant simplement à être vus, aimés et reconnus pour ce qu'ils sont réellement.
Cette mécanique dépasse pourtant largement le cadre des réseaux sociaux. Le film décrit une génération qui confond progressivement visibilité et existence. Être vu devient une preuve d'avoir réussi, tandis que disparaître quelques jours des écrans provoque déjà la peur d'être remplacé. Cette logique produit une instabilité permanente où chacun tente d'entretenir une version idéalisée de lui-même. L'identité cesse alors d'être un point d'appui pour devenir un produit constamment ajusté selon les réactions du public.
Le paradoxe apparaît lorsque cette quête de reconnaissance éloigne précisément des personnes capables d'apporter une affection durable. Les proches deviennent secondaires face aux inconnus dont l'approbation semble plus prestigieuse. Pourtant cette validation reste extrêmement fragile. Un contenu chasse le précédent, une tendance remplace la suivante, un nouvel algorithme redistribue brutalement la visibilité. Le film met ainsi en lumière une économie émotionnelle où la frustration devient presque structurelle puisque chaque réussite est immédiatement consommée puis oubliée.
Cette observation touche également le spectateur parce qu'elle dépasse le seul univers des influenceurs. Beaucoup reconnaîtront cette impression de courir après des objectifs sans jamais profiter pleinement de ce qui est déjà présent autour d'eux. Microstar rappelle alors qu'il existe une différence fondamentale entre être reconnu et être véritablement connu. La première dépend d'un regard collectif, fluctuant et imprévisible. La seconde repose sur des relations capables de survivre aux échecs, aux absences et au silence. C'est dans cet écart que le film trouve sa dimension la plus universelle, en interrogeant moins la célébrité que notre manière contemporaine de chercher l'amour et la reconnaissance.
Gabriel Rose est influenceur mais rêve de cinéma. Il rencontre Stanislas, un fils à papa qui fourmille de projet et intéressé par la popularité numérique du jeune homme. Ils vont former un binôme surprenant où chacun tente de tirer profit de l’autre. Le film est loin d’être aussi creux que les personnages. C’est attendrissant.
Gabriel rêve de percer par tous les moyens : le cinéma, le standup, l’influence mais il n’a ni le talent, ni les contacts, sa rencontre avec un fils à papa pourrait exaucer son rêve. Petite comédie légère sur une thématique qui l’est tout autant. Ça se regarde sans problème, ça s’oublie aussi sans problème.
On pardonnera pas mal de choses à ce premier film pétri de bonnes intentions grâce à sa sincérité et sa justesse de trait. Cependant, on se désole tout de même qu’il devienne de plus en plus insignifiant et décevant au fur et à mesure qu’il progresse. Pourtant, on ne peut nier que « Microstar » débute plutôt bien à tel point qu’on sentirait presque poindre le film générationnel pour celle à laquelle on a attribué la lettre Z. On y suit un jeune homme qui en est donc issu et comme on en voit tant : gentil mais un peu paumé, à moitié influenceur (raté) et à moitié acteur (sans rôle) et qu’on va suivre lors de ses pérégrinations d’étudiant parisien à notre époque. Entre romances, errances, rencontres, combines et petits plans pour se faire du fric, le personnage de Gabriel incarné pae Abraham Wepler inspire automatiquement une certaine sympathie. Durant la première demi-heure, on se dit que l’on va passer un bon petit moment de détente, en phase avec notre époque et les préoccupations des jeunes de cet âge-là. Il y a même pas mal de séquences qui font mouche comme celles avec le père azimuté et surtout celles où entre en jeu Félix Lefebvre. Le jeune comédien découvert dans le sublime « Été 85 » de François Ozon confirme tout le bien que l’on pense de lui et continue de varier les prestations. Avec celui de ce fils de riche à moitié magouilleur, à moitié flambeur et 100% perché, il étonne en embrassant totalement l’aspect caricatural du rôle. Cheveux blonds peroxydés, gouaille charmeuse et attitude complètement perchée, il est excellent. Il y a donc des bonnes choses dans ce petit film.
Il faudra cependant se faire une raison : « Microstar » ne passe pas le cap du long-métrage et – si on devait user d’une métaphore facile – il tient plus du petit sprinteur que du grand marathonien. En effet, très vite, l’intrigue (ou ce qui sert d’intrigue) n’avance plus guère et le film commence rapidement à tourner en rond ou faire du surplace, faute de renouvellement des enjeux et d’un vrai scénario. On est plutôt face à une succession de petites vignettes, tantôt amusantes et bien vues, tantôt faciles, clichées (l’audition), ratées ou déjà vues (les soirées d’enfants de riches). Et ça fait peut-être un peu mal de le dire mais on est clairement face à un « microfilm » qui se révèle insignifiant et anecdotique. La mise en scène est correcte mais, après une petite heure et trente minutes, on se rend compte qu’il y avait beaucoup de vide dans ce long-métrage, que tout reste en surface, sans parvenir non plus à nous embarquer dans le versant chronique d’une génération comme pouvait le faire Cédric Klapish avec « L’Auberge espagnole » et ses suites. Quant au propos sur les nepo babies (ses enfants de stars qui suivent le chemin de leurs parents dans le show-business), il est tristement survolé et le script ne capitalise pas du tout sur ceux qui ont été convoqués au casting. En somme, c’est sympathique sans plus grâce à quelques moments bien rendus mais c’est surtout très oubliable.
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Une bonne surprise ! "Microstar" s'appuie avant tout sur une bande d'acteurs frais et attachants, qui insufflent une belle énergie à l'ensemble. C'est vrai que le scénario a tendance à s'éparpiller un peu en mélangeant plein de thématiques différentes — entre les galères d'un influenceur en panne d'inspiration, la trajectoire d'un éternel looser et ses complexes intimes ou encore la crise existentielle d'un fils à papa. Ça donne un côté un peu décousu par moments, mais ça fonctionne quand même globalement bien grâce au rythme et à la justesse des situations. Surtout, le film réussit à ne pas être qu'une simple farce : l'équilibre est bien trouvé entre rire et des moments d'émotion beaucoup plus sincères et touchants. Une comédie moderne et sincère qui mérite un coup d’œil sans pour autant être indispensable.
Pour moi c'est une réussite que ce premier long-métrage de Léopold Kraus à travers une Comédie mordante et en quelque sorte une radiographie de la Génération Z ( personnes nées entre 1997 et 2012 ) , une Génération qui se cherche avec une difficulté d’exister . Pour l'anecdote , le protagoniste principal Abraham Wapler , fils de Valérie Benguigui , a une ressemblance certaine avec François Civil .
Une sympathique comédie dramatique dans l’air du temps sur ce monde artificiel des influenceurs et de ces jeunes qui veulent réussir tant sur scène que sur les réseaux sociaux. L’histoire est bien ficelée, l’interprétation est excellente et on ne s’ennuie pas une minute. La mise en scène est aussi efficace et la bande son plutôt bonne. Un bon petit film français et ça fait du bien …
Avec Microstar, Léopold Kraus signe une chronique contemporaine mordante sur le culte de l'image, les réseaux sociaux et l'illusion de la réussite. Entre satire sociale, comédie dramatique et récit initiatique, le film dresse le portrait d'une génération en quête de reconnaissance dans un monde où les apparences valent souvent plus que les convictions.
Gabriel Rose, influenceur beauté sans le sou, rêve de percer comme comédien. Après une succession d'échecs, une rencontre avec Stanislas, héritier fortuné évoluant dans les cercles les plus privilégiés de Paris, lui ouvre les portes d'un univers où luxe, influence et opportunisme semblent être les seules règles. Mais l'arrivée de Pauline, jeune chercheuse engagée en écologie politique, remet progressivement en question ses ambitions et son rapport au succès.
Le scénario explore avec intelligence le fossé entre deux visions du monde : celle d'une société obsédée par la visibilité, la consommation et le prestige social, et celle portée par une génération qui cherche encore à donner du sens à son engagement. Sans jamais sombrer dans la caricature, Léopold Kraus observe les contradictions de son époque avec un regard à la fois ironique et empathique.
Abraham Wapler compose un personnage principal particulièrement crédible, partagé entre son désir d'ascension sociale et son besoin d'authenticité. À ses côtés, Félix Lefebvre incarne avec justesse l'insouciance d'une jeunesse privilégiée, tandis que Raïka Hazanavicius apporte beaucoup de finesse au personnage de Pauline, véritable contrepoint moral du récit.
La mise en scène alterne habilement entre l'esthétique lisse des réseaux sociaux et une approche plus naturaliste des moments d'intimité. Ce contraste souligne efficacement le décalage entre l'image que chacun construit et la réalité de ses doutes, donnant au film une identité visuelle cohérente avec son propos.
À travers le parcours de Gabriel, Microstar questionne la valeur du succès, la fabrication des identités numériques et le besoin de trouver sa place dans une société dominée par l'apparence. Derrière son humour et son regard satirique, le film offre une réflexion étonnamment sensible sur les aspirations d'une génération.
Une satire contemporaine fine et intelligente, portée par un casting convaincant. Léopold Kraus signe un premier film lucide sur les illusions de la célébrité et la difficulté de rester fidèle à soi-même.
Ce trio d'acteurs embrasse pleinement l'absurdité du milieu qu'il croque, et le charme opère assez vite. Abraham Wapler compose un romantique un peu gauche, Raïka Hazanavicius s'amuse à dénoncer le népotisme du cinéma, ironie savoureuse pour une fille d'artiste reconnue, et Félix Lefebvre enfile costumes clinquants et bijoux dorés en fils à papa parfaitement bling-bling. L'ensemble dégage une fantaisie réjouissante. Pour un premier film, Léopold Kraus insuffle une vraie fraîcheur à cette comédie sur une génération biberonnée aux réseaux et à l'angoisse du monde. Le récit reste plus touchant que franchement drôle, la mise en scène peine parfois à trouver son tempo, mais l'énergie communicative du casting suffit à emporter l'ensemble.
Un film qui ne révolutionnera pas le genre mais montre la superficialité des vingtenaires à la conquête des réseaux sociaux. De bonnes interprétations et un bon rythme qui permettent de ne pas s'ennuyer. Un bon moment
Film assez personnel sur un jeune homme de 24 ans qui galère dans la vie. Il veut être acteur mais rate ses castings, il veut séduire mais, en cumulant les conquêtes, il les perd toutes. De belles scènes filmées à Paris, à vélo ou dans les appartements parisiens. Coup de coeur pour Rakia Hazanavicius. Fin du film touchante.