Fight of Fury
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Nicolas A
Nicolas A

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5,0
Publiée le 22 décembre 2025
Un nanar comme on les aime. Tout y est : scénario basique, montage aléatoire, dialogue soporifique, acteurs moyens… un chef d’œuvre !
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 décembre 2025
J'ai eu l'immense plaisir de découvrir "Fight of Fury" en salle, lors de la soirée annuelle Nanarland de Lyon. Assurément le meilleur contexte pour déguster ce type de nanar pur jus, halluciné et hallucinant !
"Fight of Fury", c'est un film de kung fu, et surtout un méga-ego-trip conçu, réalisé, interprété par Shuny Bee, professeur d'arts martiaux dans la vraie vie. Prétextant rendre hommage à Bruce Lee et véhiculer une idéologie de paix, le projet transpire avant tout la vanité la plus profonde... et l'amateurisme le plus total.
Par où commencer ? Les acteurs sont évidemment médiocres, dont Shuny Bee et ses tentatives de jouer l'homme blessé ou le séducteur posé... Et sa fille (dans son propre rôle) qui se poile alors que des méchants la malmènent ! Il faut dire aussi que les dialogues lunaires ne sont guère aidants.
L'histoire est minimaliste : notre homme donne un cours d'auto-défense dans son dojo, quand un donzelle en détresse frappe à sa porte. Il tatane un groupe de sbires incompétents (mais polis, puisqu'ils attendent chacun leur tour). Et patatra, le voilà à affronter une organisation criminelle de traite humaine.
La forme est d'un amateurisme déconcertant, sans doute lié au manque de budget. Aucune gestion de la lumière, un montage hasardeux, des décors répétitifs (le dojo a été usé sous toutes les coutures, et des maisons d'amis aussi visiblement). Mais les éléments bien cocasses sont les cadrages très approximatifs, et les arrière-plans qui n'ont évidemment pas pu être gérés.
Des figurants qui regardent la caméra et les acteurs, une maman et son bébé en tricycle qui passent tranquillou devant la baston culminante, ou des voitures qui circulent comme si de rien n'était.
Parlons-en d'ailleurs des voitures, c'est le festival ! Les personnages en changent régulièrement sans la moindre explication (véhicules de location à changer ?). Ils conduisent erratiquement, passent leur temps à ouvrir des portières, à se garer, certains plans sont utilisés plusieurs fois... C'est l'un des gimmicks les plus drôles du film !
Je citerai aussi cette séquence inutile et complètement artificielle de visite chez un marchand de glace. Qui m'a furieusement fait penser à la célèbre scène du fleuriste de "The Room" !
Impossible d'évoquer ici tous les détails nanaresques, que je ne fais qu'effleurer. Il faudrait honnêtement plusieurs visionnages pour tout repérer.
J'évoquerai simplement les "hommages" à Bruce Lee, qui consistent à reprendre ses miaulements en fond sonore jusqu'à l'overdose. A imiter les scénarios simplets de ses polars urbains tels que "The Way of the Dragon". Et à mouliner stérilement du nunchaku jusqu'à l'absurde.
D'ailleurs à ce niveau les combats ont le mérite d'être aussi ridicules que nombreux. Peut-être Shuny Bee est-il un bon professeur, mais à l'écran ses chorégraphiques font surtout rire ! Avec en prime une incroyable séquence où sa fille tatane des camarades d'école peu affables (!).
"Fight of Fury" est donc un délicieux nanar, tant par sa mégalomanie que par sa générosité.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 175 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 11 décembre 2025
Brandon, un professeur de jeet kune do à Pasadena, vient en aide à une jeune femme fuyant des trafiquants d’êtres humains…

spoiler: Comment assouvir son égotrip lorsque l’on n’est qu’un simple professeur d’arts martiaux ayant eu l'opportunité de jouer dans 2 films (inconnu du grand public) et que l’on n’est pas prédestiné à une carrière d’acteur ? Tout simplement en réalisant son propre film.
C’est ainsi que Shuny Bee s’est retrouvé multicasquette (réalisateur, scénariste, producteur, monteur, cascadeur et bien évidemment, acteur principal) de son propre film.

Fight of Fury (2020) est l’archétype du film de prof de karaté qui vient en aide à la veuve et à l’orphelin spoiler: (auto-produit et incarné par des profs de karaté qui, s’ils sont doués dans leur domaine de prédilection, ils ne le sont pas forcément devant une caméra). Prenons par exemple les frères McNamara (Dragon Kickboxers - 1990), qui se sont mis en scène dans plusieurs films, incarnant toujours des profs de karaté (qui n’hésitent jamais à faire un p’tit coup de promo pour leur dojo) et qui à chaque fois, côté interprétation, étaient toujours à côté de la plaque. Shuny Bee prend exemple sur ces derniers, non seulement il est foncièrement mauvais en tant qu’acteur mais il n’oublie jamais de glisser un p’tit coup de pub pour son dojo d’arts martiaux
.

Shuny Bee à un grand besoin de reconnaissance et ça transparaît dans tous les plans de son film où il ne cherche qu’une chose, se mettre en avant du mieux que possible, quitte à monopoliser les ¾ des plans. spoiler: Il incarne l'archétype de l’homme valeureux mais blessé, c’est un père de famille veuf (traumatisé par la perte de sa chère et tendre), qui s’est battu pour son pays (c'est un ancien "Gurkha", les forces armées népalaises) et qui se voit en "sensei" pour transmettre aux femmes (il donne des cours d’autodéfense à une clientèle exclusivement féminine) les bonnes pratiques du jeet kune do. Bref, c’est un bon père de famille aimant, modeste et toujours présent pour sa communauté, l’exemple même de l’homme parfait (ce type n’a aucun défaut)
.

Et pour renforcer le côté machiavélique des méchants qui pullulent à Pasadena, le réalisateur/acteur/scénariste/et ainsi de suite, n’y va pas de main morte pour les dépeindre spoiler: (traite d’êtres humains, trafiquants de drogue et proxénètes] et tout ce beau monde surjoue dès qu’ils en ont l’occasion (concours de dents serrés, lunettes de soleil pour faire bad guys et affublés de surnoms complètement pétés : "Brutal" & "Turbo")
.

Côté mise en scène, bah… sans surprise, on ne s’invente pas réalisateur, c’est un métier ! spoiler: La direction artistique est totalement Iarguée (chacun joue comme il l’entend, il n’y a aucune cohérence), les chorégraphies sont flinguées (on a beau être un pro d’arts martiaux, là aussi, on ne s’invente pas chorégraphe de combats), les scènes de fights semblent avoir été chorégraphiées avec le ɔuI, réalisées sous Tranxene (c’est loooooooong) et bourrées de faux raccords (ça a au moins le mérite de distraire)
.

Enfin, concernant Shuny Bee, spoiler: là aussi il y aurait tant à dire et redire. Ce dernier est tellement imbus de lui-même qu’il ne se refuse rien face caméra. Tout tourne autour de lui (et quand ce n’est pas lui, c’est sa propre fille qui prend la relève), l’intrigue, les personnages, l’action, il est au centre du film et s’en donne à coeur joie, sauf qu’il est absolument pas crédible et vient sans cesse nous rappeler que le métier d’acteur ça s’apprend (il prend toujours la même tête de chien battu pour évoquer sa femme décédée (et vioIée). Sans oublier que son personnage est parfaitement détestabIe à nous sortir des proverbes et des métaphores à la ɔon à tout bout de champs. Il a tellement le melon qu’il ne se prive pas pour citer Schwarzenegger avec un "Hasta la Vista, Baby !" (Terminator 2 - 1991) ou même d’imiter Bruce Lee avec ses p’tits cris de castra à chaque fois qu’il porte des coups à ses adversaires
.

A noter enfin que le film se termine sur un cliffhanger, si bien que l’on reste sur notre faim et que l’on n’a qu’une hâte, pouvoir découvrir (s’il voit le jour) Fight of Fury 2 - Annihilation.

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