*Quand j’étais petit* est de ces films qui murmurent plutôt qu’ils ne déclarent, qui avancent à hauteur d’enfance pour mieux révéler la profondeur du temps. À travers la fraîcheur désarmante des questions d’enfants, le documentaire ouvre une porte inattendue : celle d’un passé vivant, incarné, vibrant encore dans la mémoire de nos aînés.
Ce qui pourrait n’être qu’un recueil de souvenirs devient ici une traversée sensible, presque magique. Les paroles glanées au fil des années se déposent comme des éclats de lumière, tantôt drôles, tantôt poignants, toujours justes. Il y a dans ces récits une poésie brute, née de la simplicité des mots et de la sincérité des regards. Quand une voix affirme, avec un sourire : « La mer ? La mer, c’était dans les champs ! », c’est tout un monde disparu qui ressurgit, un imaginaire façonné par d’autres horizons, d’autres manques, d’autres richesses.
La réalisatrice compose un film délicat, où l’humour se mêle à la tendresse sans jamais forcer l’émotion. Elle capte l’essentiel : ce lien fragile et précieux entre les générations, ce passage de relais invisible où les souvenirs deviennent héritage. On en ressort avec le sentiment d’avoir touché quelque chose de rare — une mémoire vivante, offerte avec pudeur, et qui continue de résonner bien après le silence de la dernière image.
Un film profondément humain, qui nous rappelle que l’enfance n’est jamais tout à fait derrière nous, et que le passé, lui, ne demande qu’à être écouté pour continuer d’exister.