Super héroïne du quotidien
Le joli documentaire que voilà ! Ça se passe en Guinée et c’est réalisé par la néerlandaise Marjolijn Prins. 71 minutes au cœur de Conakry, entre coupures de courant, précarité de l’habitat, pénurie alimentaire, système scolaire défaillant, pour un portrait étonnant, celui de Fanta, une contorsionniste de 14 ans. À force de jongler quotidiennement entre l’école, le soutien à sa famille et ses entraînements au sein de la troupe où elle est l’une des rares filles, Fanta commence à douter de son rêve le plus cher : participer à la prochaine grande tournée du cirque acrobatique Amoukanama. C’est un luxe et un plaisir de découvrir l’Afrique noire si démunie et pourtant si volontaire. Un docu touchant et magnifiquement filmé.
De belles qualités techniques - superbe photo, personnage très attachant, capacité à plonger dans l'intime, montage virtuose -, tout est là pour nous faire aimer cette jeune adolescente – 14 ans -, que l’on suit pas à pas dans son quotidien. Suffisant et passionnant, alors pourquoi s’embarrasser d’échappées oniriques au cœur d’une nature fantasmée ? On a surtout l’impression que la cinéaste – certes débutante-, a voulu se faire plaisir. Encore faut-il penser d’abord au spectateur et le laisser suivre le chemin semé d’embûches que notre jeune fille tente suivre tant bien mal. Car la seule question qui vaille ici, reste : Fanta va-t-elle trouver la force de continuer à s'entraîner ? Un sujet suffisamment fort d’un point de vue dramatique pour qu’on ne s’éparpille pas ? Il y avait assez à faire avec l’alternance entre l’école, les tâches ménagères, le soutien à sa famille et l’entraînement très exigent, pour nourrir plus encore que ces trop courtes 71 minutes. U film lumineux qui nous ouvre à la riche culture guinéenne à travers la compagnie de cirque Amoukanama, porteuse d’un projet de vie, de rêves, d’accès à la reconnaissance, pourquoi pas à la notoriété, mais aussi à un ailleurs pour cette jeune fille déjà adulte avant l’âge.