À l'origine, De la Comédie-Française devait être une série consacrée à la célèbre institution théâtrale. Mais lorsque le projet s'est enlisé, les producteurs ont proposé d'en faire un long métrage. Un élément a précipité les choses : la disponibilité exceptionnelle de la Salle Richelieu pendant plusieurs jours, en raison de travaux. Une occasion rarissime qui a poussé les auteurs à écrire le scénario en seulement deux mois avant un tournage mené tambour battant.
Pour construire leur récit, les scénaristes ont multiplié les entretiens avec des sociétaires et pensionnaires de la Comédie-Française. Ces échanges leur ont permis de recueillir anecdotes, habitudes de travail et situations insolites vécues au sein de la troupe. De nombreuses scènes du film s'inspirent ainsi de faits réels, même si les événements ont été condensés et amplifiés pour les besoins de la comédie.
Les réalisateurs tenaient à ce que la troupe raconte sa propre histoire. Résultat : tous les rôles, même les plus modestes, sont interprétés par des sociétaires ou pensionnaires de la Comédie-Française. Cette approche a facilité le tournage, les comédiens connaissant déjà les lieux, les usages et souvent leurs partenaires de jeu. Une authenticité rare qui a également servi l'efficacité du plateau.
Parmi les choix de casting les plus inattendus figure celui de Guillaume Gallienne. L'acteur, habitué aux premiers rôles, incarne ici un gardien d'accueil particulièrement pointilleux. Ce contre-emploi a immédiatement séduit l'équipe, qui voyait dans cette apparition une manière ludique d'affirmer le ton de fiction du film. Sa participation a néanmoins nécessité une organisation minutieuse puisqu'il ne disposait que d'une seule journée de tournage.
L'une des ambitions du film était de dévoiler les espaces habituellement invisibles de la Comédie-Française. Les réalisateurs ont ainsi investi les couloirs, loges, ateliers et recoins du théâtre pour montrer l'envers du décor. Un défi logistique important puisque la troupe continuait à répéter et à jouer pendant le tournage. L'équipe a dû s'adapter en permanence au rythme de cette institution en activité.
Avec seulement trois semaines de tournage, le calendrier du film semblait particulièrement ambitieux. Pourtant, l'expérience des comédiens de la Comédie-Française a largement facilité les choses. Selon les réalisateurs et le monteur, les premières prises étaient souvent les bonnes, réduisant considérablement le nombre de répétitions nécessaires. Une efficacité qui a permis au film de respecter un planning particulièrement serré.