C'est avec un bâton lumineux planté dans le pif et les deux tympans en sang à chaque apparition de Felix ("AAAAAAAAAH") qu'on a découvert le public K-Pop (on avait peur que l'aspect "cinéma" restreigne l'ambiance "concert": les mistinguettes survoltées ont assuré le show comme en fosse). Disons-le de suite : les Stray Kids sont d'excellents performers pour peu que vous aimiez les bons sons de RnB, de rap "old school" (les couplets "ghetto blaster 90's" de leurs chansons hip-hop, comme S-Class ou MANIAC, nous font toujours un effet nostalgique incroyable) et même reggaeton (oui, Chk Chk Boom c'est du reggaeton, et c'est pour ça qu'elle nous fait remuer le popotin sans même forcer). Ils sont jeunes, dynamiques, nombreux (c'est un vrai "plus" pour les choré), et ils ont un sacré charisme, bref : c'est un très bon groupe qui pioche dans tellement de styles musicaux différents (pas que "pop") que vous aimerez forcément plusieurs titres. En revanche, là où l'on a moins aimé le film, c'est dans l'obligation qu'il s'est fait d'alterner le concert DominATE avec des apartés documentaires de chaque membre. Non seulement cela casse complètement le rythme des shows ultra-ambiancés (ça saute partout dans la salle de ciné, puis ça attend les bras ballants le temps des docs... C'est dommage), mais en plus ils disent à peu près la même chose, neuf fois (non, ils sont bien huit sur scène, mais Bang Chan passe deux fois) : "J'ai des failles / Je n'ai pas l'impression d'être célèbre / C'est la scène qui me fait vivre" (à répéter neuf fois... Sur un fond assez mal détouré, ou avec plusieurs fois la même archive : Universal, vous auriez pu faire un effort). Allez, il y a bien quelques archives qui nous ont fait sourire, comme celle du groupe qui essaie de trouver la note parfaite sur une chanson, enchaînant les fausses notes, et le plan se décale sur la gueule du membre dont c'est le documentaire, qui est choqué de l'horreur qu'il entend : on ne s'y attendait pas, et c'est très drôle. Ce n'est pas tant l'idée de découvrir en détails les membres du groupe qui nous a dérangé (au contraire, c'est un bonus "intime" pour les fans, et une façon simple de les connaître pour les néophytes : big up à tous les "Papounets et Mamounettes" de la salle), mais plutôt le découpage en neuf intermissions, il aurait mieux valu une première partie "documentaire", tout collé, et embrayer sur le concert à fond la sono, sans s'arrêter. Mais voilà, comment faire croire qu'on n'a pas adoré le concert, quand on nous sort un kilt-pantalon à tartan digne de The Clash, une décapotable rouge rutilante assortie aux blazers rouges des Stray Kids, des cessions rap (Changbin : mais quel flow) en bonnet et chasubles de basket à la mode 90's, une voix inimitable (Felix, outre le "AAAAAAH" qu'il dégage chez la gent féminine très jeune, a quand même une voix impressionnante), une énergie débordante, beaucoup de sollicitations du public (dans notre salle, ça n'a pas arrêté de gueuler dans des tessitures proches de l'ultrason : inutile d'aller faire le bilan chez Audika, venez juste voir DominATE, vous saurez si vous entendez bien), et un bon final. La petite tournée en chars est un chouette moment, mais ce qu'on n'avait pas prévu, c'est la reprise de Chk Chk Boom en version "speed-rap" avec beaucoup de basses, pour le rappel, alors là, forcément qu'on se lève. C'est un très bon film-concert, pour tous ceux qui aiment le groupe (c'est notre groupe de K-Pop préféré, avec ATEEZ : on aime le gros son qui décolle le papier-peint), dont le seul point noir reste ces intermissions répétitives, mais dans l'ensemble on s'éclate bien du côté public. Avec le pif qui brille, et les oreilles en feu : expérience garantie.