Avec "Dégel", Manuela Martelli nous promet un thriller palpitant, le tout dans un ambiance froide et surtout oppressante. Mais malheureusement, du thriller, il n'en reste pas grand-chose. Deux filles, une chilienne et une adolescente allemande se lient d'amitié. Et lorsque l'adolescente allemande disparait, la petite chilienne fait tout pour la retrouver. Peut-être qu'elle n'en sait plus que ce qu'elle ne dit ? Bref, voilà le genre de thriller que j'adore mais seulement, il ne se passe rien. Voilà, je ne sais pas vraiment comment le dire autrement, il ne se passe littéralement rien. À la place d'une enquête passionnante est montrée une relation devenant de plus en plus étrange entre la jeune chilienne et la mère de l'allemande. En effet, les deux se prennent d'affection mais d'une affection quand même toxique. En plus de ça, la petite chilienne devient rapidement la fille de substitution de la mère allemande et inversement, ou en tout cas elles projettent leurs sentiments, regrets et frustrations l'une sur l'autre. Voilà bon, c'est intéressant mais c'est clairement pas ce que nous vend le synopsis ni le trailer ! Alors après, pour la défense du film, il y a tout un contexte politique puisque le film se déroule dans les années 90 et que les relations entre le Chili et la RDA, soit l'Allemagne de l'Est, étaient visiblement tendues. C'est un contexte historique que je n'ai clairement pas et je suis donc peut-être passé à côté du film à cause de ça. Toujours est-il que malgré une mise en scène qui reste quand même très maitrisée, travaillant par ailleurs parfaitement son ambiance promise, "Dégel" est un film qui m'a plus ennuyé et surtout frustré qu'autre chose !
Le film est assez particulier. On est pris dans ce long silence et cet esprit communautaire : pas de vague, on fait tout pour le client, mais on protège l'image avant tout. La jeune actrice joue incroyablement bien, elle porte le film et toute cette tension émane de sa manière à se mouvoir dans ce monde adulte qu'elle ne comprend pas.
Dégel construit son malaise moins par l'événement que par ce qui l'entoure. Au Chili en 1992, Inés vit temporairement dans l'hôtel de ses grands-parents, au cœur d'une station de ski, lorsqu'Hanna, une jeune Allemande avec laquelle elle vient de se lier d'amitié, disparaît. Dès lors, quelque chose se dérègle. Les adultes parlent, travaillent, accueillent les clients et maintiennent le fonctionnement quotidien, tandis que l'enfant observe des comportements dont elle ne possède pas encore toutes les clés d'interprétation.
C'est là que Maya O'Rourke devient essentielle. Inés n'est pas une petite enquêtrice artificiellement transformée en adulte, elle demeure une enfant qui tente d'organiser cognitivement des informations contradictoires. Ce qu'elle voit et ce qu'on lui dit ne coïncident plus. Dégel installe ainsi une rupture progressive de la confiance envers la parole adulte, et le spectateur se retrouve dans une position voisine : il ressent qu'une chose est dissimulée avant de pouvoir exactement la nommer.
La station participe énormément à cette sensation. Le film se déroule bien au Chili, pourtant la neige, l'hôtel et la présence de personnages allemands produisent parfois une curieuse impression européenne, presque espagnole. L'espace devient culturellement difficile à situer. Cette étrangeté géographique renforce l'isolement et rappelle, par instants, Picnic at Hanging Rock ou Shining, sans basculer dans leurs registres respectifs.
La neige possède enfin une fonction presque paradoxale. Elle rend la montagne magnifique, absorbe les sons et rassemble les individus dans les espaces chauffés, mais transforme simultanément la forêt et les chemins en territoires hostiles. Dans cet environnement où une disparition vient rompre l'équilibre communautaire, le danger n'a même plus besoin d'être constamment visible. Il suffit que chacun continue à vivre presque normalement.
Au Chili en 1992, Ines est une jeune fille timide et attachante. Elle se lie d’amitié avec Hannah, cliente de l’hôtel de sa grand mère venue à la montagne préparer une compétition sportive de ski. Lorsque cette dernière disparait, Ines tente de la retrouver, alors que l’espoir disparait progressivement. Le décor est sublime. Le scénario est réussi, haletant, on est tenu en haleine grâce à des personnages hyper crédible. Du beau cinéma.
C'est finalement sur l'effet profondément délétère, du mensonge, du non-dit, de la volonté de cacher la vérité, en ce qu'ils jouent un rôle essentiel dans la transmission du trauma inter générationnel ( phénomène largement documenté en psychologie ) que revient le scénario de " Dégel ".
A l'écran, après une première heure réussie, " dégel" perd malheureusement peu à peu son élan, dans sa tentative de balayer un autre contexte que celui de la dictature Chilienne ( au passage largement soutenue par les usa ), celui de l'ancien bloc de l'Est.
Non pas que le regard soit moins pertinent, mais la cinéaste chilienne ne parvient alors curieusement, plus du tout, à maintenir l'intensité qu'elle était parvenue à faire naître.
Alors que ses parents représentent le Chili à l’exposition universelle de Séville Inès est gardée par ses grands parents dans leur hôtel de montagne. Elle se lie d’amitié avec une jeune skieuse allemande, quand celle-ci disparaît c’est la chape de plomb des années Pinochet qui semble remonter à la surface. Un thriller enneigé où une gamine découvre que les dictatures laissent des stigmates et que la réussite de sa famille y est peut-être liée. Un film sur la perte de l’innocence et les secrets enfouis. Sous la neige.
Belle et intéressante réalisation de Manuela Martelli qui se situe pas loin du Thriller Paranoïaque et qui va réveiller les traumatismes des disparus sous la dictature de Pinochet , l'action se situant en 1992 quatre ans après le référendum qui a permis la fin du mandat militaire . En fait le Dégel tout le monde l’attend pour que se dévoilent des secrets cachés sous le tapis – ou la neige – depuis trop longtemps !
Si on en avait un à disposition, on aurait envie d’appuyer sur le bouton FFW tant le film peine à avancer, mais surtout on aurait envie de taper sur la tête de cette petite fille pour qu’elle révèle l’odieux secret que son odieuse famille d’arrivistes opportunistes l’oblige à cacher
Beau film qui réussit à créer un climat angoissant dans cette station de ski au Chili quelques années après la chute du dictateur. Le point de vue adopté, à travers les yeux d'une petite fille de 10 ans à qui tout le monde confie des secrets trop lourds pour son âge, y contribue fortement. Les rapports entre les personnages sont tous étranges : soit violents, soit trop fusionnels. Cette petite fille loin de ses parents, en Espagne pour l'exposition universelle, cherche des gens avec qui dormir et se prend d'amitié avec cette jeune allemande de 14 ans, skiieuse de haut niveau, qui ne se sent pas à l'aise dans le groupe masculin auquel elle fait partie et qui finit par disparaître soudainement. De beaux plans, un gros travail sur la musique très réussi.
Dommage pour certaines maladresses dans ce récit où au final la situation politique du Chili de l’époque n’est pas sous-tendue de façon bien évidente…Et surtout une musique absolument sinistre, insupportable !
Le film peine " à partir", il lui faut bien 30 minutes pour réellement démarrer. Par contre, le film est suffisamment bien construit pour nous entrainer en 1992. L'intrigue est bien construite, les roles bien maitrisés et aucun dénouement n'est proposé ce qui est, à mon avis , une grande qualité. A voir
Le film précédent de Manuella Martelli, "Chili 76" était fort et très soigné. La première demi-heure de ce "Dégel" est encore au-dessus, la réalisatrice posant tout une série de signes visuels invitant le spectateur à se montrer très actif. L'enfant est absolument remarquable. La deuxième partie du film aurait peut-être gagné à être un peu resserrée justement parce que le spectateur a cette fois bien compris les enjeux de l'œuvre. Cela n'empêche nullement d'attendre avec impatience le prochain film de Manuella Martelli.
Dégel de Manuela Martelli est un drame / thriller que j'ai eu la chance de voir en avant-première avec une intervention de la réalisatrice et de la compositrice.
Ses parents font partis de la délégation chilienne à l'exposition universelle de Séville, Inès (Maya O'Rourke) en petite fille attachante s'élève toute seule, ou plus exactement avec les employés de l'hôtel de sa grand-mère. Elle idolâtre Hanna (Maia Rae Domagala) une jeune skieuse allemande prometteuse. Quand celle-ci disparaît mystérieusement, Inès mène l'enquête du haut de ses 9 ans dans un Chili de 1992. Après la dictature...
La compositrice (Maria Portugal) nous a révélé que la musique jouait sur la partition du thriller car c'était le projet de la réalisatrice Manuela Martelli d’instiller cette atmosphère. Et ça fonctionne à merveille. Très rapidement on est pris par ce film dans lequel on déambule sans repère tout comme Inès dans l'hôtel de sa grand-mère. On est, d’ailleurs, pris dans ce contraste entre l'hôtel haut en couleurs dans son agitation et son brouhaha et l’extérieur d’un blanc immaculé qui devrait être paisible si ce n'était ce violoncelle envoûtant. Et globalement, l'esthétique du film est très inspiré, une belle photo, de jolis plans, quelques trouvailles d'angle ou encore des références de couloirs d'hôtel "brillants".
Outre ses facéties et ses explorations, Maya alias Inès, par son jeu merveilleux, nous offre une belle palette d'expressions en peu de mots dans ce Chili du silence.
Au-delà du drame / thriller, ce film expose ce virage pris par le Chili, se revendiquant moderne, tout en conservant les habitudes de la dictature. La mise en perspective au travers de l'équipe allemande de ski est très intéressante. En particulier, la mère d’Hanna : Lina (Saskia Rosendhal) qui vient d'un pays qui n'existe plus. Chute du mur, chute des dictatures...
Ce film est l’histoire d’Inès, d’Hanna, de Sebastiàn, l’histoire d'une jeunesse de l'après.