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Doraemon et le Château sous-marin
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CREOTIVEMEDIA
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4,5
Publiée le 6 octobre 2026
Doraemon et le Château sous-marin entraîne le célèbre chat-robot et sa bande dans les profondeurs de l’océan pour une aventure qui commence comme de simples vacances avant de prendre des proportions beaucoup plus spectaculaires. Tetsuo Yajima retrouve ce qui fait depuis longtemps le charme de l’univers de Doraemon : des gadgets impossibles, une formidable capacité d’émerveillement et des enfants qui découvrent qu’une petite aventure peut soudainement décider du destin du monde.
Tout commence pourtant par l’ennui.
Nobita ne sait pas vraiment quoi faire de son été. Heureusement, vivre avec un chat-robot venu du futur possède quelques avantages. Doraemon propose une solution que peu de familles pourraient raisonnablement envisager : partir camper sous la mer.
Grâce à ses fameux gadgets, les contraintes habituelles disparaissent et le fond de l’océan devient un immense terrain de jeu.
La première partie du film profite pleinement de cette idée. Découvrir les profondeurs aux côtés de Nobita permet de retrouver le plaisir enfantin de l’exploration. Poissons, paysages sous-marins et inventions de Doraemon composent un univers coloré où chaque nouvelle découverte semble pouvoir en cacher une autre.
Mais une épave vient rapidement bouleverser les vacances.
Nobita et ses amis découvrent alors l’existence des Thalassiens et d’un monde dont ils ignoraient totalement la présence. Surtout, une annonce vient transformer l’expédition en mission : le Château sous-marin s’est réveillé.
Et ce réveil pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour la Terre.
Le scénario change alors progressivement d’échelle. L’aventure légère laisse place à une véritable course contre la montre où les enfants doivent comprendre une civilisation inconnue, affronter de nouveaux dangers et empêcher une catastrophe qui les dépasse largement.
Doraemon reste évidemment le cœur du récit. Ses gadgets offrent régulièrement des solutions aussi ingénieuses qu’absurdes, mais le film évite intelligemment d’en faire une réponse automatique à tous les problèmes. La technologie peut aider les personnages ; elle ne remplace ni leur courage ni leur capacité à prendre des décisions.
Nobita demeure quant à lui cet antihéros particulièrement attachant. Maladroit, parfois peureux et rarement le premier que l’on choisirait pour sauver la planète, il trouve précisément sa force dans cette fragilité. Son courage ne vient jamais d’une absence de peur, mais de sa capacité à avancer malgré elle.
L’amitié reste ainsi l’un des piliers du film.
Face au danger, chacun doit trouver sa place dans le groupe. Les chamailleries et les petits égoïsmes du quotidien disparaissent progressivement lorsque la menace devient réelle. Sans révolutionner les codes du cinéma d’animation familial, le film rappelle efficacement que l’aventure devient beaucoup plus difficile lorsqu’on essaie de la vivre seul.
L’environnement sous-marin permet surtout à Tetsuo Yajima de proposer un spectacle visuel généreux. L’océan possède ici une double fonction : merveilleux lorsqu’il est découvert par les enfants, il devient beaucoup plus mystérieux lorsque la bande s’aventure vers des zones inconnues.
Derrière le divertissement apparaît également une réflexion écologique accessible aux plus jeunes. La découverte des Thalassiens oblige les personnages à comprendre que leur monde ne se limite pas à la surface et que les actions d’une civilisation peuvent avoir des conséquences sur une autre.
Le film ne cherche jamais à transformer ce message en leçon pesante. Il passe avant tout par l’aventure et l’émerveillement.
La mécanique reste néanmoins familière. Ceux qui connaissent bien Doraemon retrouveront la structure classique d’une escapade qui dégénère progressivement en mission pour sauver le monde. Certains rebondissements sont donc faciles à anticiper et la dernière partie privilégie logiquement le spectacle.
Mais cette familiarité participe aussi au plaisir.
Doraemon repose depuis toujours sur cette idée formidable qu’une journée ordinaire peut basculer dans l’extraordinaire dès qu’un gadget sort de la poche du chat-robot.
Coloré, généreux et parfaitement accessible aux plus jeunes, Doraemon et le Château sous-marin réussit son voyage dans les profondeurs grâce à un bel équilibre entre humour, aventure et émerveillement. L’intrigue reste classique dans sa construction, mais l’univers sous-marin, les Thalassiens et les innombrables inventions de Doraemon lui donnent suffisamment de fantaisie pour maintenir le plaisir. Une aventure familiale qui rappelle surtout que Nobita n’a peut-être pas besoin d’être le plus courageux de la bande pour accomplir de grandes choses. Et après avoir vu ce dont Doraemon est capable, le camping traditionnel risque forcément de paraître un peu fade.
Avec Doraemon et le Château sous-marin, Tetsuo Yajima fait enfin débarquer au cinéma en France l'une des grandes icônes de la culture japonaise. Doraemon (Emmanuel Curtil), chat-robot venu du futur, propose à Nobita (Brigitte Lecordier), Shizuka (Jehanne Thellier), Gian (Hervé Grull) et Suneo (Louis Lecordier) un camping sous-marin. L'expédition les conduit vers une civilisation inconnue et un château dont le réveil menace la Terre.
En voyant les mains du protagoniste, on se souvient d'Onizuka dans GTO, qui lors d'une leçon pédagogique, s'était collé deux boules de bowling et s'est ainsi rebaptisé Doraemon. Globalement, on est surpris par les décors, contemporains et très détaillés, tandis que le character design reste proche des animes et mangas d'époque. Le travail moderne des textures sert justement de liant entre ces deux temporalités. L'ancien n'est pas effacé pour paraître moderne. Il cohabite avec lui. On retrouve également tout ce qui fait le charme de Doraemon, les gadgets improbables, les catastrophes et cette logique enfantine où une solution extraordinaire provoque souvent de nouveaux problèmes. On retrouve également les bulle-appartements comme celle de Dragon Ball.
La VF est de qualité, avec un beau casting, et l'adaptation conserve les prénoms japonais. On évite ainsi une francisation extravagante et les incohérences culturelles. Cette fidélité compte pour une œuvre née en 1970 et devenue au Japon un véritable élément de culture populaire, alors que le public français reste paradoxalement moins familier avec Doraemon.
L'aventure devient surtout intéressante avec Buggy, automobile connectée et intelligente qui apprend progressivement des concepts humains comme l'amitié, tout en donnant des informations sur la mer et les océans. Son anthropomorphisation déplace l'enjeu émotionnel : une machine peut calculer un risque, accumuler des connaissances, mais comprendre pourquoi quelqu'un accepte un danger presque inutile pour sauver un ami relève d'une autre logique.
Le film cherche ainsi à expliquer des questions simples comme pourquoi quand on sait qu'une chose est vouée à l'échec ou à un résultat nul, on va malgré tout l'affronter pour aider quelqu'un que l'on aime. En somme, nous sommes capables de grandes choses pour la raison du cœur. Entre Telluriens et Thalassiens, altérité, connaissances scientifiques et apprentissage affectif se rencontrent à hauteur d'enfant. Le cœur ne supprime pas la peur ou l'échec, il modifie simplement leur valeur lorsque quelqu'un que l'on aime se trouve de l'autre côté.