Très bien accueilli par la critique, "Un grand raccourci" est souvent présenté comme étant une comédie. Domaine très vaste, la comédie ! En tout cas, il est bon que vous sachiez que "Un grand raccourci" n'est pas une comédie où des gags vous feront rire à gorge déployée toutes les 5 minutes. On y rit, certes, de temps en temps, mais ce sont des rires "intelligents", le plus souvent générés par la finesse avec laquelle des situations sont observées. A titre anecdotique, ce qui, peut-être, m'a fait le plus rire dans le film, c'est de voir un des personnages portant un maillot de l'équipe de football mexicaine des TIGRES UANL au nom de Gignac. Une situation totalement incongrue : on est en Bretagne, Gignac est né à l'autre bout de la France, à Martigues, le club de foot est mexicain ! En fait, "Un grand raccourci" est avant tout un film dans lequel on s'attache à des personnages qui sont loin d'être moralement parfaits mais qui sont touchants. C'est un film dans lequel l'émotion est presque toujours présente. C'est un film fait par de très jeunes réalisateurs et la peinture qu'ils font de personnages de leur âge est évidemment plus juste que celle qu'on a l'habitude de voir dans les films, le plus souvent l’œuvre de réalisateurs qui ont passé l'âge d'être jeune. A noter que, contrairement à ce qui est devenu une mode cinématographique, on n'assiste à aucune scène de "trémoussage" ! C'est un film qui s'intéresse sans lourdeur, sans volonté didactique, à la vie dans la Bretagne profonde, dans l'intérieur des Côtes d'Armor. Alors oui, "Un grand raccourci" est une comédie, mais elle est beaucoup plus proche des comédies de Ken Loach, comme "Looking for Eric" et, plus encore, "La part des anges" que de celles, par exemple, de Jean-Marie Poiré. Si les 2 réalisateurs sont des débutants il n'en est pas de même des interprètes, tous excellents, avec Olivier Rabourdin qu'on ne présente plus, mais aussi 3 des jeunes sur 4, qu'on a déjà vus à plusieurs reprises dans des seconds rôles.