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Quel beau spectacle! Qu'aucun opéra européen n'oserait programmer, de peur d'être taxé d'extrême droite tendance saussiflard /ballon de rouge, tellement c'est peu "distancié" Pour du sang, y a du sang! Le gore n'est pas épargné. Mais c'est sûr que c'est gore, Macbeth...
On retrouve évidemment toutes les habitudes du MET, mettre tellement de figurants sur scène qu'on a l'impression que la scène est toute petite, ce qui n'est sûrement pas le cas...
A commencer par les sorcières, il y en a de toute sorte, chanteuses, acrobates, danseuses, et elles pointent leur nez rigolard dans un coin du décor, dans la plupart des scènes. (Il y en a même une qui accouchera en public d'un hideux marmot coiffé d'une couronne royale...)
Toutes vêtues de robes gris-argent (le gris est la teinte dominante du spectacle), toutes différentes, toutes coiffées d'une sorte de turban, tous différents. Et toutes ayant la bouche barbouillée de noir.
L'imagination et le talent du costumier (Montana Levi Blanco) est sans limite, et se déploie aussi dans les somptueux costumes d'époque portés par Macbeth arrivé au pouvoir, et ses courtisans.
Les décors de Jon Bausor sont magnifiques aussi, sur une tournette où l'on passe depuis les appartements du couple, lourds rideaux rouges (une des rares taches de couleur avec la robe de cérémonie de Lady Macbeth), chandelier qui s'égoutte, espèce de préfiguration du destin du couple, jusqu'à l'espace des batailles, du peuple et des sorcières, un muret de béton noirâtre semé de grosses pierres, avec des ferrailles qui dépassent, cerné d'un mur de béton délabré. Et pour sa dernière scène, lorsque la diabolique a perdu la tête, on la voit errer dans des souterrains grisâtres et sordides, loin des appartements luxueux, à l'image du désert affreux qu'est devenu l'intérieur de son cerveau. On verra aussi au passage de la dernière tournette la famille de McDuff, femme et enfants, assassinée....
Et il y a tellement de recherche dans l'arrangement des groupes de personnages, par exemple dans la scène du peuple misérable du dernier acte, qu'on se croit en face d'un véritable tableau, peint à l'époque de Breughel..
Que d'idées derrière ce classicisme apparent, que d'images marquantes, par exemple lorsque dans la scène du banquet où l'on a apporté sur la table des cochons bien rôtis, Macbeth voit, à la place de ces délicieuses victuailles.... le cadavre de Banquo... (Ryan Speedo Green).
La distribution est idéale. Quinn Kelsey est un excellent Macbeth, belle voix de baryton, solide, belle présence en scène. La bonne surprise vient de l'épatant MacDuff de Freddie De Tommaso. Et bien sûr, on attend la prise de rôle de Lise Davidsen. Elle est merveilleuse, (plus belle que jamais depuis la naissance des jumeaux!) Souvent vêtue d'une longue et fluide robe de nuit blanche qui, lorsqu'elle se pose sur le lit de sa chambre, nous évoque le Cauchemar de Füssli... Nous sommes sous le charme.
Des choeurs du MET on attend toujours le meilleur, comme de l'orchestre et de la direction de Yannick Nezet-Seguin
Naturellement, l'ambition, le goût du pouvoir qui peut conduire au crime, c'est quelque chose d'intemporel et donc, de facilement transposable à d'autres situations, justifiant des mises en scènes plus "innovantes". Ou, mais celle là, non seulement elle est intelligente mais elle est constamment splendide. Eh bien, cette vision si délibérément fidèle, on la doit à une femme, et jeune de surcroit, et allemande d'origine, Louisa Proske.
Il y a donc de l'espoir! (et si on demandait à Lisa une petite muse en scène du Ring, qu'en pensez vous?)
Quel beau spectacle! Qu'aucun opéra européen n'oserait programmer, de peur d'être taxé d'extrême droite tendance saussiflard /ballon de rouge, tellement c'est peu "distancié" Pour du sang, y a du sang! Le gore n'est pas épargné. Mais c'est sûr que c'est gore, Macbeth...
On retrouve évidemment toutes les habitudes du MET, mettre tellement de figurants sur scène qu'on a l'impression que la scène est toute petite, ce qui n'est sûrement pas le cas...
A commencer par les sorcières, il y en a de toute sorte, chanteuses, acrobates, danseuses, et elles pointent leur nez rigolard dans un coin du décor, dans la plupart des scènes. (Il y en a même une qui accouchera en public d'un hideux marmot coiffé d'une couronne royale...)
Toutes vêtues de robes gris-argent (le gris est la teinte dominante du spectacle), toutes différentes, toutes coiffées d'une sorte de turban, tous différents. Et toutes ayant la bouche barbouillée de noir.
L'imagination et le talent du costumier (Montana Levi Blanco) est sans limite, et se déploie aussi dans les somptueux costumes d'époque portés par Macbeth arrivé au pouvoir, et ses courtisans.
Les décors de Jon Bausor sont magnifiques aussi, sur une tournette où l'on passe depuis les appartements du couple, lourds rideaux rouges (une des rares taches de couleur avec la robe de cérémonie de Lady Macbeth), chandelier qui s'égoutte, espèce de préfiguration du destin du couple, jusqu'à l'espace des batailles, du peuple et des sorcières, un muret de béton noirâtre semé de grosses pierres, avec des ferrailles qui dépassent, cerné d'un mur de béton délabré. Et pour sa dernière scène, lorsque la diabolique a perdu la tête, on la voit errer dans des souterrains grisâtres et sordides, loin des appartements luxueux, à l'image du désert affreux qu'est devenu l'intérieur de son cerveau. On verra aussi au passage de la dernière tournette la famille de McDuff, femme et enfants, assassinée....
Et il y a tellement de recherche dans l'arrangement des groupes de personnages, par exemple dans la scène du peuple misérable du dernier acte, qu'on se croit en face d'un véritable tableau, peint à l'époque de Breughel..
Que d'idées derrière ce classicisme apparent, que d'images marquantes, par exemple lorsque dans la scène du banquet où l'on a apporté sur la table des cochons bien rôtis, Macbeth voit, à la place de ces délicieuses victuailles.... le cadavre de Banquo... (Ryan Speedo Green).
La distribution est idéale. Quinn Kelsey est un excellent Macbeth, belle voix de baryton, solide, belle présence en scène. La bonne surprise vient de l'épatant MacDuff de Freddie De Tommaso. Et bien sûr, on attend la prise de rôle de Lise Davidsen. Elle est merveilleuse, (plus belle que jamais depuis la naissance des jumeaux!) Souvent vêtue d'une longue et fluide robe de nuit blanche qui, lorsqu'elle se pose sur le lit de sa chambre, nous évoque le Cauchemar de Füssli... Nous sommes sous le charme.
Des choeurs du MET on attend toujours le meilleur, comme de l'orchestre et de la direction de Yannick Nezet-Seguin
Naturellement, l'ambition, le goût du pouvoir qui peut conduire au crime, c'est quelque chose d'intemporel et donc, de facilement transposable à d'autres situations, justifiant des mises en scènes plus "innovantes". Ou, mais celle là, non seulement elle est intelligente mais elle est constamment splendide. Eh bien, cette vision si délibérément fidèle, on la doit à une femme, et jeune de surcroit, et allemande d'origine, Louisa Proske.
Il y a donc de l'espoir! (et si on demandait à Lisa une petite muse en scène du Ring, qu'en pensez vous?)