Si tu penses bien
Note moyenne
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145 critiques spectateurs

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Paul C
Paul C

27 abonnés 22 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 16 septembre 2026
Quel magnifique film ! Les acteurs sont juste parfait. Géraldine Nakache nous offre un film puissant et terriblement nécéssaire. Foncez au cinéma voir ce film et vous sortirez différent. "Si Tu Penses Bien il ne t'arrivera que du bien".
CREOTIVEMEDIA
CREOTIVEMEDIA

122 abonnés 406 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 septembre 2026
Si tu penses bien s’intéresse à une violence difficile à montrer parce qu’elle ne commence ni par un coup ni par une menace. Géraldine Nakache observe la naissance progressive de l’emprise au sein d’un couple, depuis l’évidence amoureuse des premiers instants jusqu’au moment où l’un des deux partenaires ne sait plus très bien distinguer ses propres pensées de celles qu’on lui a imposées.

Lorsque Gil rencontre Jacques, tout semble simple. L’attirance est immédiate, la relation intense et l’avenir évident. Pourtant, quelque chose se déplace progressivement. Des remarques apparemment anodines deviennent des conseils, les conseils se transforment en règles et ce qui pouvait initialement passer pour de l’attention commence à ressembler à du contrôle.

Jacques possède surtout une phrase : « Si tu penses bien, il ne t’arrivera que du bien. » Derrière cette formule faussement rassurante se trouve l’un des mécanismes les plus inquiétants du récit. Si quelque chose de mauvais arrive à Gil, ce serait donc parce qu’elle n’aurait pas pensé correctement. La responsabilité se déplace insidieusement vers elle.

Le scénario signé Géraldine Nakache et David Lambert évite de faire de l’emprise un basculement soudain. Elle s’installe par petites touches. Un comportement corrigé, une décision remise en question, une relation extérieure fragilisée. Pris séparément, chacun de ces éléments pourrait sembler insignifiant. Leur accumulation dessine pourtant progressivement une prison dont Gil ne perçoit pas immédiatement les murs.

Monia Chokri trouve un rôle particulièrement fort. Gil ne devient jamais une figure passive réduite à sa condition de victime. Le film montre au contraire une femme intelligente et autonome dont les certitudes sont lentement fragilisées. L’interprétation repose beaucoup sur ces changements presque imperceptibles : une hésitation avant de répondre, un regard cherchant l’approbation de l’autre, une décision que l’on n’ose plus prendre seule.

Niels Schneider joue efficacement sur une ambiguïté essentielle. Jacques ne doit pas apparaître immédiatement comme une menace, sans quoi le mécanisme du film perdrait une grande partie de sa force. Son contrôle se dissimule derrière l’amour, la protection et une prétendue volonté d’aider Gil à devenir une meilleure version d’elle-même. C’est précisément cette confusion entre bienveillance et domination qui rend la relation inquiétante.

Clémentine Célarié apporte un regard extérieur indispensable. Car l’emprise fonctionne aussi par isolement : lorsque les repères personnels disparaissent progressivement, les proches peuvent devenir les derniers témoins capables de constater une transformation que la personne concernée ne parvient plus à identifier.

Géraldine Nakache privilégie une mise en scène intime et évite autant que possible les effets spectaculaires. Le malaise naît des conversations, des silences et de la répétition. Une phrase affectueuse peut soudainement prendre un autre sens. Un geste présenté comme protecteur devient intrusif. Le quotidien constitue ainsi le principal espace de tension.

Le film pose surtout une question essentielle : comment reconnaître une relation destructrice lorsque celle-ci continue de se présenter comme une histoire d’amour ? Si tu penses bien montre combien l’emprise repose sur cette contradiction. Jacques ne cherche pas seulement à contrôler les actions de Gil ; il modifie progressivement sa perception de ce qui est normal, acceptable ou même réel.

La démonstration se montre parfois plus explicite lorsqu’il s’agit de nommer certains mécanismes psychologiques. Mais cette volonté de rendre lisible l’installation du contrôle permet également au récit de ne jamais romantiser ce qu’il décrit.

Le chemin de Gil devient alors celui d’une reconquête. Sortir de l’emprise ne signifie pas uniquement quitter quelqu’un : il faut retrouver la capacité de faire confiance à son propre jugement, à ses émotions et à ses décisions.

Précis, inconfortable et porté par une remarquable Monia Chokri, Si tu penses bien décrit avec finesse la mécanique de l’emprise psychologique. Géraldine Nakache montre comment le contrôle peut se dissimuler derrière l’attention et comment une relation amoureuse peut progressivement devenir un espace où l’on ne s’appartient plus complètement. Niels Schneider entretient parfaitement l’ambiguïté nécessaire à ce récit où la violence réside d’abord dans les mots. Un film intime et nécessaire sur la difficulté de reconnaître l’emprise, mais surtout sur celle de retrouver sa propre voix.
Cindy Gozlan
Cindy Gozlan

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 septembre 2026
J’ai eu la chance de le voir en avant première.
C’est un film saisissant qui nous secoue au plus profond de notre existence. Il met en lumière celles et ceux qui ont été éteints, il réveille les consciences… le jeu des acteurs est si juste, si vrai, si impressionnant !
Bravo à toute l’équipe du film !
Carine Marco
Carine Marco

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 septembre 2026
Un film bouleversant de vérité sur l’emprise et les violences conjugales. Ce qui est terrifiant, c’est justement que rien n’est caricatural : la violence s’installe doucement, presque insidieusement, à travers des mots, des petites remarques, du contrôle… jusqu’à faire perdre à l’autre toute confiance en elle.
On sort de la salle avec le cœur serré, une colère sourde, et surtout cette sensation que ce film peut aider à comprendre ce que l’on ne voit pas toujours de l’extérieur.
Un film nécessaire. Et pour moi, un immense coup de cœur
Marc P
Marc P

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 septembre 2026
Une claque ! Un film d’utilité publique.
Un immense film ! Bravo ! Des acteurs incroyables. Courrez le voir
Daniboy
Daniboy

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 septembre 2026
Chef d’œuvre film d’utilité publique sur une cause tellement actuelle dont la société doit prendre conscience et agir en conséquence
Maryse Lalubie
Maryse Lalubie

3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 septembre 2026
Interprétation remarquable
Tension à son comble
Ce film nous tient en haleine jusqu'au bout
On n'en ressort pas indemne
Bastien Roberton
Bastien Roberton

3 abonnés 20 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 14 septembre 2026
Film vu en avant-première, en présence de Géraldine Nakache et Monia Chokri.
Un sujet interessant, mais film un peu moyen..
Le Septième Acte
Le Septième Acte

1 abonné 19 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 septembre 2026
Géraldine Nakache change de registre et signe un film brillant, qui possède le point fort de montre l’emprise avec un réalisme fort, et de ne pas montrer un point de bascule, et de nous montrer tous les points de vue : agressée, agresseur, témoins, ce qui fait que l’on comprend absolument chaque personnage, tant ceux-ci sont bien écrits, réalistes et profonds, et sublimés par les interprètes.

Vu au FFA
Direct-actu.fr

402 abonnés 558 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 septembre 2026
Avec Si tu penses bien, Géraldine Nakache ausculte la mécanique de l'emprise conjugale, non comme une violence immédiatement identifiable, mais comme une succession de concessions qui finissent par devenir des contraintes. Gil (Monia Chokri) rencontre Jacques (Niels Schneider), l'amour est intense, presque évident. Puis leur couple se referme. Gil abandonne son travail, accepte une rigueur religieuse croissante et organise progressivement ses décisions autour d'une peur, celle de provoquer une nouvelle crise.

Jacques impose alors une mécanique circulaire. L'acte qui lui est reproché devient une preuve de protection, puis de sacrifice personnel, créant chez Gil une dette morale implicite. Sa perception est invalidée, tandis que la colère de Jacques serait paradoxalement provoquée par son comportement à elle. La religion participe également à cette confusion lorsqu'il s'approprie la notion de pureté et adapte le discours religieux sans laisser de place au doute. Le problème initial disparaît alors derrière un renversement de responsabilité : Gil ne questionne plus seulement les actes de Jacques, elle doit désormais se justifier d'avoir osé les contester.

C'est aussi là que le film devient particulièrement juste dans sa construction. Les va-et-vient entre différentes périodes du couple ne cherchent pas seulement à expliquer comment Gil en est arrivée là, ils confrontent le spectateur à une liberté qui se réduit sans rupture nette. Le cocon idéal devient progressivement une prison, tandis que Niels Schneider alterne douceur, rigidité et colère sans transformer Jacques en figure immédiatement monstrueuse. Face à lui, Monia Chokri donne à Gil cette confusion permanente, cette manière d'anticiper chaque réaction avant même de savoir ce qu'elle désire réellement. La maison elle-même participe à ce trouble : vaste, lumineuse, apparemment ouverte, elle devient paradoxalement l'espace où Gil se retrouve coupée du monde.
JeBNo
JeBNo

1 abonné 5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 septembre 2026
Film qui prend aux tripes sur un mal silencieux mais dévastateur et pas si rare qu'est la masculinité toxique. Mention spéciales aux acteurs dont la partition est parfaitement juste.
velocio

1 557 abonnés 3 539 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 9 septembre 2026
On connait le goût de Géraldine Nakache pour … tout ce qui brille. C’est encore le cas avec "Si tu penses bien" : rencontre à Dubaï, logement immense et luxueux. Il y sûrement des pervers narcissiques chez les populations très friquées, qui sait peut-être même plus que chez les autres, mais on aurait sûrement davantage adhéré à ce que raconte le film si l’action s’était déroulé dans un environnement plus proche de ce que nous connaissons. En plus, il faut reconnaitre que la première moitié de "Si tu penses bien" n’arrive pas à convaincre, principalement du fait d’une narration particulièrement confuse. Heureusement, la deuxième moitié du film est d’un autre calibre sans pour autant atteindre les plus hauts sommets. Contrairement à ses réalisations précédentes, Géraldine Nakache a choisi de ne pas apparaître dans "Si tu penses bien". Pour interpréter le couple Gil et Jacques, elle a reconstitué celui formé de Marie et Nicolas dans "Les amours imaginaires" de Xavier Dolan. Monia Chokri (Gil) vient de se voir décerner le Valois de la meilleure actrice lors du très récent Festival du film francophone d’Angoulême. Quant à Niels Schneider (Jacques), on l’avait quitté particulièrement maigrichon dans L’inconnue, on le retrouve en meilleure forme physique, et totalement haïssable, dans "Si tu penses bien". critique complète sur le site avec le tiret du 6 entre critique et film. Film vu au Festival de Cannes.
Ameline Grout
Ameline Grout

41 abonnés 97 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 septembre 2026
Un film délicat qui avance sur le fil entre l’intime et l’universel. Si tu penses bien séduit par sa sincérité et la justesse de ses émotions, malgré quelques maladresses qui l’empêchent de pleinement convaincre.
Juju
Juju

7 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2026
Très beau film de Géraldine Nakache sur l'emprise dans un couple. C'est un film qui fait réfléchir...
Cadreum
Cadreum

77 abonnés 830 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 septembre 2026
Après trois comédies chorales et solaires, où la complicité féminine finissait toujours par recoller le groupe, Géraldine Nakache revient avec 94 minutes de portes fermées, de repas silencieux et de mari souriant. Le sujet arrive précédé de son lexique contemporain : le public connaît les termes avant d'entrer, et le "pervers narcissique" vient vite en tête. Le film, lui, promet de filmer ce que ce vocabulaire ne recouvre pas encore — la violence sans marque ni preuve, celle qui se produit à l'abri des regards et se raconte mal parce qu'elle n'a pas d'événement. Reste à savoir ce qu'une œuvre fait, formellement, quand elle entreprend de rendre visible une domination dont la définition même est de ne pas se voir.

Le premier plan montre Gil seule : elle ôte son vernis, ses bijoux, ses accessoires, puis descend dans le bassin du mikvé. Le film accorde à ce déshabillage toute sa durée, sans musique et sans contrechamp attendri. Jacques n'existe pas encore, et c'est de son absence que la scène tire sa force. Encore faudrait-il en rester là car l'ouverture contient déjà les deux décisions qui plomberont le reste. La première est fatale au récit : commencer par une femme visiblement mise au pas, c'est abattre ses cartes avant d'avoir distribué le jeu. Les allers-retours sur six ans ne montreront plus l'installation de l'emprise mais la vérification d'un diagnostic ; Jacques ne se transformera jamais, il se confirmera. La seconde est plus gênante encore. La religion, filmée ici comme pur dispositif de contrainte, devient ensuite un interlocuteur : dans les conversations avec le rabbin, on lui soumet le problème, on attend sa réponse — et cette réponse consiste à ne pas conscientisé ce que la femme est venue dire.

La rencontre à Dubaï se joue devant les vitres de l'aquarium, où Gil fait un malaise tandis qu'un requin passe derrière le verre. Le film installe un second symbole avant même d'avoir installé son personnage. La méthode annoncée voulait pourtant un homme crédible, souriant, socialement irréprochable ; l'image animale la contredit aussi cela d'emblée. Un détail de jeu fait mieux, et sans rien expliquer : le rictus imperceptible de Chokri lorsque Jacques déclare l'avoir sauvée.

Puis viennent les citation de la Torah en tête de chapitre, mention temporelle en surimpression. Le montage prend la parole et le texte sacré n'est jamais interrogé, seulement convoqué comme grille de lecture ; l'indication chronologique, elle, transforme les séquences en pièces cotées. On ne partage pas l'aveuglement de Gil, on consulte son dossier. Là se joue le vice de la structure entière : parce que le récit s'ouvre sur une femme déjà détruite, chaque retour en arrière arrive au spectateur comme un indice qu'il sait interpréter mieux qu'elle. Nakache soutient que le morcellement doit montrer que les faits sont sous nos yeux depuis le premier jour sans qu'on les voie. L'effet obtenu est inverse : nous les voyons tous, immédiatement, et nous en tirons une position d'altitude.

Au niveau du casting, Schneider arrive avec un visage marqué et rien dans son jeu ne fabrique l'aisance sociale du type qu'on invite à dîner, la drôlerie facile, l'art d'amadouer une belle-famille en un quart d'heure. C'est pourtant là que se recrute une emprise, dans la version de l'homme que voient les autres et que la femme ne peut opposer à personne. Reste l'autre moitié, et l'acteur la tient : les rages sont exactes, tenues, sans surjeu. On croit à l'homme qui hurle, jamais à celui qu'on a épousé. Chokri subit la symétrie du défaut : la douleur est physiquement juste, mais le rôle ne lui concède aucune joie résiduelle, rien de l'ambivalence par laquelle on continue d'aimer l'homme qui vous démonte. La subjectivité de Gil est construite en très gros plans sur son visage, jamais en champs qui donneraient ce qu'elle regarde ; on lui colle à la peau, on ne lui emprunte pas l'œil. Le procédé produit une belle asphyxie et offre une belle immersion. Deux acteurs justes pour la seconde moitié d'un mécanisme dont personne n'a filmé la première.

La séquence de maternité, placée plus tard, prouve pourtant que le dispositif peut travailler. Jacques interdit à la famille de Gil de monter voir le nouveau-né, prétexte la fatigue, et le couloir d'hôpital enregistre l'interdiction comme une prévenance de mari : aucun personnel n'a de raison de s'alarmer, aucune montée sonore ne signale que quelque chose vient d'être confisqué. La violence emprunte la grammaire du soin, et des tiers professionnels, dans l'exercice normal de leur fonction, la ratifient. Ce que la scène met au jour dépasse le couple : elle décrit une répartition sociale du consentement, où l'isolement d'une femme s'exécute avec l'assistance bénévole d'institutions occupées ailleurs.

Les babyphones disséminés dans les pièces, puis les images de vidéosurveillance, offrent au récit la panoplie du thriller domestique et lui coûtent sa thèse. Une heure durant, le film a établi que l'emprise est verbale, diffuse, sans trace, invérifiable ; il se dote soudain d'un objectif, d'un enregistrement, d'un coupable techniquement démontrable. Le frisson est là. Ce qui était un rapport social devient une affaire de police, et le spectateur récupère la preuve que l'œuvre s'était engagée à lui refuser. Même mouvement quand la psychiatre explique à Gil que son cerveau lui envoie des fausses nouvelles. Le savoir passe hors d'elle. Corrige ta perception, reviens à ce qui est raisonnable — c'est la phrase de Jacques, repeinte en bienveillance clinique, et le film ne s'aperçoit pas qu'il vient de rejouer sa propre mécanique. Cependant, l'enfermement est parfaitement rendu. La sortie, elle, devient impensable autrement que par une décision intime, et l'on comprend que le film n'a jamais eu l'intention d'en proposer une autre.

Une époque qui exige que la domination soit montrable finit par ne reconnaître que celle qui laisse des traces, et Si tu penses bien tombe dans le piège qu'il avait lui-même désigné. Rien à filmer, rien à produire devant un tribunal, voilà le sujet. Le film passe ensuite une heure à le rendre présentable — caméras dans le salon pour que la surveillance devienne un enregistrement, psychiatre pour que le trouble devienne un diagnostic, dates en surimpression pour que six ans de vie commune deviennent une chronologie opposable. Chaque preuve gagnée est une intuition perdue, et le prix se paie en manichéisme : un mari qu'on voit venir dès la première réplique, une épouse sans ambivalence. Restent des constats justes, l'isolement, la culpabilisation, ce revenu confisqué qui rend la porte plus lourde que les coups — mais mis au service d'une démonstration qui n'assigne au spectateur qu'une place, celle de l'homme averti qui, lui, aurait vu les signaux.
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