Cannes 2026
Ce film a été présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2026.
Note d'intention
Après les comédies Tout ce qui brille, Nous York et J’irai où tu iras, Géraldine Nakache se frotte à un nouveau registre avec Si tu penses bien, en s'intéressant aux violences conjugales : "j’ai souhaité mettre en lumière la violence sourde, cachée et tue au sein d’un couple, qui se manifeste dans la sphère intime, au quotidien. Cette violence qui opère de manière insidieuse dans l’ombre des espaces domestiques, constitue un angle mort, un fait de société bien réel, mais peu représenté."
Allers-retours
Le récit se construit à travers des va-et-vient temporels couvrant six années. Un choix qui permet à Géraldine Nakache de montrer comment une femme peut progressivement s’enfermer dans une situation devenue invivable : "Il m’importait de montrer, alors que les faits sont sous nos yeux depuis le premier jour, qu’on peut ne pas les voir. Ce système est fait de répétitions et se referme sur la victime petit à petit."
L'importance du regard
Le personnage de Gil est assistante caméra, un métier qui consiste notamment à travailler la lumière, le cadre et la mise au point. Un choix particulièrement symbolique pour Géraldine Nakache : "Je voulais surtout qu’elle exerce un métier collectif, qui la tienne hors de chez elle sur une durée restreinte. Les techniciens au cinéma passent leur temps à regarder les autres. Si tu penses bien est un film sur le regard, sur celui qu’on doit arriver à porter sur soi pour prendre les bonnes décisions ; être assistante caméra traduisait concrètement cette idée."
Une cloche de verre
Pour le décor familial, la réalisatrice ne voulait surtout pas d’une maison inquiétante. Avec la cheffe décoratrice Catherine Cosme, elle a imaginé au contraire un intérieur beau et chaleureux : "Cette maison cossue semble ouverte sur le monde, alors que Gil y est profondément enfermée. Et malgré des vitres omniprésentes, elle est incapable d’y voir son propre reflet."
Retrouvailles entre Monia Chokri et Niels Schneider
Géraldine Nakache réunit Monia Chokri et Niels Schneider, déjà partenaires dans Les Amours imaginaires de Xavier Dolan, sorti en 2010. Elle a choisi la première après l'avoir vue dans Simple comme Sylvain, convaincue qu’elle possédait la fragilité et la force nécessaires pour incarner Gil. Pour le second, c'est son producteur Patrick Quinet qui lui a suggéré Niels Schneider. La réalisatrice confie : "Étrangement, je n’ai pas pensé tout de suite au film de Xavier Dolan. Au moment où Niels a passé la porte du café où nous avions rendez-vous, j’ai revu leur couple des Amours imaginaires se reformer, comme si enfin Marie avait réussi à séduire Nicolas !"
Un silence lourd de sens
La musique occupe habituellement une place importante dans le cinéma de Géraldine Nakache. Ici, elle a fait pourtant le choix du silence : Gil et Jacques n’écoutent pas de musique chez eux et la réalisatrice ne voulait pas ajouter une bande-son qui viendrait artificiellement remplir cet espace. Les rares chansons entendues sont au nombre de trois et sont intradiégétiques : I Stand by You des Pretenders, une chanson de Chantal Goya et une autre d'Aya Nakamura, "deux reines qui ont choisi de mener une vie en toute liberté et indépendance, et qui ont beaucoup compté pour moi".
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